L'Usine Agro

« Les industriels du lait ont un comportement de voyous » (Damien Meslot, député UMP)

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Entretien Le conflit sur la fixation du prix du lait dépasse les frontières industrielles et prend une tournure politique. Plusieurs députés UMP menacent de proposer en octobre l’instauration d’une taxe sur le chiffre d’affaires des industriels du secteur pour compenser le manque à gagner des producteurs de lait. Damien Meslot, député UMP et conseiller général du Territoire de Belfort a détaillé cette proposition à usinenouvelle.com.

« Les industriels du lait ont un comportement de voyous » (Damien Meslot, député UMP) © DR

Que pensez-vous de l’actuel conflit sur la fixation des prix du lait ?

Je fais en effet partie des députés UMP qui sont surpris de voir que des industriels se permettent de signer des accords (à savoir celui du 3 juin 2009) et de ne pas les respecter par la suite, ou seulement quand cela les arrange. Ils les appliquent quand les prix baissent, avec une répercussion négative sur les revenus des producteurs. Mais quand il faudrait augmenter les prix car la situation s’améliore, les industriels ne suivent pas. Ils ont un comportement de voyous et on ne peut pas les laisser agir de la sorte dans une démocratie. Il faut arrêter de nous prendre pour des idiots.

Taxe sur le chiffre d'affaires

Que préconisez-vous alors ?

Si les industriels continuent à ne pas appliquer l’accord du 3 juin, nous allons proposer lors des discussions sur la loi de finances en octobre prochain l’instauration d’une taxe sur le chiffre d’affaires des industriels du lait. Cela pourra permettre de compenser les pertes que les producteurs subissent. Nous pourrions fixer une taxe assez haute, qui pourrait toucher tous les industriels du secteur ou seulement ceux qui ont un certain chiffre d’affaires. A une époque où on cherche des recettes fiscales, je suis persuadé que nous allons trouver une oreille à Bercy et dans l’hémicycle.

Avez-vous discuté de cette proposition de taxe avec le ministre de l’Agriculture ?

J’ai parlé avec le directeur adjoint de son cabinet cette semaine. De toute manière, le ministre n’a pas à nous soutenir car c’est un projet législatif, qui ne le concerne pas. Mais je sais qu’il comprend cette initiative. Nous ne voulons pas embêter le ministre, mais nous voulons seulement faire comprendre aux industriels qu’ils ont franchi la ligne jaune. Cette proposition est un avertissement, mais c’est le dernier.

Soutien

Soutenez-vous les actions de stickage des producteurs de lait ?

Les producteurs ont joué le jeu lorsque la situation était mauvaise et ont vendu à perte. Or, ils ont été trompés par les industriels qui ne respectent pas les règles du jeu. On ne leur donne pas de quoi vivre. Je ne soutiens pas toutes les revendications des agriculteurs, mais je les soutiens sur ce bras de fer. Pour ma part, je boycotte les produits visés et je souhaite que beaucoup de Français fassent de même. Il ne faut pas que les industriels viennent pleurer maintenant.

Certains estiment que la solution à ce problème se situe dans des discussions au niveau européen. Qu’en pensez-vous ?

Pour ce qui est du respect de l’accord du 3 juin, c’est un problème franco-français, qu’il faut régler au plus vite. Après, pour la fixation du prix du lait dans les années à venir, il faudra tenir une table ronde des principaux producteurs de lait en Europe pour mettre en place un système fiable et fixer un juste prix. Avec les importations de lait des autres pays de l’Europe, on peut faire mourir l’agriculture en France et voir débarquer du lait des pays de l’Est, où les contrôles sont moins sérieux. Et on peut craindre un nouveau scandale du lait frelaté.



 

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1 commentaire

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12/08/2010 - 17h27 -

« Les industriels du lait ont un comportement de voyous » (Damien Meslot, député UMP) et ce n'est pas Marianne qui le dit, decidement nous vivons dans un monde de voyou
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