Les esprits européens s'échauffent autour du paiement en roubles des importations de gaz russe

Alors que la Russie veut imposer aux Européens et aux Etats-Unis des paiements en roubles pour les importations de gaz russe, les Vingt-Sept cherchent la parade. Berlin et Paris martèlent que la demande du Kremlin n'est pas contractuelle et n'envisagent pas de se plier aux volontés de Vladimir Poutine.

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Les esprits européens s'échauffent autour du paiement en roubles des importations de gaz russe
Vladimir Poutine va imposer que les exportations de gaz naturel vers l'Europe et les Etats-Unis soient désormais facturées en roubles, et non plus en euros ou en dollars. Paris et Berlin ne l'entendent pas de cette oreille.

La tension monte d’un cran. Les Vingt-Sept montent au front et s’insurgent de plus en plus vertement contre la décision du président russe Vladimir Poutine d’imposer que les exportations de gaz naturel vers des pays dits «inamicaux» soient désormais facturées en roubles, et non plus en euros ou en dollars. Annoncée vendredi 25 mars, la mesure est une manière pour le Kremlin de contourner les sanctions occidentales, qui se sont multipliées ces dernières semaines alors que la guerre en Ukraine fait toujours rage. Quelque 275 milliards d'euros de réserves de la banque centrale russe détenues à l'étranger ont notamment été gelés depuis le 24 février, début de l’invasion russe.

Selon les demandes russes, le paiement en roubles doit entrer en vigueur «progressivement» à partir du 1er avril, même si un décret présidentiel publié tardivement le 31 mars par le Kremlin est venu jeter le trouble sur la durée réelle de cette transition. La Russie y affirme qu'elle considèrera un paiement dans une monnaie autre que le rouble comme un «manquement aux obligations» contractuelles. Elle pourrait en conséquence interrompre ses livraisons. Mais Vladimir Poutine osera-t-il couper les vannes, alors que l'économie de son pays dépend fortement de la vente d'hydrocarbures ?

«Si vous voulez du gaz, trouvez des roubles»

Après les réactions initiales de la part des chefs d’Etat et de gouvernement européens dans la foulée de cette annonce, les esprits s’échauffent à l’approche de la date fatidique fixée par le président russe, qui continue de toiser les Occidentaux. L’affaire a pris un nouveau tournant après que Viatcheslav Volodine, le président de la Douma, la chambre basse du parlement russe, a réitéré mercredi 30 mars que l'Union européenne devra payer en roubles si elle veut acheter du gaz naturel russe. «Si vous voulez du gaz, trouvez des roubles», a-t-il asséné. Il a en outre menacé que le même mécanisme s'applique au pétrole, aux céréales, aux métaux et aux engrais.

Les Occidentaux réaffirment leur opposition à tout paiement en roubles

Pour les Européens, cette possibilité n’est ni envisagée ni envisageable. «Des contrats en euros doivent être payés en euros.» Le ministre de l’Economie, Bruno le Maire, a coupé court à toute discussion jeudi 31 mars, lors d’une conférence de presse organisée à Berlin en présence de son homologue allemand Christian Lindner. Un peu plus tôt dans la journée, les gouvernements des deux pays avaient indiqué se «préparer» à un potentiel arrêt des importations de gaz russe.

Emmanuel Macron avait déclaré dès le vendredi 25 mars que les Européens n’accèderaient pas à la demande de Vladimir Poutine : «Tous les textes signés sont clairs : c'est interdit. Donc les acteurs européens qui achètent du gaz et qui sont sur le sol européen doivent le faire en euros».

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