Les fabricants de ciment défendent le "Made in France"

"Même le ciment se délocalise !" titrait en mars 2010 L’Usine Nouvelle qui racontait comment l’industrie cimentière subissait une forme de délocalisation de la production de ciment. Par la voie du syndicat français de l'industrie cimentière (Sfic), le débat est en train de prendre de l’ampleur.

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Les fabricants de ciment défendent le

L’intervention tombe à point nommé. En plein débat sur le "Made in France", les cimentiers présents sur le sol français viennent de faire connaître leurs inquiétudes quant à une concurrence qu’ils jugent déloyale. Et ils viennent aussi de demander au gouvernement d’appliquer des "lois anti-dumping" aux importations de clinker, le matériau de base dans la production de ciment issu du mélange à hautes températures de calcaire et de silice.

"Nous sommes confrontés à des distorsions fortes de compétitivité générées par l'introduction sur le marché européen de clinkers et de ciments produits dans des pays soumis à des réglementations sociales et environnementales plus faibles", déclare Rachid Benyakhlef, président du syndicat français de l'industrie cimentière (Sfic).

Le principe de cette "délocalisation" ? Le clinker, dont la production émet de grandes quantités de gaz à effet de serre, est confectionné dans des pays non soumis aux réglementations environnementales en vigueur en Europe. Puis, acheminé par bateaux, ce clinker "low cost" pénètre le sol français via les ports où des stations de broyage s’appliquent à en faire du ciment, via l’ajout d’autres composants.

Résultat, le Sfic demande également "de repenser la politique portuaire en instaurant une obligation d'étude d'impact socio-économique préalable à la délivrance d'une autorisation d'occupation temporaire des ports". Mais si les cimentiers poussent des cris d’orfraies concernant cette menace provenant de sociétés telles que Kercim ou Ciments de Lacydon, leur attitude est pour autant loin d’être exemplaire.

Pour rappel, la Commission européenne a ouvert fin 2010 une procédure en matière d’entente contre plusieurs cimentiers soupçonnés d’avoir enfreint les règles de l’Union Européenne. La Commission prévoit notamment d’examiner "les restrictions à l’importation/exportation, le partage du marché et la coordination des prix dont feraient l'objet les marchés du ciment et des produits liés".

En France, le marché du ciment est caractérisé par un oligopole constitué de Lafarge, Ciments Calcia (filiale de Ciments Français, elle-même filiale de l’italien Italcementi), Holcim (groupe suisse) et du français Vicat. En 2007, l’autorité française de la concurrence a sanctionné des pratiques anticoncurrentielles sur ce marché.

Partager

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS