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L'Usine Aéro

Les finances dans le vert, Latécoère veut moderniser son outil industriel

Olivier James , ,

Publié le

Avec une situation financière assainie, les dirigeants de Latécoère se tournent vers la transformation industrielle du groupe. Les difficultés de certains programmes et les exigences des avionneurs rendent la partie plus difficile.

Les finances dans le vert, Latécoère veut moderniser son outil industriel © D.R.

"Nous avons mis le sujet financier derrière nous de manière définitive". Ce sont par ces mots que Frédéric Michelland, le directeur général de Latécoère, a conclu la présentation des résultats financiers du groupe pour 2015, mardi 8 mars. Une phrase qui sonne comme un soulagement : englué plusieurs années par une dette abyssale, l’équipementier aéronautique semble bien avoir tourné la page et se concentre sur un objectif : retrouver un nouvel élan industriel. En 2016, Latécoère devrait enfin retrouver des marges de manœuvre pour se développer.

A la faveur avant tout d’une augmentation de capital de 280 millions d’euros, la dette nette de Latécoère est passée de 310 millions d’euros en 2014 à 64 millions d’euros en 2015. Mais la renaissance du groupe se heurte à une conjoncture plus difficile que le secteur aéronautique et ses entreprises phares – croulants sous le poids de leurs propres carnets de commandes – ne veulent bien le laisser voir. A peine le groupe retrouve-t-il un peu d’air, comme le prouve le retour aux bénéfices (2,4 millions d’euros en 2015), que son chiffre d’affaires montre des "signes d’essoufflement". Il n’a connu qu’une hausse faible de 1,1%, à 712,4 millions d’euros.

Des cadences de production à la baisse

Raisons invoquées : aux baisses de cadences de production de l’Airbus A330, de l’A380, de l’A440M, du Falcon 7X de Dassault Aviation, s’ajoute une pression accrue de la part des avionneurs sur les coûts en raison de leur recherche de rentabilité et de mise en concurrence des fournisseurs. Quel est le niveau de l’effort demandé par Airbus ? "Trop", répondent en cœur Frédéric Michelland et Pierre Gadonneix, le président du conseil d'administration de Latécoère. Le groupe peut en revanche s’appuyer sur le programme A320 qui maintient à flot une bonne partie de son activité.

Un contexte qui pousse davantage encore le groupe à miser sur son redéploiement industriel tous azimuts, dont certains contours seront dévoilés au cours de l'année. La création d’une usine au Maroc en décembre 2015, dédiée au câblage et à la structure de meubles avioniques pour les A350 et les A320, s’insère dans cette logique. Elle devrait embaucher 150 personnes en fin d’année 2016 puis 400 personnes à l’horizon 2019. "Nous devons entres autres simplifier notre schéma industriel afin de réduire les flux logistiques", détaille Frédéric Michelland. Exemple concret de cette stratégie : pour fournir en pièces l’usine du groupe au Mexique, inaugurée en 2014, tout un écosystème local pourrait voir le jour via l’arrivée de PME.

Vigilance sur les transferts de production

Une internationalisation qui ne se fait pas sans heurts. Les dirigeants admettent en la matière avoir "peut-être été trop ambitieux". Le groupe a été confronté à des "problèmes d’industrialisation" plus importants qu’attendus, en particulier au Mexique. Mais ces sites "best cost" devraient bien voir leur autonomie s’accroître dans les prochaines années.

Les dirigeants de Latécoère souhaitent leur offrir des productions à plus haute valeur ajoutée. A l’heure actuelle, la moitié des 5000 collaborateurs du groupe travaillent dans des sites hors France. Une part qui pourrait augmenter dans les prochaines années…

"Nous allons également procéder à la réinternalisation de certaines pièces usinées critiques afin de réintégrer une partie de la valeur ajoutée de nos produits", argue Frédéric Michelland. Avec un outil industriel qui a environ huit ans d’âge, Latécoère compte vite se remettre à niveau. "Un équipement neuf peut par exemple offrir une rentabilité accrue de 30% en comparaison avec un équipement ancien de deux ans seulement", témoigne Frédéric Michelland. L’enveloppe allouée pour la modernisation de l’outil industriel et le maintenir à niveau pourrait atteindre les 20 millions d’euros à termes. Sans donner plus de détails, des efforts seront effectués en matière de méthodes de "lean management".

le groupe lorgne sur le spatial

Désendetté, Latécoère compte aussi refaire la part belle à l’innovation, via notamment des projets menés dans le cadre du Conseil pour la recherche aéronautique civile (Corac). Le groupe va d'ailleurs créer une direction innovation pour renforcer la différenciation de son offre. Des exemples ? Le groupe développe notamment des prototypes de pièces produites via des technologies d’impression 3D pour l’A320 et le Boeing 787. "Nous nous intéressons également à de nouvelles techniques d’assemblage qui permettrait de se passer du rivetage, explique Frédéric Michelland. Nous allons pouvoir remettre la R&T au centre de nos préoccupations".

Plus surprenant : tout à sa volonté d’aller chercher de la croissance là où elle se trouve, Latécoère compte passer à l’offensive dans le secteur spatial. "Il offre des relais de croissance intéressant par rapport à l’aéronautique et commence à avoir une meilleure visibilité", assure Frédéric Michelland. Deux branches de Latécoère pourraient en bénéficier : Latelec qui livre des câblages pour les satellites et les lanceurs, et Latécoère Services qui conçoit des structures pour les satellites et des outils pour les lignes d’assemblage. Chacune de ces activités génère 3 millions de d’euros pour le spatial. Le groupe pourrait sur la durée de grands contrats, comme ceux liés à Ariane 6 et OneWeb, générer 20 millions d’euros grâce au spatial. Visiblement, Latécoère cherche à prendre de la hauteur.

Olivier James

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