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Les industriels mettent la main à la poche pour les écotechnologies

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Un nouveau fonds d’amorçage pour les start-up de la chimie verte, l’énergie et l’environnement. Emertec 5 a levé 50 millions d’euros grâce aux pouvoirs publics, mais aussi à la mobilisation de GDF Suez, Areva, Siclaé et Unigrains.

Les industriels mettent la main à la poche pour les écotechnologies © Novartis AG - Flickr - CC

GDF Suez, Areva, Siclaé et Unigrains. En levant 50 millions d’euros, dont 12 millions apportés par ces quatre industriels, le fonds d’amorçage Emertec 5 a réussi un beau pari : convaincre du potentiel économique des écotechnologies. Les écotechnologies, ce sont toutes les innovations destinées à offrir des solutions aux problèmes climatiques et aux pénuries de ressources. L’énergie, avec les nouveaux modèles et services d’optimisation et d’efficacité apportés notamment par les smartgrids, stockage inclus. La bioéconomie et la chimie verte, ou comment faire de la production durable et convertir la biomasse en produits industriels et en énergie. Et enfin l’environnement, avec le recyclage des ressources ou l’apport des réseaux d’objets communicants pour la gestion de l’eau, des déchets…

Des enjeux suffisamment importants pour convaincre Bpifrance d’investir 23 millions d’euros via le Fonds national d’amorçage issu des Investissements d’avenir. 15 millions ont été apportés par le Fonds européen d’Investissement.

Des solutions hydrogènes aux microalgues…

Dans les six mois, Emertec espère convaincre deux autres industriels d’ajouter cinq à dix millions d’euros au fonds. Ce dernier injectera jusqu’à cinq millions d’euros dans une quinzaine de start-up développant des technologies de rupture. "Nous voulons être les barbares des écotechnologies, s’enflamme Bernard Maître, le président du directoire d’Emertec Gestion. Ceux qui voient avant les autres des signaux faibles et financent des choses étranges, afin d’être capables de développer des technologies au potentiel énorme avec un capital modeste." Comme McPhy Energy et ses solutions hydrogène dédiées au stockage de l’énergie et aux applications industrielles, qui s’apprête à entrer en bourse après avoir bénéficié de l’aide du fonds précédent d’Emertec. Ou Fermentalg et ses microalgues dédiées aux marchés de la nutrition, de la chimie verte et des biocarburants.

Convaincre les industriels que leur avenir est là

Pour y parvenir, "il faut qu’on soit en liaison directe avec les marchés, c’est-à-dire avec les grands industriels, estime Bernard Maître. Pour leur donner à voir des choses qui seront importantes dans l’avenir pour leur métier et bénéficier de leurs moyens pour avancer sur ces grands sujets." Un écosystème sur lequel l’équipe de gestion travaille depuis des années. GDF Suez est ainsi un partenaire de longue date. Pour Areva, cela n’a "pas été facile", mais "nous sommes vraiment fiers qu’ils nous aient rejoints", précise Bernard Maître. Siclaé (la transformation des productions végétales) et Unigrains auraient été attirés par le potentiel économique des agro-ressources. Le chimiste Solvay, déjà investi par le biais de Rhodia dans le fonds d’investissement Aster, lancé par Schneider Electric et Alstom, n’a pas pu répondre à l’appel. "Ce qui nous empêche pas de travailler très bien avec eux via les start-up", précise le financier.

Le potentiel productif des insectes

Ces start-up, il ira justement les chercher du côté des centres de recherche et des pôles de compétitivité. Et vient d’ouvrir le bal, en investissant la semaine dernière dans Ynsect, une pépite de deux ans dédiée à l' "entoraffinerie" : l’extraction et la production de produits innovants à partir d’insectes. Un premier tour de table de 1,8 millions d’euros a permis à l’entreprise de s’installer au Génopole d’Evry, pour se rapprocher d’une production à échelle industrielle. Un mois avant, c’est Qualisteo et ses solutions pour la mesure de la consommation d’énergie électrique chez les particuliers qui avait constitué le premier investissement d’Emertec 5.

Gaëlle Fleitour

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