Les équipementiers français surperforment en Chine

Valeo, Faurecia et Plastic Omnium vont ouvrir à eux trois une dizaine d’usines dans le pays en 2013, avec pour ambition de doubler leur volume d’activité d’ici quatre ans.

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Les équipementiers français surperforment en Chine

"Une croissance de 20% au premier trimestre", "doubler de taille d’ici 2016", les prévisions de développement des équipementiers français sont à la mesure de la Chine : pharaoniques. Au Salon de Shanghai, qui se tient jusqu’au 29 avril, Valeo affiche ainsi ses ambitions dans l’un des trois pavillons dédiés aux sous-traitants. "La stratégie de croissance du groupe repose sur deux piliers : l’innovation, notamment dans la réduction des émissions de CO2, et l’Asie" explique Edouard de Pirey, directeur Chine de l’équipementier. Au premier trimestre, les ventes de Valeo ont crû de 21% quand le marché automobile chinois n’a augmenté que de 13%. Le groupe a ouvert trois nouvelles usines l’année dernière et prépare la construction de quatre nouvelles.

Chinois en Chine

De l’autre côté du hall, chez Plastic Omnium, le rythme est aussi soutenu. "La division Inergy [spécialisée dans les réservoirs à carburant] a crû de 30% au premier trimestre, nous sommes au-delà de la croissance du marché" se félicite Michel Tistchenko, directeur du développement Asie de la division. Même son de cloche pour l’autre spécialité du groupe, les éléments extérieurs de carrosserie. Trois nouvelles usines démarreront cette année, quatre l’an prochain. De 13 usines actuellement, Plastic Omnium veut passer à 25 d’ici quatre ans. "En 2012, nous avons réalisé 475 millions d’euros de chiffre d’affaires. Notre objectif est de dépasser le milliard d’euros d’ici 2016" affiche Eric Auzepy, directeur général Plastic Omnium Auto Exterior.

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Doubler son chiffre d’affaires, c’est aussi l’objectif de Faurecia. L’équipementier ouvre en moyenne cinq usines par an dans le pays et vise 55 implantations en 2016. Deux seront notamment destinées à une toute nouvelle coentreprise signée entre Faurecia et le constructeur chinois Chang’an, spécialisée dans les systèmes intérieurs. "90% de nos clients sont les grandes coentreprises et les constructeurs occidentaux. Nous commençons à travailler plus intensément avec les constructeurs chinois comme Great Wall ou Geely" souligne Jean-Michel Vallin, président de Faurecia Chine.

Si les grands groupes occidentaux restent leurs premiers clients, la conquête des constructeurs chinois représente un des nouveaux relais de croissance des équipementiers français. Et la création de coentreprise, même si elle n’est pas obligatoire contrairement à la réglementation en vigueur pour les constructeurs, est un atout. "Une joint-venture peut nous permettre d’aller plus vite, soit pour nous rapprocher d’un constructeur, soit pour s’implanter dans une région particulière" souligne Jean-Michel Vallin. Faurecia dispose ainsi d’une coentreprise avec le constructeur chinois Geely, propriétaire de Volvo, pour développer des intérieurs de véhicules. La volonté du gouvernement pour créer des champions nationaux devrait encore accroitre le poids des constructeurs chinois dans le portefeuille clients des équipementiers dans les prochaines années. "Nous voulons être chinois en Chine" confirme Edouard de Pirey. Valeo réalise ainsi l’ensemble de sa production à destination du marché chinois dans le pays et recrutera cette année 4500 personnes pour renforcer notamment son département recherche et développement. "15% de notre effort R&D global est réalisé en Chine" rappelle le patron Chine de Valeo.

Vingt-cinq millions de véhicules en 2020

La croissance globale du marché chinois reste l’autre grand relais de croissance des équipementiers. "Le marché chinois a un taux d’équipement de 80 véhicules pour 1000 habitants. Même à Shanghai, même dans les grandes métropoles, le potentiel de croissance reste très important" rappelle Eric Auzepy de Plastic Omnium. Dix-huit millions de véhicules devraient être vendus en 2013 en Chine, vingt-cinq millions en 2020. Mais au-delà du volume, l’importance du premium et la nouvelle réglementation environnementale font de la Chine un marché valorisant pour les équipementiers. "La Chine est un vraie marché de valeur, souligne Jean-Michel Vallin de Faurecia. C’est un marché où nous pouvons mettre de la sophistication technique, ce qui est très important pour nous". A la différence de la DS4 commercialisée en France, Faurecia a par exemple développé en Chine, pour la version locale, des décorations et éclairages spécifiques pour les intérieurs.

Pauline Ducamp

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