Les entreprises ont le cash mais pas l’envie d’investir

Les entreprises françaises sont moins nombreuses à anticiper une hausse des investissements en 2014 par rapport à 2013. La tendance est encore plus prononcée chez les entreprises de taille intermédiaire (ETI).

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Les entreprises ont le cash mais pas l’envie d’investir

Les entreprises françaises ne sont toujours pas prêtes à redémarrer leurs investissements. Selon le baromètre réalisé par l’assureur crédit Euler Hermes auprès de 800 PME et ETI, elles sont même devenues plus frileuses. Seul, 21 % des entreprises interrogées estiment qu’elles augmenteront leurs investissements en 2014. Un chiffre en recul par rapport à 2013, où 24 % des entreprises prévoyait d’investir. Cette tendance au repli est encore plus marquée pour les entreprises de taille intermédiaire. Entre 2013 et 2014, les intentions d’augmentation des projets d’investissements des ETI sont passées de 29 % à 18 %.

Paradoxalement, les entreprises ne vont pourtant pas mal. "Les trésoreries vont bien, peut-être même trop bien. Les entreprises empilent du cash. Elles ont fait des efforts mais elles sont trop obsédées par le court terme et ne réfléchissent pas à comment utiliser leur cash", analyse Ludovic Subran, le chef économiste d’Euler Hermes. De fait, 32 % des entreprises ont augmenté leur niveau de trésorerie en 2013. Dans le même temps, 36 % des entreprises conservent la totalité de leur trésorerie sur leur compte courant. En 2013, les entreprises ont comprimé les coûts pour adapter leur appareil de production. Quatre entreprises sur cinq fonctionnent désormais à plus de 80 % de leurs capacités de production, contre trois sur quatre en 2012.

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"Les entreprises oublient de regarder leur GPS"

"Les entreprises sont mieux positionnées pour investir mais elles font du cost-killing. Elles regardent trop dans le rétroviseur mais oublient de regarder leur GPS ", résume Ludovic Subran. Si les entreprises restent frileuses, c’est parce qu’elles peinent à entrevoir une amélioration de leurs débouchés.

Sur les entreprises interrogées, 80 % estiment prévoir leurs projets en fonction de la demande à venir. La fiscalité n’est citée que par 10 % d’entre elles, au même titre que les questions de financement. Ni le crédit d’impôt compétitivité, ni les débats sur l’insécurité fiscale n’influencent donc réellement les décisions des entreprises. A l’inverse, les entreprises ont du mal à voir se dessiner un redémarrage de l’activité. Dans l’industrie, 38 % des sociétés ont des carnets de commande inférieurs à trois mois, et 25 % entre 3 et 6 mois.

Même si l’assureur crédit anticipe une croissance faible de 0,6 % en 2014, "c’est toujours trois fois mieux qu’en 2013. Il y a un risque que les entreprises française loupent le bout du tunnel", craint Ludovic Subran. Or sans investissement, pas de retour de la croissance durable possible en France, selon Euler Hermes.

Si elles n’investissent pas leur cash en France, les entreprises n’ont pas non plus délocalisé leurs investissements à l’étranger. Seules 8 % d’entre elles étudient des projets hors de France.

Solène Davesne

Les défaillances devraient reculer de 1% l’an prochain
Selon Euler Hermes, les défaillances d’entreprises devraient reculer de 1 % en 2014. "La plupart des fermetures de sites ont déjà eu lieu. Le pire est derrière nous", estime Ludovic Subran. Avec 61 800 dépôts de bilan prévus pour l’an prochain, le chiffre reste cependant à un niveau trés élevé. L’assureur crédit anticipe une baisse de 165 000 emplois marchands l’an prochain. 

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