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L'Usine Santé

Les Français frileux face à la santé numérique

Coralie Lemke , , ,

Publié le

La santé connectée cherche encore l'approbation des Français. Une étude d'OpinionWay illustre le manque de confiance et d'intérêt pour ces nouveaux dispositifs.

Les Français frileux face à la santé numérique
Les Français sont plutôt réticents à utiliser la télémédecine.
© Pixabay

Objets connectés, télémédecine, données de santé… Les Français sont loin d’avoir intégré la santé connectée à leur quotidien. C’est ce qui ressort de l’étude "Les Français et la santé" publiée aujourd’hui par OpinionWay avec le cabinet Deloitte.

"Parmi les enjeux que doit relever le système de santé, les maladies chroniques, la formation des professionnels ou l’organisation des soins sont toutes citées à plus de 80% comme une orientation prioritaire du gouvernement", explique Michel Sebbane, responsable de la santé publique chez Deloitte. Le virage numérique n’est important qu'aux yeux de 58% des sondés. "C’est le seul qui se détache dans l’opinion."

La télémédecine, pourtant poussée par le gouvernement, n’a que peu de succès auprès de l’opinion publique. Seuls 29% des Français se disent prêts à l’utiliser. "C’est pourtant un moyen de désengorger les urgences et de pallier aux problèmes de l’accessibilité géographique aux soins."

Les résultats montrent aussi une perte de confiance sur plusieurs plans, en particulier concernant les sites internet ou les forums dédiés à la santé. De 45% d’utilisation en 2016, ils ne sont plus qu’à 17% en 2017. "On constate qu’une défiance s’est installée. Ces sites doivent aujourd’hui se poser la question de la viabilité de leur modèle", explique Michel Sebbane.

Les objets connectés, de simples gadgets

Les objets connectés accusent également un recul, passant de 19% à 12%. "Ils sont plutôt considérés comme des gadgets et ne servent globalement que pour les activités sportives." Conséquence directe, les appareils électroniques, comme les tensiomètres ou les détecteurs de chute, n’apparaissent pas comme des outils pertinents en matière de prévention. 53% des Français ne cherchent pas à suivre cette mesure de prévention. En comparaison, ils ne sont que 13% à ne pas chercher à se faire vacciner, ce qui montre la faible adhésion pour ces objets.

Les sites de prise de rendez-vous en ligne sont les seuls outils en progression et sont maintenant utilisés par un tiers des Français (32%, contre 28% en 2016). "On constate que c’est une habitude qui s’est vraiment installée."

Le médecin, un interlocuteur privilégié

Plusieurs freins expliquent cette frilosité, avec en première position, la diminution d’interactions humaines (43%). "Parler à son médecin sur Skype, c’est oui. Mais se faire examiner par un robot, c’est non", résume Michel Sebbane. Ajouté à cela, les craintes quant à la confidentialité des données personnelles restent fortes (38%). "Et pourtant, cette étude a été réalisée avant la récente affaire Facebook."

C’est pourquoi le médecin traitant reste imbattablement la personne à laquelle les Français consentent à communiquer leurs données personnelles. Il est plebiscité à 90%, loin devant le pharmacien (68%). "Les GAFAM, eux, restent loin derrière, à 11%." Ces nouveaux acteurs, comme Google, Apple, ou IBM n’ont pas la cote. 3% des sondés disent leur faire totalement confiance. A l’inverse, les Français sont 24% à ne pas leur faire confiance du tout.

"Leur crainte majeure: que les données personnelles liées à la santé ne soient pas utilisées dans le cadre de la prévention mais à des fins mercantiles", analyse Thomas Croisier, associé chez Deloitte. Une tendance qui pourrait évoluer au fil des mois, après l’entrée en vigueur du Règlement général sur la protection des données (RGPD) le 25 mai prochain, auquel toutes ces entreprises devront se plier.

 

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