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L'Usine Auto

"Les équipementiers auto français sont parmi les plus diversifiés sur le plan international", selon Sébastien Amichi

Pauline Ducamp , , , ,

Publié le

Entretien Le cabinet Roland Berger et L'Usine Nouvelle publient leur classement exclusif des meilleurs équipementiers automobiles du monde en 2014. Sébastien Amichi, senior partner en charge du secteur chez Roland Berger, décrypte la septième édition de ce classement.

Les équipementiers auto français sont parmi les plus diversifiés sur le plan international, selon Sébastien Amichi © Mohamed Khalfi

L'Usine Nouvelle - Quelles grandes tendances se dégagent du classement 2014 des équipementiers auto ?

Sébastien Amichi – Globalement, les équipementiers sont revenus à un niveau significatif de création de valeur. En 2013 et 2014, la tendance générale est bonne. La reprise au Japon et aux Etats-Unis a tiré la croissance des équipementiers. Des domaines technologiques spécifiques ont également dopé la croissance de certains, dans le domaine du groupe motopropulseur, des éléments de structure, dans l’allègement, le confort ou encore la sécurité. L’entrée en vigueur de nouvelles réglementations plus sévères, par exemple sur les émissions et leurs cycles d’homologation, ou l’accentuation des normes de sécurité, va encore jouer en faveur de nombreux équipementiers.

Hyundai Mobis est, comme l’année dernière, premier de notre classement. Le Coréen est indétrônable ?

La recette de son succès fonctionne à plein. Hyundai Mobis a gagné l’année dernière des parts de marché aux Etats-Unis, en Europe. Et désormais, il chasse sur les terres d’autres équipementiers, en ne se limitant plus à fournir Hyundai et Kia. Sa stratégie est claire : Hyundai Mobis veut diversifier son portefeuille de clients auprès des autres grands constructeurs généralistes mondiaux. L’équipementier utilise son offre redoutablement compétitive sur certains composants techniques et de sécurité comme les systèmes d’air-bag ou les ensembles HMI comme cheval de bataille pour adresser de nouveaux constructeur ou les marchés émergents.

Comment se portent les équipementiers français ?

Faurecia 5e, Valeo 12e, Michelin 13e et Plastic Omnium 22e se tiennent dans un mouchoir de poche. Ils sont parmi les équipementiers les plus diversifiés sur le plan international, avec un large portefeuille, ils bénéficient donc pleinement de la croissance mondiale. Leur rentabilité ne se fait pas nécessairement en Europe, mais le vieux continent leur assure tout de même une assise de taille.

Parmi les quatre Français, Michelin est le seul à avoir reculé au classement. Pourquoi ?

Michelin a reculé l’année dernière comme tous les pneumaticiens. Ces groupes réalisent 70 à 80% de leur chiffre d’affaires en aftermarket. Pendant les années de crise, leur business est donc plus ou moins resté stable. Aujourd’hui, ils profitent un peu moins de la croissance du marché de la première monte que d’autres sociétés qui rattrapent des années de recul.

L’une des autres belles performances de ce classement 2014, c’est Delphi qui passe de la 296e à la 11e place ?

On note plusieurs belles progressions chez les Américains : Delphi et Visteon notamment. Ils ont pleinement bénéficié du retour de la croissance aux Etats-Unis et de la fin de leur restructuration. Ils sont entrés dans un nouveau cycle. Visteon a par exemple cédé son activité éclairage et intérieur et a renforcé ses positions dans l’électronique. Une politique identique est à l'oeuvre chez Delphi, qui s’est aussi séparé de certains sites de production aux coûts de production élevés aux Etats-Unis dans les domaines de la suspension et du freinage.

Les équipementiers chinois ont en revanche quitté le classement cette année...

Le retour de la croissance dans les pays occidentaux a mécaniquement entrainé la sortie des Chinois. Ils sont encore très centrés sur leur pays, où le marché est dominé par les constructeurs étrangers et les coentreprises. Mais ils pourraient faire leur retour l’année prochaine. Par exemple, la filiale de SAIC, Yanfeng Automotive, a acquis l’année dernière le département "Intérieur" de Visteon. Il a, en une année, doublé de volume. C’est aujourd’hui l’un des rares équipementiers chinois qui peut exporter et profiter des opportunités de production "build-to-print" [un constructeur fait fabriquer une pièce ou un ensemble par un sous-traitant, sans co-développement, en lui donnant tous les plans, ndlr] en Asie du Sud-Est.

Quelles sont les tendances à surveiller en 2015 ?

La triade USA/Europe/Japon poursuivra ce changement historique avec une croissance en hausse aux Etats-Unis et au Japon, grâce notamment à un yen très bas, accompagné d'un calme plat, un climat attentiste en Europe. La Chine devrait connaître une croissance ralentie qui devient structurelle, aux environs de 5 à 6%. Au contraire, l’Amérique du sud continue de s’effondrer, tout comme la Russie et l’Ukraine. Ces zones avaient pourtant accueilli de nombreux investissements des grands constructeurs mondiaux, et donc des équipementiers, ce qui va perturber leur schéma de développement.

Globalement, comment les équipementiers réagissent face à la mutation numérique qui perturbe secteur automobile ?

L’automobile est relativement en avance sur l’utilisation des solutions numériques dans les process de production, l’industrie 4.0. Dans l’emboutissage à chaud ou dans des procédés complexes d’injection plastique, on utilise des capteurs pour maitriser le procédé. Certains fabricants de machines ne se contentent plus de vendre des machines, c’est le cas par exemple pour certains fabricants de machines de peinture, qui vendent désormais un nombre de voitures peintes au constructeur. Les rapports avec les fournisseurs se modifient et ils sont très en pointe sur les process de production et leur production.

Quels sont les trois équipementiers à surveiller en 2015 ?

Avec le fort développement des systèmes embarqués, vers plus de connectivité et de fonctions autonomes, des fournisseurs clés de ce domaine comme Harman, Magnetti Marelli ou LG Vehicle Company sont à surveiller, car ils devraient bénéficier à plein de cette tendance et donc venir se hisser dans le haut du tableau du prochain classement, en 2015. 

Propos recueillis par Pauline Ducamp

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