"Les industriels de la chimie vont être pénalisés par la taxe CO2"

Le gouvernement envisage d’instaurer une nouvelle taxe pour une partie des industriels soumis au système européen d’échange de quotas de CO2. L’objectif est de financer le rachat de quotas gratuits qui doivent être distribués aux nouveaux entrants jusqu’à fin 2012. Daniel Marini, le directeur des affaires économiques et internationales de l’Union des Industries Chimiques (UIC), estime cette mesure inéquitable.

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L'Usine Nouvelle - Quel pourrait être l’impact de cette taxe sur l’industrie chimique?
Daniel Marini - L’industrie chimique va être fortement touchée car beaucoup d’entreprises sont soumises au système européen d’échange de quotas de CO2. En France, 90 sites chimiques sont soumis au plan national d'allocation de quotas d'émissions de CO2 pour la période 2008-2012, soit 55 entreprises. Nous estimons que 90% d’entre elles pourraient être concernées. La taxe va s’appliquer aux secteurs de la pétrochimie, des engrais, des matières plastiques de bases, du chlore… qui ont des chiffres d’affaires importants mais dont la rentabilité n’est pas au rendez-vous. Beaucoup d’entreprises de ces secteurs sont en effet touchés par la crise et, contrairement aux énergéticiens, elles ne peuvent répercuter le coût de cette taxe sur le consommateur.

Le choix du chiffre d’affaires comme critère pour établir cette taxe vous paraît-il légitime ?
Tout d’abord, la taxe est prévue pour seulement un an mais nous savons par expérience qu’une taxe sur le chiffre d’affaires s’installe facilement. Ensuite, l’Etat demande de ne pas faire porter le poids de la dépense de 223 millions d’euros (montant de la somme que l’Etat compte collecter avec cette taxe, ndlr) sur les seuls énergéticiens. Ces derniers sont les principaux nouveaux entrants et aussi les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre et nous devons payer pour eux ! Le fait que la taxe soit basée sur le chiffre d’affaires et non plus sur le niveau d’émissions - ce qui permet à la France de ne pas enfreindre les règles de la Commission européenne - est complètement inégalitaire. Nous allons être pénalisés. Au-delà, nous nous retrouvons dans un système de quotas payants avant même qu’il ne soit mis en place (le passage aux quotas payants est prévu pour 2013, ndlr) !

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Allez-vous faire entendre votre voix ?
Oui, tous les secteurs vont réagir. Alors que les hommes politiques parlent de relancer la production industrielle, nous allons les interpeller sur l’utilité de faire porter sur la seule industrie un manque de prévoyance des pouvoirs publics concernant les nouveaux entrants que sont les énergéticiens. Si on ajoute les coûts liés à toutes les nouvelles réglementations, les investissements sur les sites pour réduire les émissions de CO2, le paiement des quotas et une taxe comme celle-ci, c’est la quadruple peine.

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