Les fournisseurs des laboratoires font grise mine

Le Forum Labo Biotech se tient du 4 au 7 juin 2013 à Paris. Les fournisseurs d’équipements de laboratoires s’attendent à une récession de leur marché, plombé par les baisses de budget du secteur académique et de la pharmacie. Même si d’autres clients industriels prennent le relais.

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Les fournisseurs des laboratoires font grise mine

Leur salon annuel, le Forum Labo Biotech, se tient du 4 au 7 juin 2013 à Paris. Mais L’heure est morose pour les fournisseurs de laboratoires, ces entreprises qui fournissent des équipements de recherche, analyse ou contrôle pour les laboratoires de R&D de grands groupes, comme Sanofi, ou de sous-traitants, comme Eurofins. Leur marché, qui représente 1,8 milliard d’euros en France, devrait connaître une récession d’environ 0,8 % par an durant les deux années à venir, selon une étude menée par le CIFL (le Comité Interprofessionnel des Fournisseurs du Laboratoire, organisateur du salon) et le cabinet Alcimed.

Impacté par la restructuration de la R&D chez Sanofi

Si ce ralentissement est commun à l’ensemble de l’Europe (l’Europe du Sud étant même largement plus touchée), certaines spécificités françaises persistent. "Notre secteur est beaucoup porté par la recherche académique. Dès qu’elle tousse un peu, c’est toute la profession qui s’enrhume", confie Christiane Turci, la déléguée générale du CIFL. Les réductions de budget dans la recherche académique et l’industrie pharmaceutique, qui représentent à eux seuls près de 60 % de l’activité des fournisseurs de laboratoire, sont donc particulièrement douloureuses. En particulier la restructuration de la R&D au sein du groupe pharmaceutique Sanofi. "Sanofi a réduit ses achats en laboratoires de près de 20% en 2012 et va continuer en 2013 : cela représente une perte d’activité de 4 à 5% par an pour notre segment pharmaceutique, Sanofi étant notre 1er client dans cette industrie", s’inquiète Christiane Turci.

La crise de la viande de cheval positive pour le secteur

D’autres secteurs d’activité, heureusement, prennent le relais. Face à l’évolution de la règlementation et des normes, ils sont contraints d’augmenter leurs investissements en R&D et en contrôles. Comme l’industrie l’agro-alimentaire (11% du marché des achats de laboratoire), traumatisée par la récente affaire de la viande de cheval. Ses commandes devraient croître de 3% en 2013. Tandis que celles du secteur de l’environnement (6% du marché) devraient progresser de 2% par an, pour répondre aux règlementations accrues sur la détection des polluants de l’eau, des sols et de l’air.

L’industrie cosmétique, un client en croissance

Quant à l’industrie cosmétique, c’est la concurrence exacerbée qui la pousse à maintenir un niveau de recherche important. Car la France veut maintenir son premier rang mondial. "Et les tests sur animaux, désormais interdits en Europe, vont être remplacés par des tests utilisant notamment des peaux reconstituées, qui vont engendrer de nouvelles recherches", anticipe Christiane Turci. "Si les centres de recherche de L’Oréal, LVMH et Yves Rocher sont les trois plus grands, les parfumeurs et les membres de la Cosmetic Valley ont aussi des unités de contrôle et d’analyse dans leurs unités de production: cette multitude de clients participe au dynamisme de cette industrie et de nos offres." Alors que la cosmétique ne représente encore que 6% du marché du laboratoire, ses achats devraient donc progresser de 3% cette année.

De leur côté, les fournisseurs de laboratoires devront, eux aussi, innover, pour répondre aux attentes de leurs clients. Des clients désireux d’améliorer leur productivité et leur rentabilité, en utilisant des appareils fonctionnant avec moins de réactifs et plus automatisés, afin d’épargner des manipulations chronophages au personnel. La miniaturisation devrait aussi être à l’honneur, afin d’avoir des produits transportables sur tout type de site, et encore plus pointus, grâce à des seuils de détection plus faibles.

Gaëlle Fleitour

Recherche fabricants français désespérément

Avec ses 170 adhérents, représentant 10 000 salariés, le Comité Interprofessionnel des Fournisseurs du Laboratoire représente 90% de la profession. 50% sont des TPE. Mais, tendance inquiétant, seulement 5 à 10% des fournisseurs de laboratoire sont des fabricants français. Les filiales de société étrangères (comme les américains PerkinElmer ou Beckman Coulter) sont désormais majoritaires. Tandis que les 35% restants sont des distributeurs, qui revendent sur le territoire français des consommables, etc.

 

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