Les horaires atypiques, la nouvelle norme

Une étude de la Dares montre l'éclatement des temps de travail. Fini le temps où l'usine et le bureau rythmait les journées. Désormais, c'est chacun son horaire ou presque. Portrait des six familles identifiées par la Dares.

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Les horaires atypiques, la nouvelle norme
Alors que le débat sur le travail du dimanche rebondit (mollement) à l'assemblée nationale, la Dares publie les résultats d'une enquête d'ampleur sur les horaires de travail. Pour cela, elle s'est appuyée sur une étude réalisée en 2005.

Seulement 37 % des salariés ont des horaires normaux - pour faire vite une semaine de cinq jours du lundi au vendredi qui commencer à 9 heures et se termine vers 18 heures. Autant dire que les horaires atypiques ou décalés le sont de moins en moins.

Une autre conclusion de l'étude mérite d'être prise en compte dans les débats actuels. En effet, les salariés qui échappent à la norme cumulent les dérogations. Ils sont ainsi 20 % à avoir des horaires habituellement décalés. Les auteurs de l'étude notent que « presque tous les salariés travaillant le dimanche travaillent aussi le samedi. 86 % de ceux qui travaillent la nuit travaillent aussi le samedi et 72 % le dimanche ».

Autre groupe identifié : les salariés ayant occasionnellement des horaires décalés. Représentant 10 % des salariés, leurs contraintes sont proches de celles du groupe précédent. La seule différence est qu'ils ne sont pas soumis systématiquement à des horaires atypiques. Ces deux groupes se trouvent surtout dans les métiers en contact avec le public : c'est tout l'univers du commerce, mais aussi de la fonction publique (métiers des services à la personne, des soins...).
L'autonomie des cadres a un prix : l'imprévisibilité des horaires

Quatrième famille identifiée : les horaires irréguliers dus à une forte saisonnalité de l'activité. Cette situation concerne 6,7 % des salariés, plutôt des jeunes, professions intermédiaires ou des salariés de l'industrie. Ils ont peu d'autonomie dans leur travail : c'est l'univers du travail cadencé. A noter : un quart d'entre-eux travaille le samedi, ils sont moins nombreux le dimanche.

Un autre dixième de la population active se singularise surtout par l'autonomie qui est la sienne. Bienvenue dans le monde des cadres. En échange de cette marge de liberté, ils ont des horaires plus longs que la norme. Surtout, leur journée de travail est relativement peu prévisibles. Ce sont aussi ceux qui sont le plus joints par leur entreprise en dehors des horaires de travail ou à emmener du travail chez eux. La frontière entre temps de travail et temps à soi est particulièrement poreuse.

Enfin, le travail à temps partiel concerne relativement plus les femmes (33 %) que les hommes (5 %). Ce sont souvent eux que l'on cite quand on pense flexibilité du travail. Cette famille regroupe bon nombre de personnes travaillant en contact avec le public. Toutefois, mis à part le caractère partiel de leur activité, ils ne subissent pas de contraintes particulières.

Au final, l'image selon laquelle il y aurait d'un côté des salariés avec des horaires classiques et de l'autre des personnes qui acceptent un aménagement de leur temps de travail doit être relativisée. Si métro boulot dodo continue de décrire la routine des temps modernes, l'heure du métro, du boulot et du dodo est de moins en moins partagée.

Christophe Bys

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