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PME-ETI

Les ETI font l'industrie du futur

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Si la France peut s’inspirer de l’Industrie 4.0 allemande, c’est sur l’implication des ETI, qui jouent un rôle moteur outre-Rhin.

Les ETI font l'industrie du futur
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© La SmartFactory, démonstrateur de Kaiserslautern, est pilotée par des ETI qui développent la collaboration entre fournisseurs.

Elles s’appellent Kuka, Beckhoff, Pilz, Rittal ou Weidmüller. Moins connues du grand public que BMW, Siemens ou BASF, ces entreprises de taille intermédiaire (ETI) allemandes, ou Mittelstand, sont le véritable moteur de l’industrie du futur outre-Rhin. C’est l’un des constats que font Dorothée Kohler et Jean-Daniel Weisz, fondateurs de Kohler Consulting & Coaching. Dans leur ouvrage « Industrie 4.0 : les défis de la transformation numérique du modèle industriel allemand », à paraître le 9 mars prochain, les deux consultants spécialistes de l’industrie allemande dressent un portrait de l’initiative Industrie 4.0 et la comparent avec le projet français Industrie du futur.

« L’objectif n’est pas de savoir si l’Allemagne fait mieux que la France, mais de montrer que la France pourrait s’inspirer de certains aspects d’Industrie 4.0 », introduit Dorothée Kohler. Parmi ces bonnes pratiques, donc, le rôle des ETI. En France, nos « champions cachés », comme nous nous plaisons à les appeler, sont un peu trop cachés dans les plans de l’Alliance pour l’industrie du futur. Rappelons que le projet comporte trois volets : des vitrines technologiques proposées par de grands groupes, des projets pilotés par des instituts de recherche et un accompagnement en régions pour les PME. En Allemagne, la majorité des 80 démonstrateurs issus du programme Industrie 4.0 sont pilotés par des ETI. Même constat pour les sociétés qui sont données en exemple par le gouvernement pour illustrer la mutation des business model par le numérique : il s’agit d’entreprises comme le fabricant de machines-outils Trumpf ou l’aciériste Klöckner, également issues du Mittelstand. Alors, pourquoi les ETI allemandes sont-elles plus impliquées dans l’industrie du futur qu’en France ? Pour Dorothée Kohler, l’une des raisons vient de la forme du discours qui a été porté : « On a expliqué aux industriels allemands qu’il fallait battre Google, et que pour cela il fallait arriver à marier rapidement les industries mécaniques avec les technologies de l’information. Cela a été un électrochoc, mais surtout le discours était plus fédérateur que de dire : “Vous êtes en retard !” ». En effet, certains patrons français ont du mal à saisir le message derrière l’industrie du futur. S’agit-il de rattraper un retard en automatisation et en robotisation, d’installer de nouvelles machines plus intelligentes, ou de réfléchir à la transformation numérique ? Certes, l’argument de rattraper son retard intéresse de nombreuses PME soucieuses de l’avenir, mais les ETI, dont les carnets de commandes sont pleins, ont eu plus de mal à se sentir concernées.

Des actions concrètes et un dialogue de terrain

Au-delà du discours, l’Allemagne a réalisé des actions concrètes en faveur du Mittelstand. Les premières vagues de projets portaient tous sur la standardisation, ce qui a eu pour effet de favoriser la communication entre sociétés concurrentes. Cela paraît dur à imaginer en France ? C’était aussi le cas en Allemagne, où les ETI sont pour la plupart familiales. Mais ce travail sur les standards et sur l’interopérabilité entre machines de constructeurs différents a porté ses fruits. « Aujourd’hui, des démonstrateurs Industrie 4.0, comme la SmartFactory de Kaiserslautern, montrent que l’interopérabilité entre une douzaine de fournisseurs de solutions est possible », note Jean-Daniel Weisz. En France, les vitrines technologiques mettent surtout en avant le savoir-faire d’un grand groupe et sa capacité à intégrer des technologies.

Pourquoi est-il si important d’impliquer les ETI dans l’usine du futur ? « Parce qu’il ne s’agit pas seulement de permettre aux grands groupes de faire leur marché auprès des start-up. En Allemagne, les ETI ont un rôle d’entraînement auprès des PME, cela passe par les relations clients-fournisseurs, des partenariats, des projets de recherche communs », répond Jean-Daniel Weisz. Les Allemands ont déjà dépassé le stade où les fournisseurs de technologies estampillent leurs produits Industrie 4.0. Ce sont désormais les utilisateurs qui sont demandeurs. « Cela a fonctionné car on a privilégié le dialogue de terrain, avec des chefs d’entreprise qui parlent à d’autres chefs d’entreprise, c’est toujours plus efficace qu’une approche “top-down” », analyse Dorothée Kohler. Pour la consultante, un discours donné par ses pairs vaut mieux que toutes les communications du gouvernement. Quoi qu’il en soit, le cabinet Kohler fait plusieurs préconisations pour impliquer davantage les ETI françaises : construire une histoire commune autour de l’industrie du futur qui fédère toutes les entreprises, créer un réseau social pour les patrons de PME et d’ETI afin de leur permettre d’échanger sur les enjeux de la numérisation, proposer un accompagnement spécifique pour les ETI et, bien sûr, tisser un maximum de liens avec nos voisins européens, à commencer par l’Allemagne. 

 

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