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Les industriels de l'agroalimentaire s'affrontent sur le Net

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Dossier C'est la guerre de position entre les deux places de marché agroalimentaires sur Internet, Transora et CPG Market ! Avec une longueur d'avance pour l'américaine Transora, qui réunit plus de la moitié des achats du secteur.

Les industriels de l'agroalimentaire s'affrontent sur le Net

Sommaire du dossier

Après l'automobile, les transports aériens et la distribution, les industriels de l'agroalimentaire ouvrent aussi leurs places de marché en ligne pour améliorer la gestion de leurs approvisionnements et réaliser ainsi de substantielles économies. De part et d'autre de l'Atlantique, c'est la fin du round d'observation. A quelques jours d'intervalle, CPG Market annonçait son ouverture quand Transora célébrait l'arrivée d'un nouveau poids lourd dans son giron : Seagram, numéro 3 mondial des vins et spiritueux, rejoint là le gotha américain (Coca-Cola, Sara Lee, Kraft Foods...). Face à Transora, derrière la bannière européenne de CPG Market, Nestlé, Danone et Henkel créent un " carrefour d'affaires ", où eux-mêmes et tous ceux qui voudront les rejoindre pourront choisir leurs fournisseurs, passer leurs commandes et gérer leur logistique en ligne. " Les trois fondateurs de CPG ont presque uniquement des fournisseurs européens ; il n'est donc pas question de se laisser imposer des règles par les groupes américains ", prévient Yves Barbieux, directeur général de CPG Market et ancien patron de Nestlé France. Moins de deux avant son ouverture, on s'active en coulisse. Cinq " pilotes " ont permis de valider l'outil, alors que Transora en effectue une cinquantaine. Côté effectifs, l'américaine Transora a quelques longueurs d'avance. Avec son casting de rêve, elle aligne une puissance d'achat de 400 milliards de dollars quand les trois européens de CPG totalisent 25 milliards. Pour cette dernière, il est donc urgent de trouver des partenaires pour peser le plus lourd, le plus vite possible, en imposant ses méthodes aux fournisseurs et aux acheteurs. Ainsi, Yves Barbieux effectue ce qu'il appelle des " roadshows ", où il dévoile l'outil CPG aux partenaires potentiels parmi les entreprises européennes, PME et multinationales. Pour l'heure, son tour de table n'est pas encore bouclé. Danone et ses deux partenaires ont versé 65 millions de francs chacun. " Vingt-cinq entreprises sont intéressées pour utiliser l'outil CPG, mais n'ont encore rien signé ", reconnaît Yves Barbieux. Scepticisme des PMI La tâche s'annonce difficile. Car force est de constater que certains industriels approchés par CPG demeurent sceptiques. " Ils ont fait ce portail pour leurs propres besoins, et ils ont besoin de le rentabiliser ", notait, rieur, le directeur des achats d'un groupe français, à la sortie de la présentation du portail. " Hier, j'ai acheté 15 000 tonnes de semoule de blé dur. Internet ne m'aurait pas été utile, car il n'y a qu'un seul fournisseur en France, et s'approvisionner à l'étranger coûterait trop cher ", remarque Nicole Chailloux, responsable des achats chez Tipiak. Pour Christophe Le Texier, responsable des achats des fromageries Bel, " les multinationales ont davantage besoin de centraliser leurs achats ". Yves Barbieux lui-même l'admet : " Lorsque j'étais chez Nestlé, il nous arrivait de découvrir qu'un même fournisseur livrait ses produits à deux filiales à des prix différents. " Il lui faudra aussi persuader de nombreuses PMI de l'intérêt des outils Internet. " Etant tout seul, je n'ai pas le temps de surfer sur Internet. Je connais mes fournisseurs, et ils connaissent mes besoins ", résume l'acheteur d'un groupe breton. Pendant ce temps-là, Judy Sprieser, directeur général de Transora, ne se prive pas de venir chasser sur les terres européennes de CPG. " Nous hébergerons plus de la moitié des achats du secteur des biens de consommation ", annonce-t-elle. Un exploit qui pourrait lui valoir des ennuis, au moment où la très sourcilleuse autorité américaine de surveillance du commerce (Federal Trade Commission) se penche sur les places de marché virtuelles, suspectées de pratiques anticoncurrentielles ! La guerre des plates-formes agroalimentaires TRANSORA.COM Coca-Cola, General Mills, Procter & Gamble, Sara Lee, Unilever, Kraft, Cadburry, Diageo, Nabisco, McCain, Heineken, Nestlé US, Danone US..., soit 53 des plus grandes compagnies du secteur, essentiellement américaines. Une cinquantaine de " pilotes " en cours de réalisation. Volume d'affaires : 400 milliards de dollars. CPGMARKET.COM Nestlé, Danone, Henkel 5 " pilotes " effectués et 25 entreprises " intéressées ". Ouverture en novembre. Volume d'affaires : 25 milliards de dollars.

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