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"Les femmes ne cirent pas les pompes"

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Enquête Stéphane Richard, le PDG d’Orange, nous explique la politique de promotion de l’égalité homme-femme de son groupe et l’intérêt qu’il y trouve.

Les femmes ne cirent pas les pompes
Stéphane Richard

Les entreprises citées

En 2012, vous avez recruté 33% de femmes. Faut-il dire "seulement" 33% ?

Nous avons une proportion de femmes dans le groupe de 36,4%. Un peu moins dans l’encadrement, un peu plus dans les filières non techniques. Nous rencontrons, comme d’autres entreprises industrielles, le problème de l’orientation des filles. Comment interpréter ce 33% ? Pour moi, c’est un minimum pour atteindre les objectifs de parité, en particulier sur les postes de dirigeants du groupe.

 En 2012, vous avez recruté 33% de femmes. Faut-il dire "seulement" 33% ? 

Au comité exécutif, nous avons 25% de femmes. On retrouve cette même proportion sur les 280 dirigeants et les 1 200 leaders. Cela risque d’être un peu difficile de parvenir à 35% en 2015, mais nous maintenons l’objectif car la logique à long terme c’est d’arriver à 50%.

Je prends le pari que, dans les cinq ans, il y a aura au moins une femme à la tête d’une entreprise du CAC 40. Peut-être plusieurs.

 En 2012, vous avez recruté 33% de femmes. Faut-il dire "seulement" 33% ? 

Nous progressons. Quand je suis arrivé, il n’y avait qu’une seule femme au comité exécutif, mais plus on descend dans la hiérarchie plus c’est difficile, car il faut mobiliser toute une mécanique pour les identifier et les faire évoluer en équité de compétition avec les hommes. Nous avons ainsi décidé de mettre dans nos "talents pools", les réservoirs de talents, un minimum de 50% de femmes.

 En 2012, vous avez recruté 33% de femmes. Faut-il dire "seulement" 33% ? 

Oui, cela arrive d’entendre des plaisanteries un peu amères de la part d’hommes entre 35 et 40 ans qui se disent : "Moi, ma carrière sera plus compliquée, car je ne suis pas une femme." Ce n’est pas totalement faux d’ailleurs : le déroulement de la carrière d’un homme est moins fluide et évident dans notre groupe par rapport à celui de la génération précédente, et pour une femme c’est l’inverse. Elle a plus de chance d’être choisie pour un poste important. Je reconnais que cela entre en ligne de compte dans mes considérations personnelles, sans aller jusqu’à nommer une femme incompétente, même si ce serait le signe d’une véritable égalité selon Françoise Giroud.

 En 2012, vous avez recruté 33% de  femmes. Faut-il dire "seulement" 33% ? 

Oui, avec la réserve que, dans les écoles d’ingénieurs et plus largement dans les filières techniques, nous trouvons moins de femmes. Donc nous essayons de travailler très en amont pour que le pourcentage de filles dans ces filières augmente. Cela va prendre du temps. J’ai créé l’an dernier, avec d’autres grandes entreprises, une association, Capital Filles, pour accompagner des jeunes filles à potentiel repérées par les établissements scolaires en zones sensibles vers des études supérieures dans les filières techniques. Cela démarre très bien, en particulier parce que les six entreprises associées possèdent un bon maillage territorial.

En 2012, vous avez recruté 33% de femmes. Faut-il dire "seulement" 33% ?

Des mesures qui s’imposent à tous sont parfois nécessaires. Par exemple, dans les conseils d’administration, si nous n’avions pas eu cette règle, cela aurait pris vingt ans de plus. C’est comme la parité en politique. Je ne suis pas naïf là-dessus. On n’a rien trouvé de mieux que les quotas pour faire bouger les lignes rapidement. Et les femmes qui sont entrées dans les conseils d’administration remplissent très bien leur mission, largement aussi bien que les hommes.

O n n’a rien trouvé de mieux que les quotas pour faire bouger les lignes rapidement.

En 2012, vous avez recruté 33% de femmes. Faut-il dire "seulement" 33% ?

Cela a obligé à chercher des femmes qui n’étaient pas elles-mêmes des dirigeantes. Elles sont hypermotivées, y consacrent souvent plus de temps, plus d’énergie que les administrateurs. Les deux dernières que nous avons intégrées chez Orange sont Muriel Pénicaud, la DRH de Danone, et Helle Kristoffersen, la directrice de la stratégie de Total.

En 2012, vous avez recruté 33% de femmes. Faut-il dire "seulement" 33% ?

Leur personnalité et leur expérience. Muriel Pénicaud a une solide expérience dans les ressources humaines et Helle Kristoffersen connaît bien notre secteur. Ces administratrices sont exigeantes. Pas du genre à cirer les pompes en trouvant que tout ce que fait le président est formidable. Les femmes ne sont pas complaisantes dans ce genre de cénacle.

En 2012, vous avez recruté 33% de femmes. Faut-il dire "seulement" 33% ?

Notre but, c’est d’abord d’accéder aux meilleurs talents sans distinction de genre. Et il n’y a pas de biais biologique sur la performance des femmes dans les maths ou la techno. Après, il y a une logique RH. Des équipes équilibrées fonctionnent mieux. En arrivant dans le groupe en 2009, il m’est arrivé sur certains sites de me retrouver face à 30 ou 40 hommes, en général entre 57 et 60 ans. Gérer ce type de collectif est très compliqué. Ensuite, il faut une correspondance entre l’entreprise et ses publics. Nous n’allons pas servir 231 millions de clients avec 90% d’hommes. Au-delà des objectifs financiers, il n’est pas interdit pour des dirigeants d’avoir aussi un ou deux autres objectifs plus sociétaux ou personnels.

En 2012, vous avez recruté 33% de femmes. Faut-il dire "seulement" 33% ?

Cela montre surtout que la high-tech n’est pas l’industrie lourde car, dans l’auto ou la chimie, le constat n’est pas le même. Chez Orange, nous comptons plus de femmes que d’autres groupes industriels. Il y a une cohérence entre ce qu’on voit aux États-Unis et chez nous. Le prochain CEO d’Orange sera peut-être une femme.

En 2012, vous avez recruté 33% de femmes. Faut-il dire "seulement" 33% ?

Cela ne me déplairait pas. Et c’est tout à fait imaginable même si ce n’est pas de mon ressort. Je prends le pari que, dans les cinq ans, il y a aura au moins une femme à la tête d’une entreprise du CAC 40. Peut-être plusieurs. 

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