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Les frégates FREMM sur de bons rails chez DCNS

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A l’occasion du lancement de la fabrication de la deuxième frégate multimission française, Hervé Morin a annoncé la commande de trois FREMM supplémentaires au bénéfice de DCNS. Comptant désormais 11 navires à livrer jusqu’en 2022, le programme de 7 milliards d’euros avance dans les temps.

Les frégates FREMM sur de bons rails chez DCNS © DCNS

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Jour de fête jeudi 8 octobre aux chantiers DCNS de Lorient. Pas de baptême au programme, simplement la découpe de la première tôle de la deuxième frégate multimission (FREMM) à destination de la Marine Nationale, baptisée Normandie. Le groupe public de construction navale militaire sort pourtant l’artillerie lourde pour recevoir en grande pompe ses hôtes, au premier rang desquels le ministre de la Défense, Hervé Morin. En effet, le Normand fait escale en terre bretonne pour claironner une bonne nouvelle : trois FREMM de plus dans l’escarcelle de DCNS, autrement dit un carnet de commandes gonflant de quelque 1,5 milliard d’euros.

Un programme de 7 milliards d’euros. Outre les trois navires, deux frégates anti-aériennes (version Freda) et une anti-sous-marine (version ASM, comme les huit premières commandes), l’avenant au contrat de 2005 comprend des évolutions capacitaires pour l’ensemble des FREMM tricolores, le rythme de livraison établi à tous les 10 mois, ainsi que le maintien en condition opérationnelle dans les premières années de service. Le programme, dont le calendrier est respecté, compte désormais onze unités, contre 18 dans la cible initiale – impact du livre blanc de la Défense oblige. Soit une facture, comprenant les coûts de développement et d’acquisition des onze navires (plus les rechanges), de 7 milliards d’euros, dixit Hervé Morin. Les livraisons s’échelonneront de novembre 2012 (pour le premier exemplaire, Aquitaine) à 2022 (pour le dernier). De son côté, la frégate Normandie doit entrer en service mi-2014.

Un programme de 50 millions d’heures de travail. Point de vue emploi, de 2006 à 2022, les FREMM (11 françaises et 1 marocaine) représentent 50 millions d’heures de travail pour DCNS et ses sous-traitants, qui assurent la moitié de la production. A cet égard, le groupe dirigé par Patrick Boissier se plaît à comparer la fabrication d’une frégate à la construction de deux viaducs de Millau. Avec des PME comme Timolor, CMM, ADES Technologies, Navtis, SCAMO, la Bretagne est la première bénéficiaire. Les entreprises normandes sont aussi sollicitées, notamment Lalou-Dil, Snori, CMO ou encore Brix usinage.
Une FREMM embarque également le radar, les sonars et le système de communication de Thales, le système de guerre électronique de Sigen, la conduite de tir optronique de Sagem, les missiles Aster, MdCn et MM40 de MBDA, les tubes lance-torpilles d’Eurotorp et le canon 76 mm d’Oto Melara.
Côté DCNS, la plupart des sites du groupe sont concernés : Lorient en tant que maître d’œuvre, Toulon pour les systèmes de combat, Nantes Indret pour la propulsion, Ruelle Angoulême pour le équipements navals et Saint-Tropez pour les torpilles MU 90. Depuis la deuxième frégate, Lorient, où de gros investissements ont été réalisés (notamment dans un outil de découpe plasma), fabrique l’arrière du navire et achève l’armement. Brest produit la partie avant, de même que Cherbourg à l’avenir « sous réserve de compétitivité ».

Un programme franco-italien. Plus gros programme européen en matière de naval militaire – il faut dire qu’il n’y en a pas pléthore –, les frégates FREMM associent la France (à travers la DGA) et l’Italie (Navarm), qui a commandé 6 unités sur une cible de 10.
Au tournant des années 2000, les deux pays développent des projets concomitants d’un grand nombre de frégates destinées à remplacer des navires qui arriveront en fin de vie à l’horizon 2020 (pour la Marine française : Cassard et Jean-Bart de type F70 AA, Tourville de type 67 et Georges Leygues de type F70 ASM). A la différence des Allemands et Britanniques, besoins et calendriers franco-italiens sont communs. Rome et Paris signent un accord de coopération en juin 2003, puis un accord cadre en novembre 2005. Les FREMM sont alors confiées à l’échelle européenne de l’Occar (Organisation conjointe de coopération en matière d’armement).
Le marché est attribué à DCNS et Orizzonte Sistemi Navali, coentreprise entre Fincantieri et Finmeccanica, qui collaborent sur la définition des navires, le développement et les achats d’équipements. En revanche, les frégates hexagonales sont exclusivement fabriquées par DCNS, les transalpines uniquement construites par Orizzonte. Pas non plus de collaboration en matière d’export. Premier (et unique à ce jour) client, le Maroc a commandé une frégate anti-sous-marine à DCNS, Orizzonte n’y est pas associé. Pour DCNS, la Grèce constitue le prospect le plus chaud avec 6 FREMM dans le viseur. Des discussions sont en cours avec l’Arabie Saoudite, le Brésil et l’Algérie.
 

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