Les grandes manœuvres d'Henri Proglio chez Veolia

Selon des informations relayées par la presse, l'ancien ministre Jean-Louis Borloo pourrait être nommé à la tête de Véolia, en remplacement de l'actuel PDG, Antoine Frérot. Un changement de tête auquel l'ancien numéro un de l'entreprise, Henri Proglio, ne serait pas étranger.

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Les grandes manœuvres d'Henri Proglio chez Veolia

Henri Proglio, PDG d'EDF et ancien patron de Veolia a toujours gardé un œil sur le leader des services à l'environnement.

"Je n'en resterai pas moins, à ma place, le défenseur et le promoteur indéfectible et infatigable de Veolia Environnement". Le jour de la passation de pouvoir symbolique avec Antoine Frérot en mai 2010, Henri Proglio rappelait "son attachement viscéral" à une entreprise dans laquelle il a passé près de quarante ans. Il est en effet entré à la Générale des Eaux en 1971.

Deux ans plus tard, l'attachement se serait-il transformé en obsession ? L'ancien patron du leader des services à l'environnement durant sept ans et actuel PDG d'EDF poursuivrait les grandes manœuvres chez Veolia.

Selon les informations des journaux Les Echos, Libération et Mediapart, Henri Proglio chercherait à obtenir l'éviction d'Antoine Frérot, l'actuel dirigeant de Veolia. Toujours administrateur de Veolia, il tenterait de convaincre plusieurs autres administrateurs de révoquer Antoine Frérot. Pour le remplacer par Jean-Louis Borloo, ancien ministre de l'Ecologie, avec l'aide de l'Elysée.

Une intervention que l'Elysée a formellement démentie, la qualifiant d'"absurde". La décision pourrait cependant être actée lors du prochain conseil d'administration le 29 février prochain, veille de la présentation des résultats annuels du groupe.

5 milliards de désinvestissements

Pourquoi une telle manœuvre ? Henri Proglio reprocherait à Antoine Frérot, celui qu'il avait lui-même choisi, les mauvais résultats de l'entreprise et la remise en cause de sa stratégie de développement.

Le dauphin a en effet décidé de solder l'ère de son prédécesseur en lançant une profonde restructuration. Afin d'alléger la dette de l'entreprise (près de 15 milliards d'euros pour un chiffre d'affaires de 35 milliards), Antoine Frérot a lancé la cession de la branche transport Veolia Transdev, l'abandon d'activités et de pays (37 au total représentant 10% du chiffre d'affaires)… Le montant des désinvestissements est ainsi estimé à 5 milliards d'euros sur les deux ans à venir.

Le patron d'EDF avait déjà réussi à monter à 50% du capital de Dalkia (filiale de services énergétiques détenue avec Veolia depuis 2000) en France. EDF ne disposait jusque là que de 34% du capital de cette filiale en croissance dans l'Hexagone. Le contrôle de cette filiale avait été l'objet de nombreuses frictions entre EDF et Veolia au cours des dernières années.

Au moment de sa nomination à la tête de l'électricien fin 2009, Henri Proglio avait tenté de garder les commandes de Veolia en restant son président non exécutif. Mais face à la polémique suscitée par sa double fonction (et son double salaire), il avait dû renoncer. Il était alors partisan d'un mariage entre les deux groupes.

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