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LES GEEKS DE L'INDUSTRIE

Christophe Bys

Publié le

Enquête Ils sont en train de changer les métiers de l'industrie sans faire de bruit. Ils ? Ce sont les pros du net. Ces passionnés du système d'information et autres accros du digital font leur trou dans les usines. Revue de ces nouvelles recrues.

LES GEEKS DE L'INDUSTRIE
TANGUY MOILLARD, 37 ANSResponsable web social Bouygues Telecom
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Le temps, où le web était réservé à quelques geeks est révolu ! Dans l'industrie aussi, de nouveaux profils font leur apparition et les métiers traditionnels évoluent pour intégrer le poids grandissant de l'e-commerce ou la montée en puissance des réseaux sociaux. A la division nutrition médicale de Danone, on a même monté un projet pour cela : la « web acceleration ». Confié au directeur de la communication, William Green, il doit permettre de faire évoluer les différentes fonctions pour les adapter à internet.

Le chargé de communication, par exemple, s'appelle désormais « community manager ». Ce fan de nouvelles technos est le porte-voix des entreprises. Sur Twitter, Facebook ou Linkedin, il est en contact permanent avec les différentes communautés de fans (ou pas) de la marque. Chez Bouygues Telecom, on l'a baptisé « responsable du web social » (lire page suivante). Ses missions sont assez larges et embrassent marketing et communication. Idem pour Julien Cotte, community manager à la direction des ressources humaines France d'Alcatel. Seule différence : il ne converse pas avec les clients, mais avec les futures recrues de l'entreprise, et promeut « la marque employeur ». Le reste du temps, il anime la communauté RH composée de 100 personnes réparties dans toute la France. « Mon métier consiste aussi à créer des communautés pour les experts techniques ou les hauts potentiels », explique-il.

Côté marketing, d'autres spécialistes arrivent ! Le temps où les chargés d'études décortiquaient les résultats magasin par magasin et commandaient des enquêtes « quali » aux instituts de sondages est (presque) révolu. Là aussi, c'est sur le web que ça se passe. En ligne, chaque transaction laisse des traces... Il n'y a qu'à cliquer pour décrypter les comportements du consommateur. Les pros du e-CRM (pour Customer Relationship Management) observent à la loupe les données laissées sur la toile pour ensuite faire évoluer l'offre. « L'industrie est à un tournant dans ce domaine », prophétise Pierre Guimard, associé de Keley Consulting, un cabinet de conseils spécialisé en la matière. Cette évolution n'est pas réservée aux industries grand public. Même certains laboratoires pharmaceutiques ont leur responsable de la relation client. Moins de visiteurs médicaux, c'est davantage de relations transitant par le téléphone et le web avec les pharmaciens et les médecins.

La fonction achat, l'une des premières à franchir le cap

La fonction achat est aussi touchée. Elle a même été parmi les premières à franchir le cap. Car le retour sur investissement était immédiat ou presque. « Passer par le web permet de gagner du temps », résume Sibille Schwab, responsable e-procurement d'Alstom Grid (lire ci-dessus). Du temps, donc de l'argent. Si le métier n'a pas toujours changé de nom, les contenus de la mission ont souvent évolués. Ainsi, avec les plates-formes d'enchères inversées (un acheteur face à plusieurs vendeurs), l'acheteur ne s'occupe plus directement de la négociation finale en face à face. Celle-ci lui échappe, il se concentre surtout sur la préparation des enchères en ligne. Chez PSA, Patrick Massart dirige le quatuor spécialisé dans ce domaine. Il n'y voit que des avantages : « Une journée nous a suffi pour négocier les 1 000 lignes de prix correspondant à la téléphonie mobile dans dix-sept pays. »

Malgré ces atouts, certains redoutent ces évolutions. « Créer des postes 100 % internet donne l'impression qu'il y a, d'un côté, les modernes et, de l'autre, les ringards, qui sont en plus déjà en poste. On a connu meilleur moyen de mobiliser ses équipes », explique le responsable des achats d'un géant de l'acier. Il a donc introduit internet dans tous les postes pour ne braquer personne. Cette décision est partagée par Godard-Chambon et Marrel, un fabricant de foies gras de 90 personnes dans le Lot. Annabel Godard, la directrice générale, a préféré former une des trois personnes de l'équipe marketing au référencement plutôt que de recruter un spécialiste de la discipline. La PME réalise 22 % de ses ventes en ligne, ce n'est pas suffisant pour financer un poste. Et puis, compter sur les « anciens », cela permet de réveiller les geeks qui s'ignorent...

TANGUY MOILLARD, 37 ANS Responsable web social Bouygues Telecom

Parcours Diplômé de l'Essec, au service communication de Bouygues Telecom depuis 1997.

Les grandes oreilles des e-consommateurs. « Quand j'arrive à mon bureau le matin, je me connecte à Facebook et à Twitter. Sur les réseaux sociaux, j'analyse « en live » les réactions de nos clients aussi bien sur notre actualité, nos lancements de produits ou d'offres que sur notre couverture. Avec mon équipe de trois personnes, nous ne surfons pas que pour le plaisir, mais pour améliorer le service rendu au client : nous répercutons les informations qui nous sont transmises par ce média. Mon travail consiste aussi à définir la ligne éditoriale des messages que nous allons envoyer et à favoriser la communication horizontale dans l'entreprise. Le poste a été créé en juillet dernier à l'issue d'une longue réflexion sur l'opportunité de communiquer ou non sur les réseaux sociaux. Avec près de 20 millions de comptes ouverts en France, il nous a semblé évident d'y aller. C'est passionnant car nous sommes tous en mode apprentissage. »

SIBILLE SCHWAB, 33 ANS Chef de projet e-procurement chez Alstom Grid

Parcours Ingénieur agronome, elle fut responsable e-catalogue puis e-procurement chez Rio Tinto et responsable e-catalogue chez Altran.

Elle digitalise les achats. « Une grande satisfaction ! En avril dernier, après neuf mois de travail, nous lancions à l'heure notre projet e-procurement groupe sur deux sites pilotes. Cela fluidifie les approvisionnements en automatisant la chaîne d'achat, de la commande jusqu'à la facturation via des échanges entièrement électroniques. J'aime ce métier pour la variété des interlocuteurs. Dans mon équipe projet, j'ai un correspondant du service informatique, de la finance et bien sûr des utilisateurs finaux. Il faut manager des prestataires et convaincre les fournisseurs. Cela demande pédagogie et disponibilité. Je ne suis pas informaticienne mais je maîtrise la logique d'un système d'information. Cette année, nous allons étendre le système en Chine. »

QUI SONT-ILS ?

LE COMMUNAUTY MANAGER Profil Suit et anime des conversations avec les publics internes et externes de l'entreprise. Pourquoi ça se développe ? 78 % des internautes français déclarent appartenir à au moins un réseau social. Salaire 40 à 65 000 euros pour un confirmé. Où les trouver ? Dans l'entreprise, aux RH ou la communication parmi les technophiles. LE RESPONSABLE E-BUSINESS Profil C'est le chef d'orchestre des ventes en ligne, de l'élaboration du site à la définition des outils e-marketing. Pourquoi ça se développe ? 30 milliards d'euros de transactions prévus en France en 2010. Salaire 30 000 (débutant) à 100 000 euros (confirmé). Où les trouver ? Dans la grande distribution qui s'y est mise avant l'industrie. L'EXPERT ENCHÈRES INVERSÉES Profil Organise les achats par enchères inversées avec un acheteur et plusieurs vendeurs. Pourquoi ça se développe ? Le coût d'accès aux systèmes d'information achat diminue et une nouvelle génération d'acheteurs arrive. Salaire N.D. Où les trouver ? Un acheteur traditionnel qui aime les nouvelles technologies. LE RESPONSABLE E-CRM Profil Observe, segmente et fidélise le volage e-client. Pourquoi ça se développe ? Les données s'accumulent sur les clients avec l'augmentation des interactions. Salaire 35 à 50 000 euros. Où les trouver ? Dans une société de datamining ou chez un pro de la distribution. LE SPÉCIALISTE E-PROCUREMENT Profil Supervise l'automatisation des achats, de l'expression du besoin à la facture. Pourquoi ça se développe ? La dématérialisation et l'immédiateté gagnent du terrain dans tous les processus. Salaire Autour de 60 000 euros pour un confirmé. Où les trouver ? Chez un industriel qui a déjà mené à bien un projet de ce type.

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