Les industriels français plus confiants grâce à l'export

PARIS (Reuters) - Le moral des industriels français s'est amélioré au mois de février grâce au redressement de leurs carnets de commandes étrangers, ce qui conforte les anticipations d'une poursuite de la reprise.

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L'indicateur synthétique du climat des affaires est ressorti à 107 ce mois-ci après 106 en janvier et en décembre, selon l'enquête mensuelle de conjoncture publiée par l'Insee.

Les 32 économistes interrogés par Reuters tablaient sur une stabilisation du climat des affaires en février.

La moyenne de l'indicateur synthétique est par construction égale à 100, un niveau supérieur signifie donc que les chefs d'entreprise interrogés sont dans l'ensemble plus optimistes qu'ils ne l'ont été depuis que l'enquête est réalisée.

"Le rebond s'explique par les carnets de commandes et c'est plutôt positif. les commandes étrangères en particulier semblent rebondir fortement", relève Guillaume Menuet, économiste chez Merrill Lynch.

"Les industriels gardent le moral parce que la demande adressée à la France est restée soutenue du fait de la résistance de l'économie mondiale, mais aussi de la zone euro", souligne Alexander Law, économiste à l'institut Xerfi.

La composante de l'indicateur synthétique mesurant les carnets de commandes étrangers est passée de 0 en janvier à +8 en février, au plus haut depuis juillet 2006.

"Les carnets de commandes globaux et étrangers se regarnissent et sont jugés bien étoffés", note l'Insee dans un communiqué.

"L'enquête donne le sentiment que la demande étrangère est robuste, ce qui devrait soutenir la reprise de l'activité au cours du premier semestre", poursuit Guillaume Menuet.

FAIBLESSE DE LA DEMANDE INTERNE

Après avoir stagné au troisième trimestre 2006, la croissance a nettement rebondi sur les trois derniers mois de l'année 2006 à +0,6% grâce au dynamisme des exportations et de l'investissement des entreprises, selon les premiers résultats des comptes nationaux du quatrième trimestre, publiés mardi par l'Insee.

L'enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France publiée la semaine dernière faisait elle aussi état d'une amélioration du climat des affaires en début d'année.

Sur cette base, la BdF prévoyait une croissance du Produit intérieur brut de 0,7% au premier trimestre.

Certains économistes soulignent toutefois la faiblesse de la demande interne que fait ressortir l'enquête de conjoncture dans l'industrie. Ils mettent notamment en avant le repli des perspectives personnelles de production des chefs d'entreprise, cette composante revenant à +11 en février après +16 en janvier.

"L'amélioration est moins convaincante sur le plan domestique", relève Emmanuel Ferry, économiste chez Exane BNP Paribas, ajoutant que "s'il n'y avait pas le rebond des commandes étrangères, l'indicateur synthétique aurait continué de baisser".

La croissance de la consommation des ménages a ainsi nettement ralenti en fin d'année dernière avec une progression de 0,4% en glissement trimestriel sur les trois derniers mois de l'année après une hausse de 0,6% au troisième trimestre, de 0,7% au deuxième et de 0,9% au premier.

"L'indice du climat des affaires se maintient depuis mai 2006 dans une bande étroite comprise entre 106 et 108. Ce niveau est compatible avec une croissance du PIB au potentiel (2% en 2006) mais aussi une croissance de la production manufacturière modeste (1,2% en 2006)", estime Mathieu Kaiser de BNP Paribas.

"L'économie française demeure donc sur les tendances affichées l'année dernière" où la croissance a figuré parmi les plus faible de la zone euro.

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