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L'Usine Aéro

Les industriels de la Défense en faveur des démonstrateurs pour doper l’innovation

Hassan Meddah , , ,

Publié le

Evaluation du potentiel d’une technologie, appropriation accélérée par les armées, complément des études de simulation… les démonstrateurs pourraient "dérisquer" la gestion des grands programmes d’armement.

Les industriels de la Défense en faveur des démonstrateurs pour doper l’innovation
Le démonstrateur nEUROn a permis aux industriels européens de faire des progrès dans le domaine des technologies des drones de combat comme la furtivité.
© Dassault Aviation

S’inspirer des Américains pour mieux innover en matière d’armement. Pourquoi pas? Pour tester leurs innovations, les fournisseurs de Pentagone n’hésitent pas à développer des démonstrateurs tous azimuts afin de sélectionner ou d’écarter plus rapidement les technologies destinées à aller sur le champ de bataille. Les industriels de l’armement tricolores sont favorables à une telle approche, encore trop peu répandue en Europe.

"On appelle tous à ce que la Défense lance des démonstrateurs. Le démonstrateur doit poser les bases de ce que l'industrie peut faire, de ce que la technologie peut apporter. Les armées ont besoin de comprendre ce que la technologie peut leur apporter 10 ou 15 ans après que les démonstrateurs aient pu voler", a plaidé Eric Trappier, le président du Gifas (groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales) à l’occasion de vœux à la presse jeudi 11 janvier. Il milite pour des démonstrateurs dans le secteur spatial, les drones et les avions de combat.

1 milliard d'euros pour la recherche militaire

La demande du Gifas est des plus opportunes. Une fois n’est pas coutume : il y aura bientôt plus d’argent dans les caisses de la direction générale pour l’armement (DGA). La prochaine loi de programmation militaire (LPM) prévoit d’augmenter les financements de la recherche militaire de 750 millions d’euros à 1 milliard d’euros. Qui plus est, les besoins sont là.

L’Europe s’interroge sur la pertinence de concevoir un nouvel avion de combat qui remplacerait le Rafale français de Dassault Aviation, le Typhoon du consortium Eurofighter, et le Gripen suédois. Pour cela, la France a engagé des relations en bilatérale avec le Royaume-Uni pour définir les technologies d’un futur avion de combat et avec l’Allemagne sur le système de combat aérien du futur.

L'exemple du nEUROn

Certaines expériences tendent à valider l’intérêt de la démarche par démonstrateur. Depuis 2003, la France pilote le programme de démonstrateur européen de drone de combat, le nEUROn. A cette occasion, les industriels ont progressé dans le domaine des technologies de furtivité grâce aux centaines d'heures de vol accumulées par l'appareil. "C’est beau de faire des calculs sur le papier, mais cela ne suffit pas. Il faut encore faire des mesures dans les chambres anéchoïques comme celles de la DGA ou durant les essais en vol. Passer des études papier au lancement d’un programme, c’est risquer d’aller au-delà de grandes difficultés", avertit Eric Trappier, également patron de Dassault Aviation.

A l’inverse, l’A400M, l’avion de transport militaire du groupe Airbus, a connu de multiples déboires… sûrement faute de démonstrateurs. La fonction de ravitaillement en vol des hélicoptères promises sur le papier mais plus complexe à mettre au point que prévu, n’est pas encore disponible sur les premiers exemplaires livrés aux armées.

En vérifiant en vol que les concepts fonctionnent, les démonstrateurs permettent de "dérisquer" les grands programmes aéronautiques qui se chiffrent en milliards d’euros. A en croire le patron de Dassault Aviation, tous les acteurs ont à y gagner. Les armées, grâce aux essais en vol, appréhendent plus rapidement les potentialités d’une technologie et peuvent exiger des adaptations par rapport à leurs besoins. Les industriels, en complément des études de simulation, sont rassurés quant à leurs capacités à finaliser la technologie et à s’engager contractuellement sur un niveau de performances. Les Etats acheteurs évitent d’avoir à éponger les surcoûts des programmes qui dérapent.

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