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L'Usine Auto

Les équipementiers ne sont pas responsables de la triche de Volkswagen

Frédéric Parisot

Publié le

Les équipementiers automobiles sont pointés du doigt les uns après les autres. Mais si Volkswagen a fait une utilisation frauduleuse des équipements de dépollution, il en va de sa responsabilité, et de la sienne seulement.

Sommaire du dossier

Usine Volkswagen Wolfsburg - Crédits VW

C’est sans doute le scandale automobile le plus médiatisé de l’histoire. Avec les dérives que cela entraîne parfois. Que la faute avérée d’un constructeur entraîne une méfiance vis-à-vis des autres constructeurs, cela se conçoit. Le problème est qu’elle jette aujourd’hui l’opprobre sur l’ensemble de la filière. Un exemple : Bosch a été accusé de "fournir le logiciel malveillant utilisé par Volkswagen". Une non-information comme ce genre de débats passionnés en génère souvent...

Ce n’est pas un logiciel

La triche de Volkswagen ne porte pas à proprement parler sur un logiciel. Tous les véhicules sans exception disposent de logiciels embarqués dans leurs calculateurs de contrôle moteur, et Volkswagen n’en a pas “ajouté”. L’objet de la fraude, c’est la manière dont le constructeur a paramétré son moteur.

Dans l’industrie automobile, on parle de “stratégie moteur”. Elle sert à ajuster en temps réel tous les paramètres liés au fonctionnement du moteur, tels que la richesse du mélange air/carburant, l’angle d’ouverture des soupapes ou encore la quantité de gaz d’échappements réinjectée dans les cylindres. Pour cela, un calculateur (sorte de mini-ordinateur) récupère une grande quantité de données. Parmi elles, des informations sur l’action du conducteur (angle du volant, pression sur la pédale, etc.) mais aussi venant de capteurs extérieurs (température et hygrométrie ambiante, notamment).

Une stratégie moteur frauduleuse

Toutes ces données sont traitées par le calculateur selon des équations complexes définies par le constructeur. Car la stratégie moteur, c’est ce qui fait aujourd’hui le principal savoir-faire d’un constructeur en matière de moteurs. C’est ce qui lui sert à se distinguer de ses concurrents, qui constitue l’essentiel de sa propriété intellectuelle et relève de son entière responsabilité.

Ce qui est reproché à Volkswagen sur son moteur quatre cylindres TDI, c’est d’avoir établi une stratégie très différente selon que le véhicule soit utilisé sur route ou qu’il soit en phase de tests dans un laboratoire. En l’occurrence, les systèmes de dépollution étaient désactivés en conditions de roulage normal.

C'est l’utilisation qui est en cause, pas le matériel

Partant de là, peut-on accuser un équipementier d’avoir contribué à la triche ? Assurément non. Bosch a fourni le calculateur sur lequel s’exécute la stratégie moteur. Mais pourrait-on reprocher à HP ou Dell d’avoir fourni le PC sur lequel un hacker a commis un délit ? De la même manière, quand les constructeurs en font la demande, Bosch peut fournir une couche logicielle de base sur ses calculateurs, voire même quelques fonctions pré-câblées. Mais cela s’apparente au système d’exploitation du calculateur. Encore une fois, pourra-t-on chercher grief à Microsoft dans le cas d’une utilisation frauduleuse de Windows ?

Même raisonnement, enfin, pour ce qui est des dispositifs de dépollution installés sur le moteur. Si Volkswagen a choisi de désactiver des équipements en toute connaissance de cause, quel intérêt de chercher la faute du côté des fabricants de ces équipements ? Arrêtons de taper sur les équipementiers…

Frédéric Parisot

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1 commentaire

Nom profil

02/10/2015 - 09h25 -

Votre article, entièrement à décharge, n'est à mon sens pas exact, et pèche par ommission.

Je suis d'accord pour dire que les titres à charge du genre "Bosch a fournit le logiciel truceur" sont une non-information destiné à faire du foin beaucoup plus qu'il n'en faut.

Mais Bosch n'est sans doute pas vraiment plus clean que les TDI incriminé:
- je suis prêt à mettre ma main au feu que le filiale Bosch Engineering a réalisé le paramétrage de la cartographie moteur (Supposition à confirmer SVP)
- Bosch, ayant en charge la production série de l'ECU (Supposition à confirmer SVP) ET ayant sans doute participé activement au paramétrage (cf. point précédent) savait très bien quelle version du SW est flashé

Bref, Bosch n'est pas coupable, mais très clairement complice.
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