Les industriels du lait menacent de baisser les prix payés aux éleveurs

A quelques jours de l’ouverture du salon de l’agriculture, qui démarre le samedi 22 février, la Fédération nationale de l’industrie laitière (Fnil) menace de déclencher une nouvelle crise dans le lait si la distribution n’accepte pas de passer des hausses de tarifs.

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Les industriels du lait menacent de baisser les prix payés aux éleveurs

Un an après, on prend les mêmes et on recommence : une nouvelle crise se profile dans la filière laitière. Eleveurs, industriels et distributeurs se retrouvent à nouveau dos à dos, incapables de s’entendre sur le prix du lait. Alors que les cours continuent de grimper actuellement en France et en Allemagne, la Fédération nationale de l’industrie laitière (Fnil), a prévenu, ce 19 février, que ses adhérents "ne pourront pas supporter seuls un deuxième choc tarifaire à l’image de celui de 2013".

"L’an passé, le prix du lait payé aux producteurs a atteint un niveau record à 344 euros pour 1000 litres, soit une hausse de 9 %", a rappelé Olivier Picot, le président de la Fnil, expliquant que cela avait représenté "une facture de 700 millions d’euros pour la transformation laitière". Selon lui, si 2014 voit une hausse de 10 euros pour 1 000 litres, "ce sera une somme supplémentaire de 340 millions d’euros que devront payer les industriels". Impossible à assumer quand le secteur ne "réalise que 300 millions d’euros de résultat net, soit 1 à 1,5 % du chiffre d’affaires", clame-t-il.

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L’attitude de Système U en exemple

"Si nous n’obtenons pas de hausse de tarifs de la part de la distribution, nous serons obligés de baisser nos prix aux producteurs", menace en substance la fédération. "Seule la distribution est en mesure de prendre des initiatives, sinon on va au clash", a prévenu Olivier Picot alors que les négociations commerciales fixant le prix du lait pour l'année à venir doivent se terminer fin février. Des déclarations qui ne manqueront pas de mettre le feu aux poudres chez les éleveurs laitiers, à la veille du salon de l’agriculture. Pour le président de la Fnil, la politique menée par Serge Papin, patron du groupement Système U, "va dans le bon sens", à l’image du partenariat signé le 18 février avec la coopérative Terrena dans le porc,

Lors de l’annonce de ce partenariat, le patron de l’enseigne U n’y est pas allé de main morte : "Il faut arrêter que l’alimentation soit la variable d’ajustement des budgets des ménages, a plaidé Serge Papin. Nous sommes en déflation dans l’alimentation alors qu’EDF a relevé ses tarfis de 3 %. Faire subir à l’alimentation les dépenses des autres secteurs va mener à la destruction de valeur, à la fermetures d’usines et des pertes d’emplois. Nous on s’adapte s’il y a une guerre des prix, nous n’avons peur de rien. Mais si on laisse aller les choses, on va assister au détricotage de l’appareil agricole-agroalimentaire".

"Serge Papin est aujourd’hui trop seul, explique Olivier Picot. Il faut que le leader de la distribution (Ndlr : Carrefour) se positionne sur le sujet pour trouver des solutions", martèle-t-il, brandissant les pertes d’emplois et les fermetures d’usines que l’absence d’inflexion des distributeurs pourraient engendrer.

Un système déflationniste

Pour lui, la récente loi sur la consommation du ministre Benoit Hamon, ne changera rien, "on est dans un système déflationniste de guerre des prix entre enseignes, assumé par les pouvoirs publics". Le secteur se dirige tout droit vers une médiation comme il l’a connu l’an dernier pour tenter de trouver une solution au conflit qui s’annonce.

Les représentants des industriels du secteur devraient rencontrer le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll sur le sujet, le 21 février.

Adrien Cahuzac (avec Patrick Déniel)

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