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L'Usine Energie

Les îles bretonnes à la dure école de l’autonomie énergétique

Aurélie Barbaux , , ,

Publié le

Surfant sur le programme de Territoire à énergies positives pour la croissance verte, les îles bretonnes entament leur transition énergétique, jusqu’à rêver d’autonomie pour celles du Finistère non connectées, comme Ouessant et Sein. L’apprentissage est rude. La route semée d’embûches.

Les îles bretonnes à la dure école de l’autonomie énergétique
Ouessant sera alimenté par deux hydroliennes Sabella de 1MW.
© L'Usine Nouvelle

Après une traversée en mer un peu agitée, ils se sont retrouvés sous un grand soleil au phare du Créach à Ouessant, le 7 septembre dernier. Dix maires des quinze îles de l’association - Les Iles du Ponant (AIP) qui regroupe Chausey, Bréhat, Batz, Ouessant, Molène, Sein, Les Glénan, Groix, Belle-Ile, Houat, Hoëdic, Artz, île aux Moines, Yeu et Aix -, ainsi qu’une trentaine de responsables d’EDF, Enedis, Sabella, Akuo Energy, et des représentants de l’Etat, étaient venus parler transition énergétique.

Ordre du jour fixé par l’AIP : présenter les résultats des programmes "boucle énergétique locale" (2011-2015) et "territoires à énergie positive pour la croissance verte (TEPCV)" lancé en 2015 par la ministre de l’Environnement Ségolène Royal, et dans lequel se sont engagées les îles. Celles du Finistère, non connectées au réseau électrique du continent, ont été les premières labellisées et arriveront aux termes du programme de trois ans à la fin 2018. 

15 îles dans la transition énergétique

Cette réunion du 7 septembre à Ouessant avait surtout pour objectif de partager leurs expériences avec les maires des îles du Morbihan et de Béhat (Côtes d’Armor), labellisées un an plus tard. Il est vrai que pour la plupart d’entre elles il y a moins urgence.

Connectées au réseau d’EDF, elles ne sont pas concernées par l’objectif d’atteindre l’autonomie énergétique d’ici à 2030 - avec une étape à 50% d’énergies renouvelable en 2023 -  fixée par la première programmation pluriannuelle de l’énergie, de la loi de Transition énergétique pour la croissance verte de 2015. Ce qui n’empêche pas d’engager leur transition énergétique. Studieux, les maires de Bréhat, Houat, Belle-Ile, Arz et de l’île aux Moines ont écouté avec grand intérêt les présentations des maires d’Ouessant, Sein et Molène. De fait, conscientes ou non, elles opèrent leur transition énergétique avec méthode. D’abord, réduire les consommations d’énergie sur les îles. Ensuite remplacer petit à petit le fioul par les énergies renouvelable… jusqu’à l’autonomie.

Réduire les consommations

Pour réduire les consommations, les îles du Ponant ont actionné plusieurs leviers : distribution d’ampoules LED à tous les habitants et de kits poulaillers (pour réduire les déchets à expédier sur le continent), diffusions d’appareils hydro-économes, remplacement des appareils de froids énergivores, sensibilisation humoristique des touristes aux économies d’énergie et lancement de la rénovation énergétique des bâtiments communaux.

Ces initiatives, initiées pour la plupart dans le cadre des boucles énergétiques locales ont permis de "réduire de 15% les consommations" des îles du Finistère, évalue Denis Bredin, directeur de l’API. Mais impossible de se faire une idée précise, île par île, de l’efficacité de ces dispositifs. L’API ne fournit que des chiffres absolus de réduction de consommation ou d’émissions de CO2, sans les mettre en regard de la consommation totale des îles. On sait juste que Sein, Molène et Ouessant économisent 637 m3 de fioul par an et ont réduit leurs émissions de CO2 de 25,9% par rapport à 2014.

Adopter les énergies renouvelables

L’étape suivante, passer aux énergies renouvelables, est beaucoup plus délicate. Si l’installation de panneaux solaire pose peu de problèmes, elle ne permet pas de changer totalement la donne. A Molène, un projet devrait permet de rendre l’île autonome en électricité, mais pour son éclairage public uniquement. A Sein, le solaire fournit déjà 11,7% de l’électricité nécessaire à l’île. Pour atteindre 65% d’énergies renouvelables le maire, accompagné de EDF SEI, a un projet d’éoliennes de 250 kW. Après deux ans de négociations avec les services du patrimoine, un emplacement a enfin été trouvé, mais est toujours en attente des autorisations administratives.

Le projet de loi Elan qui devrait simplifier l'installation d'éoliennes sur des territoires de taille réduite comme les îles, qui doit être adopté d'ici la fin de l'année, devrait désembourber le dossier. Pour les  50% restants, il faudrait une deuxième éolienne. Le maire, Dominique Salvert, préfère rester prudent et avancer par étape. Mais Denis Bredin reconnait que la deuxième éolienne est bien évoquée.

Trouver le bon mix

Ouessant aussi aura besoin d’une ou plusieurs éoliennes pour atteindre l’autonomie énergétique. Mais pour l’instant, elle avance sur un autre front, celui de l’énergie houlomotrice. Dans le cadre d’un projet européen, le français Sabella teste son hydrolienne D10 sur le site de Fromveur, et devrait la remettre à l’eau début octobre.

Si l’énergie des marées est prévisible et assez stable, elle reste une énergie intermittente. A Ouessant, avec le spécialiste des énergies renouvelables Akuo Energy et EDF SEI, un modèle d’énergie hybride, le projet PHARES (Progressive Hybrid Architecture for Renewable Energy Solutions in Islands), a été élaboré. Il associe de l’hydrolien (2x1MW), de l’éolien (900 kW), du photovoltaïque (1440 kW) – avec un parc installé dans l’ancien fort - et le stockage par batteries (2MWh), le tout raccordé au réseau de l’île et géré par le système de management de l’énergie de EDF SEI, déjà en place à Sein. Le maire d’Ouessant et président de l’AIP, Denis Palluel vise une mise en service de tous les composants énergétiques d’ici à fin 2021. Enfin si tout va bien. Installer une éolienne à Ouessant n’a rien de trivial !

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