Les jeunes ingénieurs des Mines se détournent des grandes entreprises

Un retournement impressionnant est à l’œuvre dans une des meilleures écoles d’ingénieurs françaises. Il devrait alerter les grandes entreprises sur leur capacité à attirer des compétences clés. Les jeunes diplômés de l’école des Mines rejoignent désormais majoritairement à leur sortie de l’école des TPE, PME et ETI.

 

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Les jeunes ingénieurs des Mines se détournent des grandes entreprises
Les dipômés de l'Ecole des Mines préfèrent désormais les start-up et petites entreprises aux grands groupes.

C’est le résultat surprenant d’une enquête menée par Mines ParisTech auprès de ses diplômés du cycle ingénieur civil entre 2012 et 2016 : ils sont de plus en plus nombreux à trouver leur premier emploi dans les TPE, les PME et les ETI.

Et par un effet de vases communicants, les "Mineurs" se tournent de moins en moins vers les grands groupes. Le jeu de bascule est impressionnant : en 2012, 58% des diplômés de l’école des Mines trouvaient leur premier job dans des entreprises de plus de 5000 salariés. Cette part est tombée à 36% en 2016, dernière promo disponible. L’ensemble constitué par les ETI (250-4999 salariés), les PME (10-249 salariés) et les TPE (moins de 10 salariés), représente désormais 64% des débouchés des diplômés en premier emploi. "On voit que c’est un choix assumé de la part de nos élèves", constate Vincent Laflèche, directeur de Mines Paris Tech. Logiquement, ce sont les PME –les plus nombreuses- qui progressent le plus dans le choix des diplômés. Elles bondissent de 19% en 2012 à 32% de la promotion 2016. Les ETI progressent de 18% à 24%, tandis que les TPE passent de 5 à 8% en cinq ans.

Donner du sens

Le directeur de Mines ParisTech avance plusieurs explications à cette évolution : "le passage préalable dans une PME permet à la fois à nos diplômés de se frotter à la réalité du terrain industriel et de donner un sens nouveau à leur parcours professionnel." Il n’est pas non plus impossible qu’un effet "start-up" joue un rôle. De même, les politiques volontaristes vis à vis des ETI ont peut-être pesé dans les décisions des "mineurs". Il faudrait toutefois surveiller de près pour savoir si ces diplômés sont fidélisés par les PME et les ETI, ou s’en servent comme d’un tremplin pour filer dans un grand groupe. Les PME y verront une bonne nouvelle : elles peuvent s'offrir un "Mineur", si elle propose une mission stimulante.

3 Commentaires

Les jeunes ingénieurs des Mines se détournent des grandes entreprises

laurent
22/04/2018 18h:18

J'ai une proposition d'explication. Les grandes entreprises ont des objectifs de féminisation de leur effectifs. Par exemple un gros telco, effectif plutôt technique vise les 50% de féminisation. Or des écoles comme les Mines sont très peu féminisées, 15% comme à Centrale ou l'X. Faisons un petit calcul: 15% des ingénieurs (des femmes) de CentraleSupélecMinesX constituent 50% des embauches des grandes entreprises, alors seul 15% supplémentaires (des hommes) pourront être embauchés en grande entreprise. Vous avez donc 70% d'une promotion qui n'a aucune chance d'être embauchée par une grande entreprise et qui doit bien trouver une solution d'embauche: les PME, les start-up, les ETI etc.

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Réaction(s)
Julien
26/04/2018 18h:11

Ou peut-être que seulement les élèves veulent se diriger vers de plus petites structures pour leur première expérience. Il n'y a pas de mal à ça, bien au contraire.

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Jean-Louis Bourgogne
26/04/2018 10h:34

Ne serait-ce pas aussi lié à une évolution vers les nouvelles technologies au détriment de l'industrie ?

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