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Les Français intéressés par le Made in France... mais pas à n'importe quel prix

Sybille Aoudjhane

Publié le

Made in France Considérée comme un gage de qualité et de respect de l'environnement, la consommation locale est appréciée des consommateurs. Mais elle a un coût. Une étude de l'Observatoire Cetelem analyse la volonté des Français à acheter responsable et leurs difficultés à y mettre les moyens. 

Les Français intéressés par le Made in France... mais pas à n'importe quel prix
97 % des consommateurs français considèrent que la consommation locale est prioritaire ou importante.
© CC Pxhere

"Nous nous sommes concentrés sur la consommation locale car la mondialisation ainsi que le e-commerce inquiètent ",  explique Jean-Marie Bellafiore, directeur général délégué de BNP Paribas personal finance. L’Observatoire Cetelem, une structure d’étude du groupe, réalise une nouvelle édition de son étude sur les tendances de consommation*. Cette année, le local est au cœur des considérations. Consommer local, dans l’idée oui... mais payer plus cher fait encore grincer des dents, démontre l’étude.

"Nous sommes sur une tendance de consommation plus responsable", analyse Flavien Neuvy, directeur de l’Observatoire. De manière très nette, l’étude montre que 97 % des consommateurs français considèrent que la consommation locale est prioritaire ou importante. Selon les sondés, il s'agit de favoriser à la fois l’économie et la qualité mais aussi le lien social. Cette consommation cible surtout les produits alimentaires (83 %) et dans une moindre mesure les produits de beauté et hygiène (61 %) et l’automobile (50 %). Plus qu’ailleurs, le Français considère comme "locale" une consommation régionale et de proximité immédiate, à la différence de certains pays plus petits qui attachent au local une dimension nationale.

Payer entre 5 et 10 % plus cher

Mais derrière ces intentions, les actes ne suivent pas forcément. Les deux critères majeurs d’achat demeurent le prix et la qualité ; le lieu de production n’apparaît que plus loin dans les critères de choix (25 %). Si les consommateurs sont disposés à payer plus cher un produit local, la plupart (58 %) seraient prêts à payer entre 5 et 10 % plus cher, pas plus. Ces chiffres sont à mettre en parallèle avec le ressenti général des Français sur leur pouvoir d’achat : 59 % d’entre eux considèrent que leur pouvoir d’achat a baissé, soit 11 points de plus que dans l'étude 2018. Un ressenti qui ne favorise pas la consommation de produits même un peu plus chers.

Ce ressenti va pourtant à l’encontre des statistiques, comme le précise l’étude. Le pouvoir d’achat devrait avoir progressé de 1,4 point en 2018 selon l’Insee. Le ressenti français est particulièrement négatif par rapport à celui des Européens. En effet, à l'échelle de l'Union européenne, une personne sur deux estime que son pouvoir d’achat est resté stable.

Pas assez d'offre sur l'ensemble de la production locale

"Le premier frein est l’offre produit qui est trop restreinte ou pas assez visible", précise Flavien Neuvy de l'Observatoire Cetelem. Si l’offre est considérée comme assez large dans le secteur agroalimentaire, les consommateurs peinent à consommer local dans les autres secteurs comme le mobilier, l’hygiène, le textile ou encore la technologie. Ce sont surtout les petits commerces qui sont mobilisés pour défendre la production locale : 42 et 44 % des sondés européens trouvent que l’Union européenne et les gouvernements n’en font pas assez pour favoriser ce mode de consommation.

Les labels sont considérés comme une garantie de traçabilité. Même s'il en existe déjà, il serait souhaitable pour 74 % des interrogés qu’un label européen soit créé pour certains produits. "Il y a une attente forte de la part des consommateurs d’être accompagnés de manière éclairée et un sentiment que l’Union européenne n’est pas assez lisible alors qu’elle a instauré des normes très strictes", indique Flavien Neuvy. Et d’ajouter : "il y a un véritable travail pédagogique à faire".

 

* L'étude a été réalisée dans 17 pays européens du 27 novembre 2018 au 10 décembre 2018 auprès d’un échantillon de 13 800 individus âgés de 18 à 75 ans. Ces individus sont issus d’un échantillon national représentatif de chaque pays.

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