PME-ETI

« Les ETI ont perdu des troupes pendant la crise » (Y.Gattaz)

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Entretien Dans deux études distinctes, la Banque de France et Altarès pointent la chute du nombre d’entreprises de taille intermédiaire (ETI) pendant la crise. D’après la première, il serait passé de 4507 à 4195 entre 2008 et fin 2009, alors qu’une quarantaine d’ETI auraient fait faillite en 2010. L’Usine Nouvelle revient sur les raisons de ce recul avec Yvon Gattaz, président de l’ASMEP-ETI, premier syndicat des ETI et entreprises patrimoniales.

« Les ETI ont perdu des troupes pendant la crise » (Y.Gattaz) © ASMEP ETI

Comment expliquez-vous cette chute ?

Il est vrai que les ETI ont perdu des troupes durant la crise. Mais cela s'explique avant tout par le fait que les ETI représentent la catégorie d’entreprises la plus industrielle des quatre habituellement citées (grandes entreprises, PME, ETI et micro entreprises). Or, l’industrie regroupe des secteurs particulièrement touchés par la crise, à l’instar de l’automobile. 

A cela s’ajoute le fait que les ETI sont fortement exportatrices. Elles réalisent un tiers des exportations françaises, devant les grandes entreprises. Or, durant la crise, le chiffre d’affaires des entreprises françaises à l’exportation a reculé de 17%, soit près du double de celui des autres entreprises.

Quelles ont été les conséquences de ces disparitions en termes d’emplois ?

La particularité des ETI repose sur leur caractère patrimonial. 80% d’entre elles le sont et ont pour leitmotiv de conserver coûte que coûte leur personnel. Il y a donc eu très peu de licenciements durant la crise. C’est un gros avantage, mais qui peut avoir des effets très pervers, car quelques-unes d’entre elles ont voulu conserver leurs salariés trop longtemps et ont fini par faire faillite.

Un autre phénomène est apparu pendant la crise : le regroupement d’ETI. Pour éviter d’avoir à licencier en masse, deux ETI ont pu fusionner. Ce qui a entraîné là encore la disparition d’une d’entre elles dans le décompte du nombre d’ETI en France.

Comment appréhendez-vous l’année 2011 ?


Avec optimisme. Depuis le début de la crise, je parle d’une reprise en racine carrée. Et elle est prouvée. Nous en sommes à la dernière étape, la ligne horizontale, qui montre une reprise, certes peu farouche, mais une reprise quand même. Les chefs d’entreprise de notre syndicat prévoient une bonne année 2011. Pas une folle année, mais avec une croissance supérieure aux chiffres du gouvernement.

 

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