Les Espagnols, cheval de Troie des Emirats arabes unis en Amérique latine

Le ministre de l’Economie des Emirats souhaite créer des co-entreprises avec ses partenaires espagnols pour exploiter le potentiel économique d’une région appelée à connaître une forte croissance ces prochaines années. Or, l'Espagne n'est pas seulement la championne mondiale sur les stades de football. Elle est aussi le premier investisseur en Amérique latine avec ses fleurons industriels (Telefonica, Endesa, Repsol)

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Les Espagnols, cheval de Troie des Emirats arabes unis en Amérique latine

«Il nous faut profiter des grandes opportunités d’investissements en Amérique latine.» Voilà ce qu’a préconisé le ministre de l’Economie des Emirats arabes unis, Soltane Ben Said El Mansouri, lors d’une réunion à Madrid avec ses homologues espagnols. Il s’agissait de la première réunion de la commission mixte Espagne-Emirats.

Bien qu’en proie à une crise économique virulente, c'est en Espagne que les propos du ministre émirati pouvaient avoir la meilleure résonance. Le pays est censé être le premier investisseur étranger en Amérique latine, à tel point que le gouvernement des Emirats souhaite négocier avec elle la création de co-entreprises dans cette région du monde. « Nous désirons collaborer dans l’industrie, la finance, les infrastructure et l’énergie », s’est exclamé le ministre emirati.


Production de wagons au Brésil

Les Espagnols, leaders en football, s'avèrent être aussi les champions en matière d’investissements directs étrangers dans les télécoms, grâce à Telefonica, et en matière énergétique, avec Endesa et Iberdrola. Ils mènent la danse, également, dans le secteur bancaire : le groupe Santander a signalé récemment qu’il aspirait à consolider sa présence, en quête d’acquisitions en Colombie et au Pérou.

Le pays du tango et de la sangria aligne des fleurons de son industrie dans l’ensemble des marchés latino-américains: Repsol, Aguas de Bercelona, Acerinox, Gamesa, Ence (cellulose) sans oublier, dans un tout autre secteur, la chaîne de magasins Zara. S’ajoute à cette liste, non exhaustive, le constructeur ferroviaire CAF qui a démarré la production de wagons en 2009 au Brésil où les besoins dans ce domaine sont immenses.

Les Arabes, en Amérique latine, en tout cas au Brésil, se sentent comme un poisson dans l’eau sur le plan économique et culturel, puisque l’on y dénombre plusieurs millions de descendants d’immigrants du Proche et Moyen-Orient. Rien qu’à São Paulo se dressent les minarets de trois mosquées.

Quand il parle du potentiel à exploiter dans cette région du monde, le ministre Ben Said El Mansouri a certainement en tête ce constat, fait à la suite du Sommet latino-arabe orchestré en 2005 à Brasilia, à l’initiative du président Lula : les échanges commerciaux entre l’Amérique latine et ses partenaires du Moyen et Proche-Orient sont encore étriqués. Par exemple, à peine 3,5 % des produits importés par les pays arabes viennent de l’Amérique latine.

Après avoir passablement souffert de la crise économique qui s’est emparée de la planète toute entière, l’Amérique latine amorce une convalescence accélérée: la CEPALC (Commission économique pour l’Amérique latine) prévoit un gonflement des investissements directs étrangers de l’ordre de 50 % par rapport à 2009. Secrétaire exécutif de cet organisme lié à l’ONU, Alica Barcena faisait le constat suivant, le 5 mai 2010: « Les pays latino-américains n’ont rien perdu de leur attrait et de leur niveau de compétitivité en dépit de la conjoncture mondiale.»



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