Les Européens tempèrent les attentes sur l'augmentation du FESF

MADRID/BRUXELLES (Reuters) - Les Européens ont tempéré mardi les attentes sur une nouvelle augmentation de la taille du Fonds européen de stabilité financière (FESF).

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Les responsables de l'Union européenne n'ont pas encore entamé de discussions formelles sur la manière de multiplier la capacité du FESF, a déclaré le porte-parole de la Commission européenne. "Il n'y a rien de formel à ce stade (...) aucun débat formel n'a été engagé à ce sujet", a-t-il dit.

La ministre autrichienne des Finances, Maria Fekter, a cependant indiqué que les responsables de la zone euro discuteraient lundi prochain de la nécessité ou non d'accroître les capacités d'intervention du Fonds.

Les ministres des Finances de la zone euro doivent se retrouver lundi soir pour une réunion de l'Eurogroupe, avant la tenue de l'EcoFin mensuel mardi.

La ministre espagnole de l'Economie, Elena Salgado, a de son côté démenti des rumeurs de marché sur un accroissement de la capacité du Fonds à 2.000 milliards d'euros, contre 440 milliards actuellement. Un projet à 2.000 milliards "n'est pas sur la table, et n'a pas été discuté", a-t-elle dit.

Ses propos ont pesé sur l'euro, qui est brièvement tombé jusqu'à 1,3478 dollar, avant de repartir à la hausse, autour de 1,3550 dollar vers 11h30 GMT.

"Salgado a douché à l'eau froide l'optimisme constaté dès le début de la matinée", commente Ian Stannard, directeur de la stratégie européenne de changes pour Morgan Stanley, soulignant la fragilité du rebond boursier.

Pour autant, les marchés d'actions européens consolidaient leurs gains en milieu de journée, avec une hausse de près de 4% pour le CAC 40 parisien et l'indice européen Stoxx50, dopés par les espoirs de prochaines mesures radicales pour endiguer la crise de la dette.

Les Etats-Unis pressent les 17 pays de la zone euro de réfléchir aux moyens du démultiplier le FESF afin de permettre à ce fonds d'avoir plus de capacités d'intervention sans que de l'argent frais y soit injecté.

Mais les pays de la zone disent vouloir faire ratifier l'élargissement des pouvoirs du FESF par les parlements nationaux, d'ici la mi-octobre, avant d'introduire des modifications supplémentaires.

"UN PROCESSUS FERME"

L'Autrichien Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, avait admis lundi soir, lors d'une conférence à l'université d'Harvard, qu'une augmentation de la taille du FESF était discutée et probable mais qu'elles ne serait sans doute pas aussi importante que ce que certains attendent.

"Nous discutons d'une extension de ce FESF", a-t-il dit. "C'est quelque chose (qui serait) plus que ce qu'il y a maintenant (mais) pourrait ne pas être de l'ordre du millier de milliard" d'euros.

Pour sa part, la chaîne américaine CNBC, qui citait lundi soir un responsable financier européen, croit savoir qu'un fonds spécial pourrait être créé via la Banque européenne d'investissement pour émettre des obligations et acheter de la dette souveraine européenne. Un autre Européen, qui participe aux travaux visant à trouver les moyens de répondre à la crise, a cependant déclaré que les discussions avec la BEI ne portaient pas sur ce sujet.

La pression sur les Européens s'accroît de la part de la communauté internationale.

Le président Barack Obama a ainsi souligné lundi soir que la crise de la dette dans la zone euro faisait "peur au monde entier" et que les dirigeant européens s'attaquaient certes au problème mais pas aussi rapidement qu'il le faudrait.

Quant au ministre japonais des Finances, Jun Azumi, il n'a écarté l'idée que le Japon assume une part du fardeau du sauvetage de la Grèce, mais pas à n'importe quelle condition. "Si un processus ferme, raisonnablement financé et capable de rassurer les marchés quant au sauvetage grec est mis en place, je n'écarterai pas la possibilité que le Japon endosse une partie du fardeau", a-t-il dit.

La Grèce a réaffirmé mardi qu'elle respecterait ses engagements vis-à-vis de ses bailleurs internationaux et que l'austérité était nécessaire pour y parvenir, alors que le Premier ministre George Papandréou se trouvait à Berlin pour y rencontrer la chancelière Angela Merkel et que la "troïka" composée de l'UE, de la BCE et du FMI devrait retourner mercredi à Athènes. et

Nigel Davis à Madrid et Sarah Marsh à Berlin, Gregory Schwartz et Natalie Huet pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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