Economie

Les Français prêts à payer plus cher les médicaments Made in France

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

Exclusif Fabrication européenne, accès à l’innovation, automédication... Selon un sondage du G5 Santé-TNS Sofres, dévoilé en exclusivité par L’Usine Nouvelle, les mesures décidées dans le cadre du contrat de filière santé sont jugées importantes. A l’heure où le gouvernement demande, dans son PLFSS 2014, à nouveau à cette industrie de réaliser des économies...

Les Français prêts à payer plus cher les médicaments Made in France © Bernard Martinez

C’est un sondage qui tombe à pic, alors que le gouvernement a dévoilé ce jeudi 26 septembre le nouveau budget de financement de la Sécurité Sociale (PLFSS), qui met - encore- largement la pharmacie à contribution... Réalisé en ligne auprès de 1000 personnes par TNS Sofres, mi-septembre, pour le G5 Santé (le cercle de réflexion des industries de santé française) ce sondage porte sur "La perception du médicament et des enjeux de santé". L’occasion pour le G5 Santé de voir si les mesures décidées dans le cadre du contrat de filière santé (favoriser la fabrication en France et en Europe, faciliter l’accès aux innovations et encourager le développement de l’automédication) sont appréciées par les Français.

Le lieu de fabrication importe plus que le laboratoire

La réponse est oui. Car selon le sondage, le lieu de fabrication intervient en troisième position des vecteurs de confiance dans les médicaments, après la prescription par le médecin et le conseil du pharmacien. Etonnamment, le nom de l’entreprise qui les fabriquent n’est important que pour 54% des sondés. Et lorsqu’on leur précise que certains principes actifs sont fabriqués dans des pays émergents (il aurait été intéressant de savoir si les sondés en étaient déjà conscients... dommage), 89% des répondants se montrent favorables à la relocalisation en France ou en Europe, même si cela devait rendre les médicaments un peu plus chers. Sans doute parce que ce ne sont généralement pas eux qui les payent...

La page Mediatoir tournée

Pour les sondés, l’industrie de la santé doit être considérée comme une priorité stratégique, en particulier pour la découverte d’innovations thérapeutiques, le maintien de l’emploi et l’indépendance sanitaire de la France. Et comment sont perçues les entreprises suite aux récents scandales sanitaires (Mediator, pilules de troisième génération...) ? "L’image qui nous est globalement renvoyée est très positive, se félicite Marc de Garidel, le dirigeant du G5. Le Premier ministre a eu raison de nous dire que la page du Médiator était tournée. Une fois l’emballement médiatique terminé, près de 80 % des Français pensent que nos entreprises sont à la pointe de la recherche et attentives à la sécurité des produits qu’elles fabriquent."

L’industrie de la santé peut encore améliorer son image sur quelques plans. Car seuls 64% des sondés estiment qu’elle est attentive aux besoins de la population ou contribue beaucoup à l’emploi, et 67% qu’elle produit dans des conditions respectueuses de l’environnement. "L’intérêt de ce sondage est de bien montrer nos forces et nos faiblesses : c’est un peu comme un juge de paix", estime Marc de Garidel.

L’automédication bien acceptée

Sur la question de l’accès à l’innovation en France par rapport aux autres pays développés, les sondés ont plus de mal à se prononcer. 58% d’entre eux estiment que la France prend le temps qu’il faut avant de mettre les innovations médicales à disposition des patients et des professionnels de santé. Mais "seuls 31% des Français pensent qu’on a accès aux innovations médicales en France aussi bien qu’ailleurs", précise Marc de Garidel. Un chiffre dont va s’emparer l’industrie, selon laquelle les délais administratifs français seraient beaucoup plus longs que dans les autres pays européens et très pénalisants pour l’accès à l’innovation.

Enfin, le développement de l’automédication (les médicaments sans ordonnance), que l’industrie appelle de ses vœux, semble bien accepté. Près des trois quarts des sondés ont déjà acheté des médicaments en pharmacie, sans passer par leur médecin. Et 64% sont favorables à davantage laisser acheter les médicaments directement en pharmacie pour les petites maladies courantes. Conséquence, pour Marc de Garidel ? "Nous demandons donc très solennellement au Gouvernement de tenir compte dans le PLFSS qui va être bientôt transmis au Parlement de pistes d’économies plus intelligentes que les baisses de prix arbitraires, en misant sur le développement de l’automédication pour préserver la production et l’emploi en France. C’est très clairement ce que souhaitent les Français."

Gaëlle Fleitour

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