Les Européens peinent à maintenir un front uni sur les banques

par Julien Toyer

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BRUXELLES (Reuters) - Suspendus à l'évolution de la situation politique en Italie, dans le flou quant au futur gouvernement d'union nationale en Grèce et au point mort sur la réforme du fonds de soutien à l'euro, les ministres européens des Finances ont peiné mardi à maintenir un front uni sur le soutien à apporter aux banques.

Alors que les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-Sept se sont entendus fin octobre sur un plan de recapitalisation des établissements européens à hauteur de 106 milliards d'euros et sur le principe de leur fournir des garanties de financement, la mise en oeuvre de ces décisions se heurte à des réticences de plusieurs pays.

D'un côté, plusieurs Etats membres sont inquiets des effets négatifs sur le financement de l'économie d'une recapitalisation menée uniquement en interne par les banques, via réduction de voilure et ventes d'actifs.

De l'autre, les Vingt-Sept divergent sur l'opportunité de fournir aux banques des garanties leur permettant d'accéder à des financements sur le marché interbancaire, notamment en dollars, ainsi que sur le degré de coordination au niveau européen d'un tel exercice.

La France, notamment, s'oppose à cette dernière option et juge qu'il ne s'agit pas du problème le plus immédiat auquel doivent faire face les établissements du continent.

"RIEN DE CHANGÉ"

Interrogé sur ce point, le ministre de l'Economie François Baroin a dit : "Ce n'est pas ce qui est dit".

"S'agissant de la recapitalisation des banques, il n'y a rien de changé. Il y a un rendez-vous, une méthode, un calendrier et un niveau de fonds propres en dur qui est exigé pour les banques", a-t-il dit à l'issue de la réunion.

Plus tôt dans la journée, le ministre suédois des Finances, Anders Borg, avait mis en garde contre toute tentation de revoir à la baisse les termes de l'accord.

"Nous devrions faire ce que nous avons promis. Nous devrions coller à ces chiffres. Nous devrions clairement reconnaître que toute édulcoration sera coûteuse en terme de crédibilité", a-t-il insisté.

"Nous ne devrions pas changer les critères et nous devrions nous en tenir aux règles de calcul préparées par l'Autorité bancaire européenne", a-t-il encore dit.

Ces différents efforts pourraient devenir inutiles si la situation en Italie -la troisième économie de la zone euro- venait à empirer encore.

Le président du conseil italien Silvio Berlusconi a été lâché mardi par sa partenaire de coalition, la Ligue du Nord, qui a appelé à sa démission à quelques heures d'un vote crucial au parlement.

Soumis à une pression grandissante de la part de ses partenaires politiques et européens, "Il Cavaliere" a jusqu'à présent rejeté ces appels et démenti les rumeurs sur son départ qui ont circulé dans la presse et sur les marchés.

Les taux d'intérêt des titres italiens à 10 ans ont atteint mardi matin 6,71%, un niveau jugé insoutenable pour le pays.

Julien Toyer, édité par Catherine Monin

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