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Les groupes européens dans la course à la taille

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Au-delà du secteur de l'énergie, les OPA s'accélèrent. Désendettées, les grandes entreprises fusionnent pour mieux s'imposer sur les marchés mondiaux.

Les entreprises citées

En partenariat avec Industrie Explorer

E.ON sur Endesa, GdF sur Suez mais aussi Mittal sur Arcelor, et peut-être L'Oréal sur Body Shop... La liste des OPA s'allonge et les indices boursiers bondissent. A Paris, le CAC 40 a atteint lundi 5080,52 points, son niveau le plus haut depuis l'été 2001. Au-delà du secteur de l'énergie actuellement en ébullition, la saison des mariages industriels est ouverte en Europe. Depuis quelques semaines, les grands groupes se lancent dans une stratégie de conquête où tous les coups sont permis. Terminées les périodes de fiançailles où l'on apprend à se connaître avant de s'engager ! L'acheteur propose, sans autre formalité, un contrat de mariage à l'objet de sa convoitise, se contentant le plus souvent de l'accord des actionnaires, faute d'obtenir celui de la future mariée.

Un appétit sans limites

« Et ce n'est qu'un début, prévoit Daniel Fermon, analyste financier à la Société générale. Nous tablons sur une dynamique soutenue de fusions-acquisitions sur toute l'année 2006. » Il faut dire que les entreprises se sont largement désendettées ces dernières années et ont reconstitué leurs réserves. Poussées à améliorer leur productivité et profitant de la croissance mondiale, elles ont dégagé des bénéfices importants en 2005 (voir « L'U. N. » n°2998) : 12 milliards d'euros pour Total, 5,7 milliards pour France Télécom... Avec de tels trésors de guerre, l'appétit des grands groupes est désormais sans limites. D'autant que les taux d'intérêt se maintiennent à un niveau accommodant.

« Tout est possible : les entreprises disposent d'un cash flow conséquent et bon nombre d'entre elles sont encore faiblement valorisées sur le marché », affirme Daniel Fermon. Le PER (Price Earning Ratio) qui mesure la valorisation d'un titre, reste à 15 points contre 25 en 2000, en moyenne, pour les sociétés cotées à Paris. Résultat : les acheteurs n'hésitent pas à se montrer généreux pour acquérir des sociétés dont le potentiel est souvent sous-évalué. Après les 18,6 milliards d'euros proposés par Mittal pour prendre le contrôle d'Arcelor (dont 75 % en titres), l'allemand E.ON a offert 29,1 milliards d'euros en liquidités pour acquérir l'espagnol Endesa.

Au-delà de la logique financière, le mouvement amorcé répond à une nécessité industrielle. « Les entreprises européennes ont besoin de grossir pour s'imposer sur l'échiquier mondial », estime Marc Touati, chef économiste de Natexis Banques Populaires. Quelques grands groupes français l'ont bien compris (16 entreprises du CAC 40 sont numéro 1 ou 2 mondial de leur secteur), chassant hors de leurs frontières pour s'ouvrir des opportunités. En 2005, Pernod Ricard s'est emparé du britannique Allied Domecq pour 14 milliards d'euros alors que Suez s'offrait le belge Electrabel pour 11,2 milliards. A l'inverse, d'autres ont dû rallier des pavillons étrangers, à l'instar de Fournier-Pharma absorbé par le belge Solvay pour 1,3 milliard. « Certaines activités ont encore besoin de se concentrer pour voir émerger de véritables leaders mondiaux », commente Daniel Fermon. La Société générale identifie l'énergie et les télécoms comme les deux secteurs industriels qui devraient être les plus soumis aux opérations de fusions-acquisitions en 2006. La distribution, dont l'activité reste très localisée, pourrait aussi connaître des opérations spectaculaires. Depuis plusieurs mois, l'intérêt que porterait Wal-Mart à Carrefour alimente ainsi la rumeur.

S'intéresser à la compatibilité des business models

« La structure relativement dispersée du capital des entreprises françaises, qui ne peuvent, contrairement aux américaines, s'appuyer sur des fonds de pension, constitue un terrain propice aux OPA », constate Hanna Moukanas, directeur de Mercer Management Consulting France. Et elle peut stimuler les vocations ! Reste que les acheteurs mus par la seule logique financière peuvent s'avérer de piètres repreneurs. « Il faut s'intéresser d'abord à la compatibilité entre les business models des entreprises », argumente Hanna Moukanas. Et d'ajouter que « les récentes OPA, à l'instar de celle de Mittal sur Arcelor, ont plutôt révélé les divergences en la matière... ». Offre de produits, ciblage des clients, stratégie en matière de développement durable ou encore culture d'entreprise : tous ces éléments constituent autant de handicaps que d'atouts, susceptibles de faire échouer comme de faire réussir une fusion.

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