Les industriels de l’emballage plastique vont bien… mais jusqu’à quand?

Elipso, l’organisation professionnelle regroupant les fabricants d’emballages plastiques souples a livré le 9 octobre l’état de santé d’une industrie malmenée, décidée à se transformer... et qui s'inquiète pour ses emplois dans l'Hexagone.

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Les industriels de l’emballage plastique vont bien… mais jusqu’à quand?
La disparition de certains contenants en plastique souple réclamés dans le cadre de la loi agriculture et alimentation met la filière sous pression.

Avec un chiffre d’affaires en hausse de 5%, les fabricants d’emballages plastiques français ont atteint les 8,1 milliards d’euros de ventes en 2017. Leur production en tonnage a cru d’autant, tirée par l’activité des secteurs de la cosmétique, des produits d’entretien, de la pharmacie, de la chimie et des transports. Bien mieux que les 3,7 % réalisés par l’ensemble de la production manufacturière.

De quoi se réjouir donc ? Pas vraiment. Les adhérents de l’organisation professionnelle Elipso sont inquiets. Christophe Rossé,

membre du bureau, a en effet observé au premier semestre de cette année "un ralentissement" de l’activité avec une croissance en volume de seulement 1,4 % (et de 1,3 % en valeur). Un ralentissement qui pourrait d’ailleurs être, selon lui : "un peu plus important" sur la fin de l’année. "Aujourd'hui, on reste dans une période d'entre deux, et de croissance assez limitée". Mais c’est aussi, et surtout, la défiance contre le plastique qui était à l’ordre du jour de cette conférence de presse. Attaqué de toute part, le matériau est remis en question autant sur un plan législatif que sociétal.

2 500 emplois menacés par deux amendements

Le "plastic bashing" prend de l’ampleur depuis quelques mois selon l’association, menaçant l’avenir des professionnels. C’est en tout cas le ressenti exprimé par 60 % des adhérents de l’association qui ont répondu à la 2e enquête interne sur le thème de l’économie circulaire. "90 % des répondants ont constaté une dégradation de l’image du plastique", a indiqué Serge Vassal, vice-président en charge de l’environnement d’Elipso, ajoutant que si 80 % admettent ne pas avoir été affectés à court terme, 65 % craignent de voir chuter leur chiffre d’affaires ces prochains mois.

Les deux amendements apportés au projet de la Loi agriculture et alimentation (adopté par l'assemblée nationale le 2 octobre), concernant l’interdiction de certains emballages et objets plastiques à usage unique, n’y sont pas pour rien. Avant l’été, Laurianne Rossi, députée La République en marche, avait demandé l’interdiction des contenants alimentaires de cuisson, de réchauffe et de service en matière plastique, à compter de 2025 pour la restauration scolaire, de la crèche à l’université.

En septembre, 14 députés de la majorité ont voté la fin des couverts, piques à steak, couvercles à verre jetables, plateaux repas, pots à glace, saladier, boîtes pour 2020, suite à l’amendement déposé par le député de la majorité François-Michel Lambert. "Un amendement complètement farfelu" s’est insurgé François Guillin, également vice-président d'Elipso, qui "ferait disparaître un quart de la plasturgie". En attendant de voir peut être aboutir le recours de sénateurs de la droite et du centre auprès du Conseil constitutionnel, le scénario catastrophe reste d’actualité. Emmanuel Guichard, délégué général de l’association, a chiffré les conséquences de ces deux amendements : une perte sèche de 800 millions d’euros pour le secteur et la disparition de 2 500 emplois sur les 38 000 que compte la profession.

Des transformateurs prêts à se transformer grâce à leurs clients

Vent debout contre "ces interdictions sans concertation", Françoise Andrès, la présidente de l’association, a réclamé du temps pour changer de modèle. "L’action est en marche", a rassuré de son côté Serge Vassal. "Cela fait un an que la demande client évolue", assure l’industriel. Il y a un changement de paradigme. Les critères environnementaux occupent une place de plus en plus importante chez les metteurs en marché.

Aujourd’hui placé en 3e position dans les critères d’achats, après le prix et la sécurité sanitaire et la performance technique, "le développement durable pourrait bien devenir la priorité d'ici peu", selon le président du groupe Barbier. Pour preuve, il a indiqué que la demande de recyclabilité des metteurs était passée de 56 % en 2017 à 97% aujourd’hui et que le contenu en matière recyclée était désormais sollicité par 87 % des clients, contre 31 % l’an dernier. Une demande à laquelle 98 % des plasturgistes interrogés souhaitent répondre grâce à la mise en place d’actions spécifiques, en intensifiant notamment la R&D, avec la mise en place de politiques RSE ou avec la mise en place de partenariats. L’incorporation de matière recyclée et biosourcée devrait d’ailleurs s’intensifier. Représentant respectivement 264 000 tonnes et 44 000 tonnes sur un total de 2,2 millions de tonnes, ces matières premières devraient atteindre 364 000 et 84 000 tonnes entre 2018 et 2019.

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