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Les investissements étrangers en France ont redémarré en 2013, selon l’étude annuelle EY

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Après deux années de baisse, le nombre d’implantations ou d’extensions d’activités porté par des investisseurs étrangers en France a progressé en 2013 de 9 % pour atteindre 514 projets ayant généré 14 122 emplois, selon le baromètre annuel EY publié le 27 mai. A l'heure de l'offensive de GE, les entreprises américaines restent les plus nombreuses à miser sur la France.

Les investissements étrangers en France ont redémarré en 2013, selon l’étude annuelle EY
Marc Lhermitte, d'EY
© D. R.

Avec 514 projets, les investissements étrangers en France ont progressé de 9 % en 2013, soit 47 investissements supplémentaires. C’est ce qui ressort de l’étude paneuropéenne annuelle du cabinet EY publiée ce 27 mai.

Ces projets ont permis la création de 14 122 emplois, soit une forte hausse de 34 %. Le nombre d’emplois créés par projet reste toutefois assez modeste. Même s’il a progressé d’un quart l’an dernier, il s’élève à 27 postes par implantation ou extension. En Europe la moyenne est de 42.

Depuis deux ans, la France cédait du terrain selon les pointages d’EY avec une baisse de 13% en nombre de projets en 2012 et de 4% en 2011. C’est donc une inversion de tendance bienvenue à l’heure où la compétitivité du site France fait plus que jamais débat.

« La France n’est pas abandonnée par les investisseurs étrangers comme le montrent ces chiffres plutôt bons de 2013. Dans cette période de reprise de la croissance en Europe, cela signifie pour la France, qu’il y a une carte à jouer pour l’avenir », estime Marc Lhermitte, associé chez EY et coordonnateur de cette étude européenne, mais poursuit-il le sentiment qui prévaut selon nos enquêtes est que notre pays n’aura pas de seconde chance ».

Ainsi, ce sursaut identifié par EY l’an dernier ne permet pas de retrouver le record historique de 2010, soit 562 projets.

le royaume uni et l'allemagne devant

Cette progression laisse aussi la place relative de la France inchangée. L’avance historique du Royaume-Uni qui a accueilli en 2013 799 projets d’investissement (+14,6 %) est confirmée. Tout comme celle, plus récente, de l’Allemagne. Avec 701 projets (+12,3 %), notre voisin confirme sa place de deuxième pays le plus attractif pour les investissements étrangers en Europe.

Et l’évolution à moyen terme est cruelle : l’Allemagne qui accueillait trois fois moins de projets que l’Hexagone voilà 10 ans en reçoit désormais moitié plus!

« Cette place de l’Allemagne est le fruit de son remarquable parcours de compétitivité depuis 10 ans. En nombre de décisions, elle progresse constamment, selon Marc Lhermitte. Quant au Royaume-Uni, sa très bonne performance, 20 % du total des projets en Europe, s’explique par l’attrait de l’hyper flexibilité de son modèle avec par exemple le contrat zéro heure. De plus, au-delà de son emprise dans les services financiers, le Royaume-Uni a su gagner des points auprès des investisseurs sur des thématiques comme l’innovation".

Royaume-Uni, Allemagne et France constituent traditionnellement le trio de tête pour l’accueil des investissements étrangers. À eux seuls, ces trois pays représentent la moitié de l’ensemble des projets recensés ces dernières années en Europe.

L’étude qui porte sur 40 pays de l’Europe élargie Russie et Turquie comprises a recensé un total 3 955 projets sur 2013, soit une progression de 4,2 % du nombre de décision d’investissements pour un total de 166 343 emplois créés (-2,4 %)

Fait notable, la France reste en tête pour les implantations dans le domaine de l’industrie avec 166 projets contre 122 en 2012. Et a accueilli aussi 56 projets dans le logiciel ou 49 dans les services aux entreprises

« Les entreprises du SBF120 avec leur écosystème et des secteurs d’excellence comme l’énergie ou les transports restent d’importants facteurs d’attractivité pour la France ».

Information à relever à l’heure de la bataille GE - Siemens sur Alstom, en matière d'origine géographique des projets les entreprises américaines dominent encore et de loin les investisseurs étrangers en france, suivies des allemandes, à savoir 127 projets pour les premières s'accompagnant de 3 689 créations d'emplois et 76 projets venus de nos voisins d'outre-Rhin ayant générés 992 emplois

Ces deux pays trustent 39% des projets d’implantations étrangères en France, suivis du Royaume-Uni (38 projets).

TROISIEME PLACE POUR LES CENTRES DE R&D

Dans un domaine plus transversale, en matière d’accueil de centres de R&D, la France pointe par ailleurs à la troisième place en Europe avec 39 projets identifiés contre 26 en 2012.

« Notre performance 2013 reste relativement bonne sur l’accueil des centres de R&D, estime Marc Lhermitte. Le capital innovation de la France a d’ailleurs été sa bouffée d’oxygène durant les années de crise avec par exemple les pôles de compétitivité, le plan campus et la création des grands pôles universitaires ou le Crédit d'impôt recherche (CIR)»

Mais cette logique s’essouffle du fait notamment des difficultés budgétaires. De plus des pays concurrents comme le Royaume-Uni ont adopté des dispositifs assez similaires au CIR par exemple, réduisant notre différenciation sur ce plan.

Plus inquiétant, le recul en matière d’accueil de centres de décision (QG), un critère sur lequel la France n’est que cinquième en Europe se confirme avec 18 projets seulement en 2013 contre 23 en 2012.

« La faiblesse de nos résultats sur l’accueil des QG est assez inquiétante. Il y a des actions à entreprendre en matière de politique économique mais aussi tout un discours à reconstruire sur le rôle central de notre pays dans l’espace euroméditerranéen », analyse Marc Lhermitte.

Autre motif d’inquiétude, la faible capacité de notre pays à renouveler son tissu d’entreprises étrangères

« La France a du mal à capter de nouveaux investisseurs, selon Marc Lhermitte. Ainsi au sein de notre panel : 79 % des entreprises interrogées non implantées en France n’envisagent pas de le faire dans les années à venir. »

RETARD SUR LES BRIC

Le fait est particulièrement marquant pour les projets en provenance du groupe des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine).

Ces projets, en 2013, ont été au nombre de 20 en France (contre 14 en 2012) mais dans le même temps le Royaume-Uni en accueillait 87 (contre 71 en 2012) et l’Allemagne 107 (contre 64 en 2012).

Sur ce segment des BRIC Allemagne et Royaume Uni reçoivent à eux seuls 61 % de tous les projets européens « Le phénomène se vérifie chaque année et a de quoi interpeller car cette typologie d’investisseurs est en très forte croissance et représente surtout l’avenir,» selon Marc Lhermitte.

Globalement sur un panel de 206 investisseurs internationaux sondés par EY, seuls 34 % pensent que leur intérêt de la France va s’améliorer à l’avenir.

Bref, difficile de convaincre du « retournement » ou du nouveau paradigme français en matière de politique de l’offre.

la fiscalité trop lourde reste un marqueur français

Pour Marc Lhermitte, « nous notons toutefois ces derniers mois une relative bonne compréhension par les investisseurs de la prise de conscience par les autorités françaises du déficit de compétitivité, notamment suite au Rapport Gallois.

Ce qu’ils attendent, bien sûr, c’est la mise en œuvre concrète des réformes. Point positif, les investisseurs semblent avoir intégré la baisse relative du coût du travail après l’adoption du CICE. À l’inverse, la fiscalité trop lourde reste un marqueur très important du site France ».

De là des difficultés à convaincre les entreprises étrangères y compris celles présentes de longue date sur notre territoire. Des entreprises que François Hollande tente de séduire avec des initiatives comme celle du 17 février où dans le cadre du « Conseil de l’attractivité » il a invité 34 patrons français de groupes étrangers à l’Élysée.

« Les dirigeants des entreprises étrangères installées en France ont le sentiment d’être allés au bout de leur argumentation vis-à-vis de leurs sièges mondiaux sur l’importance de garder ou d’amplifier une présence en France, note Marc Lhermitte. L’enjeu est de taille car l’investissement étranger contribue à 20 % de notre PIB ».

Pierre-Olivier Rouaud

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