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Les industriels français prennent en marche le train de l'internet des objets

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Les industriels français, jusqu’ici distancés par les start-up, investissent dans les objets connectés, mais restent encore au stade de l’expérimentation.

Les industriels français prennent en marche le train de l'internet des objets
Cite de l'objet connecte angers
© Sylvain Arnulf

La France toujours plus connectée


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Pas facile d’être pionnier dans les objets connectés ! Les start-up françaises, qui n’ont pas d’obligation de rentabilité à court terme, ont pu lancer des ballons d’essai sans prendre trop de risques. La chute du prix des capteurs et un meilleur accès aux financements leur ont profité. Pour les industriels, c’est plus compliqué. Certains se sont emballés et ont vu trop grand. D’autres ont brouillé l’image de ce segment de marché naissant en proposant des "gadgets" qui n’ont pas trouvé leur public. "À une époque, les PDG devaient pouvoir dire, dans les dîners en ville, pour ne pas paraître dépassés : “Je développe mon objet connecté !”, sourit Élodie Bongrain, la directrice de l’activité objet du spécialiste de l’innovation Fabernovel.

L’engouement médiatique pour l’internet des objets est tel qu’il a poussé certains industriels à se positionner hâtivement sur ce segment. "Les dirigeants, qui observent autour d’eux une multiplication des objets connectés, sont amenés à s’interroger sur ce phénomène et à s’y intéresser. Il y a un effet de perméabilité entre le grand public et le milieu industriel", analyse Laurent Julliard, le directeur de l’innovation de Schneider Electric. Peu importe si le taux d’adoption réel par le grand public reste encore faible, seule la dynamique compte. "Finalement, c’est dans l’industrie que les répercussions de l’internet des objets seront les plus tangibles, avec davantage de valeur ajoutée", ajoute Laurent Julliard. Une conviction partagée par de plus en plus d’acteurs industriels. Beaucoup sont passés à l’action… mais en coulisse, pour le moment.

Comment procèdent-ils ? Il n’y a pas de recette miracle, ni de méthode d’innovation standard, mais l’ouverture sur l’extérieur reste la règle. La palette d’interventions est large : incubateurs, accélérateurs, hackathons et challenges d’innovation… "L’accélération est nette ces trois dernières années, constate Thierry Sachot, le directeur général d’Éolane, pilote de la Cité de l’objet connecté, inaugurée en juin à Angers. Les industriels se rendent compte qu’ils ne peuvent pas tout faire par eux-mêmes." Beaucoup intègrent donc des start-up à leur démarche et les financent pour étoffer leur portefeuille de technologies et de services ou s’offrir de nouvelles compétences.

S’initier au risque

Les petits sensibilisent les grands à la culture du risque. Dans une démarche d’innovation, les échecs font inévitablement partie du processus. Pas facile à accepter pour des industriels qui ont l’habitude de piloter de gros projets à long terme. "On apprend en marchant", reconnaît Philippe Crevoisier, le directeur général produits et innovation au sein du groupe SEB. En 2012, il a mis en place le programme de recherche Open food system, afin de développer des solutions de cuisine numérique. L’idée, c’est de mener des expérimentations à petite échelle sur des produits et services, de recueillir régulièrement l’avis des consommateurs et de corriger le tir. Le verdict du marché est parfois cruel. "Des choses qui nous paraissent intéressantes au départ ne marchent pas. D’autres très simples sont mieux accueillies. Il y a des surprises dans les deux sens", constate-t-il.

Il n’y a que par allers-retours que l’entreprise peut définir précisément où elle veut aller et cerner les attentes de ses clients. "Cette approche sort les industriels de leur silo habituel", commente Emmanuel Amiot, associé communication, médias et technologies chez Oliver Wyman. "Ils peuvent ainsi comprendre comment inventer, créer, capter la valeur", insiste Élodie Bongrain. Les industriels s’habituent aussi à leur futur rythme d’innovation, une fois les objets mis sur le marché. Jusqu’ici, le développement s’arrêtait au moment du lancement commercial. Désormais, il faudra faire vivre ces produits grâce aux services et en nouant une relation clients, nourrie aux données. L’industriel centenaire Terraillon s’y essaie, en proposant du coaching nutritionnel en lien avec sa balance connectée. Un nouveau métier.

Innover sans brusquer

Cette démarche de tests rapides peut entrer en collision avec les stratégies à long terme des entreprises. Cela explique que peu d’expérimentations trouvent encore des débouchés sur le marché. Les divisions innovation, qui pilotent ces tests, doivent mettre leurs pas dans ceux de chaque unité (peu d’entre elles se sont dotées de cellules Objets connectés transversales). "C’est un travail de longue haleine. Il faut distiller les innovations sur plusieurs années et voir comment elles peuvent s’intégrer aux feuilles de route des business sans les mettre en danger, résume Laurent Julliard. Il s’agit aussi de faire les choses au rythme de l’adoption du marché. Il y a un cheminement à faire en interne, mais aussi côté clients." Pour ne pas se perdre en chemin, la solution est de rester concentré sur son cœur de métier, conseille Frédéric Burtz, le directeur technologie et innovation à la SNCF, pour qui l’essentiel est "d’abord de chercher à résoudre des problématiques métiers sur le terrain". Adrien Suire, le fondateur de Qivivo, une start-up dans laquelle a investi Saint-Gobain, considère qu’une stratégie internet des objets ne peut fonctionner "que si les plus hauts niveaux de décision de l’entreprise sont impliqués".

Hybrider son business model

L’enjeu, pour les entreprises, c’est de définir la place qu’elles veulent occuper dans un écosystème en totale reconfiguration. "Se voient-elles en bâtisseurs d’un écosystème multisecteur ? En leaders d’un écosystème vertical, sur lesquels viendront interagir les start-up et les concurrents ? Ou en acteurs centraux d’un écosystème puissant ? Chacun doit se positionner", juge Emmanuel Amiot, qui rappelle qu’avec l’internet des objets, chacun peut se faire court-circuiter par des start-up et des géants du numérique ou, au contraire, se rapprocher de nouveaux publics.

Philippe Crevoisier, chez SEB, estime que l’évolution passera par trois phases : "floraison, concentration, standardisation". Les graines sont déjà semées : à quand le printemps des objets connectés ?

Sylvain Arnulf

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