Les Européens pourraient sortir gagnants d'une guerre commerciale sino-américaine

Selon une étude de la CNUCED, dans un contexte de hausse réciproque des droits de douane, les flux commerciaux sont détournés et profitent à d'autres pays. Dans le cas d'un affrontement entre la Chine et les Etats-Unis, l’Union européenne, pourrait capter une partie des exportations de ces derniers. 

 

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Les Européens pourraient sortir gagnants d'une guerre commerciale sino-américaine
Les flux de marchandises se redistribuent en cas de tarifs bilatéraux

Les tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis pourraient bénéficier à l’Europe. C’est ce que révèle une étude réalisée par la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED),publiée début février, qui examine les répercussions des hausses tarifaires en vigueur aux États-Unis et en Chine.

L’étude souligne que l'instauration de droits de douane ne contribue guère à aider les entreprises nationales sur leurs marchés respectifs. L’analyse montre que "si les tarifs bilatéraux ne sont pas très efficaces pour protéger les entreprises nationales, ils restent des instruments très efficaces pour limiter le commerce avec le pays visé". L’impact des tarifs douaniers entre les États-Unis et la Chine serait principalement disruptif. Le commerce bilatéral entre les États-Unis et la Chine diminuera et sera remplacé par des échanges en provenance d'autres pays, explique l'étude.

Ainsi, sur les 250 milliards de dollars d'exportations chinoises assujetties aux droits de douane américains, environ 82 % seront captés par des entreprises d'autres pays, environ 12 % seront conservés par des entreprises chinoises et seulement 6 % environ seront captés par des entreprises américaines. De même, sur les quelque 85 milliards de dollars d'exportations américaines assujetties aux droits de douane de la Chine, environ 85 % seront captés par des entreprises d'autres pays, les entreprises américaines en conserveront moins de 10 %, tandis que les entreprises chinoises n'en récupéreront qu’environ 5 %.

Les exportateurs européens bien placés pour gagner des parts de marchés

La raison en est simple : les entreprises des pays qui ne sont pas directement touchés par ces hausse de tarifs bilatéraux accroissent leur compétitivité. Les pays qui devraient bénéficier le plus des tensions entre les États-Unis et la Chine sont ceux qui sont les plus compétitifs et qui ont la capacité économique de supplanter les entreprises américaines et chinoises.

L'étude indique que les exportations de l'Union européenne sont celles susceptibles d'augmenter le plus, avec environ 70 milliards de dollars d'échanges bilatéraux entre les États-Unis et la Chine (50 milliards de dollars d'exportations chinoises vers les États-Unis et 20 milliards de dollars d'exportations américaines en Chine). Le Japon, le Mexique et le Canada devraient bénéficier de plus de 20 milliards de dollars chacun d’exportations supplémentaires.

Bien que ces chiffres ne représentent pas une part importante du commerce mondial - qui s’élevait à environ 17 000 milliards de dollars en 2017 - pour de nombreux pays, ils représentent une part substantielle de leurs exportations. Par exemple, les quelque 27 milliards de dollars d'échanges commerciaux entre les États-Unis et la Chine qui seraient captés par le Mexique représentent 6% des exportations totales du pays. Des effets substantiels sur le niveau de leurs exportations sont également attendus pour l'Australie, le Brésil, l'Inde, les Philippines, le Pakistan et le Vietnam.

Reste qu'Américains et Chinois sont toujours susceptible de s'entendre, puisqu'ils viennent de décider de prolonger leur négociations qui devait se terminer le 1er mars. Quand au contentieux entre Donald Trump et l'Union Européenne, il est loin d'être éteint depuis que les Etats-Unis ont décidé d'invoquer un motif de sécurité nationale sur les importations d'automobiles européennes.

1 Commentaire

Les Européens pourraient sortir gagnants d'une guerre commerciale sino-américaine

verdarié
27/02/2019 17h:52

Cet article c'est un peu Pérette et le pot au lait !...C'est pas avec des si qu'on pourra aller loin ! Évitons de copier ce que font nos concurrents et développons nos propres technologies tout en pensant autonomie dans tous nos besoins .C'est ainsi que l'Europe pourra se développer et ensuite proposer ses services à ceux qui le souhaitent.

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