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L'Usine Matières premières

Les filières agricole et agroalimentaire à l'épreuve du "mieux consommer"

Franck Stassi , , ,

Publié le

Les consommateurs déclarent rechercher des produits à la fois plus sains et plus rémunérateurs pour les producteurs, sans être pour autant prêts à y mettre le prix, ou le temps de préparation. Les relations entre agriculteurs, producteurs et distributeurs pâtissent de cette attitude paradoxale.

Alors que le temps quotidien consacré à la préparation de la cuisine a diminué de 25% entre 1986 et 2010, les Français souhaitent manger plus sain, à partir d’ingrédients produits localement… sans forcément en assumer le prix ou y passer le temps nécessaire. Selon un récent sondage Ipsos, le premier frein qui empêche les Français de cuisiner plus est le manque de temps (60%), loin devant le prix (33%).

"Il y a une partie de la population qui est dans l’envie de transparence et de confiance, qui aspire à davantage de traçabilité et de compréhension de ce qu’elle mange. Par opposition, nous sommes également en présence de consommateurs qui cèdent aux effets de mode : au lieu de rechercher une meilleure boulangerie ou de meilleurs aliments, ils tendent vers le 'sans' et cessent de consommer du gluten ou des produits laitiers", explique la dieteticienne Ariane Grumbach. Invitée de la conférence "Food Morning" organisée par CB News et l’agence media Densu Aegis Network, mardi 12 avril, elle réaffirme aussi que la cuisine est une affaire de temps.

La qualité, une notion subjective

Dans ce concert d’attitudes divergentes, les agriculteurs, les industriels et les distributeurs doivent pourtant accorder leurs partitions. Ce que Jean-Philippe Girard, de l'Ania, résume par "le consommateur n'attend pas un prix bas, il attend un prix juste". "Lorsque vous vendez vos produits au marché, les consommateurs plébiscitent l’absence d’intermédiaires mais s’en remettent à une qualité donnée. En grande distribution, la notion de qualité devient celle de pouvoir livrer à un rythme donné des produits réguliers. Lorsque vous vendez votre production en direct, la qualité devient celle du client", constate Thomas Merle, vigneron-récoltant à Hyères (Var), qui commercialise lui-même la quasi-totalité de sa production."On a longtemps dit aux agriculteurs de produire plus ; maintenant, on s’intéresse davantage au goût !", complète-t-il.

Fabrice Caro, administrateur au siège national du syndicat des Jeunes agriculteurs et éleveurs de bovins, compte parvenir à réconcilier ces deux notions : "il faut apporter une qualité sanitaire, environnementale et sociale à travers la rémunération des producteurs. Nous sommes dans un pays où il y a beaucoup de bashing autour des industriels, mais peut-être n’avons-nous pas assez communiqué. Même si nos volailles consomment des antibiotiques, elles sont bonnes ! Certes, la volaille de Bresse a plus de goût que d’autres, mais tous les poulets ne sont pas forcément destinés à être rôtis." Et d'évoquer les "plats préparés, nuggets, fast food, etc."

Le bio n'est plus un épiphénomène

Le bio constitue la tendance la plus représentative de cette double demande de qualité et de quantité. En France, ce marché a progressé en 2015 de 10%, à 5,5 milliards d’euros. 65% des consommateurs déclarent acheter au moins une fois par mois un produit biologique, contre 37% en 2003. "On a dépassé le cercle du militantisme pour aller vers une tendance de fond du 'manger mieux' ", explique le directeur général de Naturalia, Franck Poncet. Cette enseigne de distribution bio, filiale de Monoprix, a vu son chiffre d’affaires s’accroître de 17% en 2015. "Les clients bio consomment davantage de céréales et de légumineuses, car ils cuisinent beaucoup plus, à l’encontre des tendances globales. Leur consommation de lait de vache est plus faible, mais compensée par les laits de brebis ou de chèvre". Le premier déclencheur d'achats bio est souvent "l’arrivée du premier enfant", constate-t-il.

Les relations inter-filières en question

Avec un panier moyen bien plus élevé, la gamme tarifaire des réseaux spécialisés dénote toutefois de celle des réseaux classiques en grande distribution. "On sort de la guerre des prix !", se satisfait Franck Poncet. Les grandes et moyennes surfaces ont néanmoins un rôle à jouer dans cette quête du "consommer mieux" et d’achats vertueux pour les producteurs, estime Serge Papin, le président directeur général de la coopérative Système U. Pour cela, "il faut favoriser la réconciliation dans les filières. Lorsque nous communiquons, sur nos propres produits, nous mettons systématiquement en avant le concept de 'valeur sociétale ajoutée', c’est-à-dire une relation contractuelle entre les producteurs, les transformateurs et le distributeur", indique-t-il.

Si ce réchauffement des relations entre les différents acteurs de la filière est plébiscité par les différents intervenants, force est de constater que la question des marges les refroidit périodiquement. Ainsi, la dernière édition du rapport de l’Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires met en exergue une baisse des prix agricoles à la production, mais une quasi-stabilité (moins de 0,5% de hausse) des prix à la consommation alimentaire.

Franck Stassi

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