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L'Usine Aéro

Les Etats-Unis autorisent la vente de drones de combat aux pays alliés

Julien Bergounhoux , , , ,

Publié le

Le gouvernement des États-Unis vient d'annoncer qu'il va autoriser la vente à grande échelle de drones de combat à ses alliés. La mesure va permettre aux industriels américains, qui bénéficient d'une avance technologique dans ce domaine, de profiter de ce marché en pleine croissance. Ces exportations seront soumises au respect de plusieurs critères éthiques et à des contrôles de la part des Américains.

Les Etats-Unis autorisent la vente de drones de combat aux pays alliés © San Diego Air & Space Museum Archives - Flickr - C.C

Dans un communiqué publié le 17 février, le département d'Etat américain, en charge des affaires étrangères, a annoncé que les États-Unis allaient autoriser l'exportation généralisée de drones de combat à leurs alliés internationaux. Le Royaume-Uni est à l'heure actuelle le seul pays auquel les États-Unis ont vendu des drones de combat.

Ces appareils militaires, pilotés à distance, capables d'effectuer des frappes au sol sont au coeur de la politique de lutte contre le terrorisme des États-Unis, qui les ont employés dans de nombreux pays (Afghanistan, Irak, Pakistan, Somalie, Syrie, Yémen...).

Des contrats soumis à un examen minutieux

Les pays acquéreurs devront remplir un certain nombre de critères et respecter des règles prédéfinies sur la nature de l'utilisation des drones. Elle devra obligatoirement se faire dans le respect de la loi internationale, dans le cadre de la défense nationale, et en se montrant soucieux d'éviter au maximum les dommages collatéraux (pertes civiles). Le processus d'acceptation se compterait en mois et pas en années.

Les demandes seront examinées au cas par cas, et devront, en plus des règles éthiques susmentionnées, être accompagnées d'un argumentaire justifiant la nécessité d'acquérir ces appareils, similaire à ce qui se faisait durant la guerre froide. Le gouvernement américain se réserve de plus le droit de surveiller l'utilisation des drones après leur acquisition et de s'occuper de la formation des pilotes pour s'assurer qu'ils soient suffisamment minutieux dans leur utilisation de cette technologie.

Un marché en plein croissance, mais controversé

Cette annonce intervient dans un contexte assez particulier : d'un côté, l'utilisation extensive de drones de combat reste controversée car elle est perçue comme facilitant la décision du recours à la force lors d'un conflit, ce qui explique les contraintes imposées par les USA. De l'autre, la demande globale en systèmes aériens pilotés à distance est déjà très élevée et ne va faire que croître avec le temps.

Ainsi, si les États-Unis restent de loin les plus grands utilisateurs de drones, la France, le Royaume-Uni, l'Italie mais aussi la Turquie et les pays du golfe persique se sont montrés intéressés par ces technologies. La France notamment a déjà acquis deux drones MQ-9 Reaper de la part des États-Unis, qu'elle a dépêché au Mali en 2014. Ils ne sont pas armés et font uniquement de la reconnaissance. Un contrat pour 12 exemplaires supplémentaires est également à l'étude, dont le montant pourrait aller de 670 millions à plus d'un milliard d'euros.

Un double enjeu

Cette autorisation à l'export va permettre à l'industrie de la Défense américaine (les entreprises Northrop Grumman, Lockheed Martin et surtout General Atomics, le fabricant du très populaire MQ-9 Reaper) de capitaliser sur son expertise dans le domaine des systèmes aériens pilotés à distance. Israël et la Chine ont également développé leurs propres drones, et les acteurs israéliens profitaient jusqu'à maintenant de cette absence américaine sur ce marché juteux, qui s'élève à plusieurs milliards de dollars par an. L'Europe n'est pas en reste non plus, tous les acteurs de l'industrie s'étant réunis autour du projet de drone franco-britannique chapeauté par Dassault Aviation et BAE Systems (qui s'appuie sur les démonstrateurs nEUROn et Taranis).

La recrudescence du nombre de drones de combat au sein des armées alliées serait la bienvenue pour les États-Unis, qui assurent la quasi-intégralité de ce type de missions à l'heure actuelle. Une situation qui n'est pas sans conséquences, l'armée de l'air américaine souffrant actuellement d'une pénurie de pilotes de drones à cause de la longueur et de la fréquence de ces missions. Une adoption à plus grande échelle des drones par les pays de l'OTAN devrait aider les États-Unis à réduire la pression opérationnelle sur ses troupes.

Julien Bergounhoux

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