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L'Usine Aéro

Les hélicoptéristes militaires entrent en zone de turbulences.

Hassan Meddah , , , ,

Publié le , mis à jour le 18/02/2016 À 10H58

Enquête Concurrence accrue sur les marchés internationaux, absence de grands programmes, hormis aux États-Unis… Pour les fabricants d'hélicoptères, c'est la fin de l'âge d'or militaire.

Les hélicoptéristes militaires entrent en zone de turbulences.
La Pologne a commandé 50 Caracal à Airbus Helicopters, mais remet en cause le contrat. Finmeccanica Helicopters et Lockheed Martin sont en embuscade. (Crédits - A. Pecchi)
© A. Pecchi

 

La guerre commerciale s’intensifie entre les hélicoptéristes militaires. Dernier exemple en date, la probable remise en cause d’un précontrat de 3 milliards d’euros par la Pologne pour l’achat de 50 Caracal auprès d’Airbus Helicopters. Les deux perdants de l’appel d’offres, les groupes italo-anglais Finmeccanica Helicopters (ex-AgustaWestland) et américain Lockheed Martin, sont plus que jamais en embuscade, espérant une nouvelle mise en compétition. Cette lutte exacerbée n’a rien d’étonnant dans ce secteur très concurrentiel, avec pas moins de six constructeurs en présence. Trois américains (Sikorsky, Bell et Boeing), deux européens (Airbus Helicopters et Finmeccanica Helicopters) et un russe (Oboronprom) se disputent un marché de moins de 900 machines par an !

Une domination américaine

Ventes mondiales
15,1 milliards de dollars

Nombre de machines
886 hélicoptères

Flotte
22 000 appareils

Trois champions
Sikorsky (22 % de parts de marché), Boeing (13,5 %), Bell (7 %)

Le pire les attend. Le plus grand acheteur d’hélicoptères militaires au monde sert les cordons de la bourse. D’ici à 2022, le Pentagone a prévu de réduire de 10 à 7 milliards de dollars ses commandes pour l’armée américaine. Les États-Unis absorbent, à eux seuls, les deux tiers du marché mondial des appareils militaires. La détermination des constructeurs américains à l’export n’en sera que plus forte, leur activité reposant en grande partie sur leurs ventes aux armées : 100 % pour Boeing, 79 % pour Sikorsky et 62 % pour Bell. A contrario, les constructeurs européens ont des profils plus équilibrés du fait d’une activité civile significative, Airbus ne dépendant qu’à 48 % de ses commandes militaires et Finmeccanica qu’à 42 %, selon BCG.

Sans surprise, les observateurs s’attendent à une dégradation des marges commerciales. Toutefois, avec la résurgence de tensions territoriales, comme à la frontière ukrainienne, ou l’intensification de la lutte contre Daech, certains États pourraient accélérer leurs commandes. Dans le cadre de ses opérations dans la bande sahélo-saharienne, la France a ainsi commandé en décembre sept hélicoptères de combat Tigre supplémentaires à Airbus Helicopters.

Pas de grands programmes en vue en Europe

Comment les hélicoptéristes vont-ils franchir cette mauvaise passe ? Le soutien des États sera crucial, notamment avec le lancement de grands programmes. Les Américains jouent hors catégorie. Le Pentagone travaille sur un hélicoptère de nouvelle génération avec un financement de… 100 milliards de dollars. Objectif : doter l’armée américaine d’un appareil qui remplace les mythiques Chinook, Black Hawk et autres Apache… Le Future Vertical Lift (FVL) disposera d’une nouvelle cellule, de nouveaux matériaux, d’une nouvelle motorisation, d’un nouvel armement… À la clé, une commande de plusieurs milliers d’appareils. Lockheed Martin a déboursé 9?milliards de dollars pour s’offrir Sikorsky, sélectionné pour contribuer à la conception de démonstrateurs.

En Europe, c’est la disette ou presque. Après les grands programmes d’hélicoptères de combat Tigre et de transport de troupes NH90, rien de significatif ne se profile à l’horizon, sinon des programmes nationaux. La France réfléchit au lancement d’un appareil polyvalent, l’hélicoptère interarmées léger, qui pourrait remplacer les Dauphin, Fennec et autres Gazelle. Dans l’immédiat, les hélicoptéristes européens compensent avec une parade bien rodée : la militarisation de leur gamme civile. Une stratégie qui leur évite de passer par une qualification militaire coûteuse et redondante. Le H145 d’Airbus destiné aux forces de police s’est ainsi enrichi d’une protection balistique, d’un canon latéral et de capteurs électro-optiques et infrarouges. Cette version kaki a trouvé preneur auprès de la Bundeswehr allemande et de la marine royale de Thaïlande.

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