Economie

Les industriels ont envie d'investir... mais attendent les mesures adéquates

Solène Davesne , , , ,

Publié le

Selon le groupe des fédérations industrielles, les intentions d’investissement des industriels remontent timidement depuis la rentrée. Ils proposent de nouvelles mesures pour accélerer les décisions des entreprises à intégrer au budget ou à la future loi croissance. 

Les industriels ont envie d'investir... mais attendent les mesures adéquates
Usine Cemoi Fabrication et production de chocolat Tablette sur convoyeur
© Romain Boutiller

Au sein du patronat, il y a clairement deux méthodes. Celle du bulldozer Pierre Gattaz et ses propositions chocs. Et celle du démineur Frédéric Saint-Geours, le patron du groupe des fédérations industrielles (GFI). Alors que le président du Medef veut rouvrir la négociation sur l’assurance-chômage après le débat porté par Emmanuel Macron, la proposition n’est pas du goût du président du GFI. "Avant de décider de négocier, il faut préparer la négociation avec les partenaires sociaux et savoir ce qu’on veut en faire. C’est le genre de travail complexe qui nécessite une préparation importante", a désamorcé Frédéric Saint-Geours, qui estime que la question est "celle du retour à l’emploi".

Déclencher l'investissement

Pour les industriels, la priorité du moment n’est pas là mais dans la relance rapide des investissements. "Il est nécessaire de trouver des mesures pour déclencher l’investissement, alors qu’il y a des signes positifs qui apparaissent", estime Frédéric Saint-Geours. Le GFI a fait parvenir à Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie une liste de propositions urgentes organisées autour de cinq grands thèmes, qu’il aimerait faire inscrire dans le cadre du budget en discussion à l’Assemblée ou du projet de loi croissance présenté en janvier prochain.

Afin de provoquer un déclic, le GFI propose notamment la mise en place de financement sur stock, de mobiliser les créances publiques ou un système d’abaissement plus rapide du taux d’impôt sur les sociétés pour les PMI et ETI réinvestissant en partie dans leurs investissements matériels. Les industriels plaident aussi l’élargissement des accords de compétitivité à toutes les entreprises et la transformation du CICE en un abaissement de charge portant sur l’ensemble de la grille des salaires.

Pour les industriels, ces mesures sont d’autant plus urgentes que le moment est pour eux propice. Même si l’activité manufacturière reste au point mort en France, les industriels retrouvent un début d’optimisme. "S’il n’y a pas de redémarrage de l’investissement, il y a davantage d’intention d’investissement de la part des industriels", estime Denis Ferrand, le chef économiste de l’institut Coe-rexecode. Après six années de recul, les crédits mobilisés par les entreprises industrielles se sont aussi stabilisés cet été, autre signe possible d’un démarrage possible des investissements.

L'effet CICE

Pour le GFI et Coe-Rexecode, l’effet du CICE y est pour quelque chose. Selon les calculs de l'institut, le CICE a permis de faire repasser le coût horaire du travail dans l’industrie française en dessous du coût de travail allemand, avec 36,8 euros en France pour 38,5 euros en Allemagne. Poussés à la hausse par des négociations de branches tendues, les salaires dans l’industrie ont progressé cette année de 3,5% outre-rhin contre 1,3% en France. La montée en charge du CICE et la mise en œuvre des allègements de cotisations prévues par le pacte de responsabilité devrait poursuivre le recalage des coûts de production. Selon les prévisions de Coe-Rexecode, la marge des entreprises industrielles devrait revenir en 2007 à son niveau moyen de 2000-2007.

Enfin, pour rationnaliser la politique industrielle de l’Etat, le GFI plaide aussi pour une réduction du nombre des 34 plans de la Nouvelle France industrielle. Une mesure évoquée par Emmanuel Macron avant que celui ne fasse en partie machine arrière. "On ne peut pas courir tous les lièvres à la fois. Les 34 plans ne sont pas tours à un stade qui permet des débouchés à un horizon proche", estime Frédéric Saint-Geours. Il faudra aussi faire passer l’idée auprès des industriels.

Solène Davesne

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