Les investisseurs restent sur leurs gardes à Wall Street

par Chuck Mikolajczak

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NEW YORK (Reuters) - Les investisseurs ont dit qu'ils allaient rester sur leurs gardes cette semaine sur les marchés américains, alors que les volumes de transactions devraient être faibles et que Wall Street est en plein doute et craint de voir apparaître de nouveaux signes de détérioration économique.

En reculant de 0,7% la semaine dernière, l'indice S&P 500 a affiché sa deuxième baisse hebdomadaire consécutive et pourrait accuser de nouvelles pertes en raison de la persistance des préoccupations des investisseurs relatives aux statistiques économiques.

"Le marché va évoluer en position défensive (cette) semaine", prévient Paul Mendelsohn, stratège chez Windham Financial Services.

"Il pourrait y avoir une certaine inquiétude quant aux statistiques à venir compte tenu des données que l'on a vu cette semaine qui semblent indiquer que l'économie pourrait se détériorer."

Même le redressement du marché des fusions-acquisitions ne suffit pas à inciter les investisseurs à revenir sur le marché, étant donné la déception et les préoccupations suscitées par les dernières publications macroéconomiques aux Etats-Unis.

Pourtant, selon des statistiques Thomson Reuters, le montant des fusions-acquisitions annoncées depuis le début du mois d'août a atteint 197,6 milliards de dollars (156 milliards d'euros) et se rapproche ainsi du record de 277 milliards inscrit en 1999.

LES CHIFFRES DE LA CROISSANCE DU 2e TRIMESTRE TRES ATTENDUS

Parmi les principales opérations de ce mois d'août figurent notamment l'offre hostile de 39 milliards de dollars de BHP Billiton sur le canadien Potash, numéro un mondial des engrais, ou le rachat par Intel du spécialiste des logiciels antivirus McAfee pour 7,7 milliards de dollars.

"L'objectif principal d'une fusion est de réduire les coûts ce qui signifie qu'ils vont encore supprimer plus d'emplois", souligne cependant Joe Saluzzi, co-gérant des opérations financières chez Themis Trading.

Le niveau anémique des volumes de transactions enregistré dernièrement à Wall Street constitue également un autre obstacle et souligne le degré d'appréhension des investisseurs. Or cette situation ne devrait pas s'améliorer sans un élément moteur important.

Comme, selon des chiffres Thomson Reuters, 97% des valeurs constituant l'indice S&P 500 ont publié leurs résultats trimestriels, l'attention est d'autant plus grande en ce qui concerne les statistiques macroéconomiques.

Dans ce contexte, les annonces mardi et mercredi liées à l'évolution des ventes sur le marché de l'immobilier et de celles des biens durables pour le mois de juillet devraient être particulièrement suivies, dans l'attente de la deuxième estimation publiée vendredi de la croissance américaine au deuxième trimestre.

Pour cette dernière statistique, les économistes interrogés par Reuters anticipent une hausse de 1,4% du produit intérieur brut (PIB) réel américain en rythme annualisé au deuxième trimestre, en baisse par rapport à la progression de 2,4% annoncée un mois plus tôt en première estimation.

Néanmoins, l'évolution du marché des fusions-acquisitions est telle que les investisseurs devraient tout de même conserver un oeil sur les opérations en cours et à venir.

"La grande question pour (cette) semaine est qui sera le prochain sur le devant de la scène des fusions-acquisitions. Cela va être la grande histoire et l'information que tout le monde voudra connaître", assure Jud Pyle, stratège chez PEAK 6 Investments.

avec Angela Moon, Alexandre Boksenbaum-Granier pour le service français

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