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"Les entreprises internationales doivent s’engager en Afrique du Nord"

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Marrakech sera le théâtre à partir de demain 20 mars et pour trois jours de la WIC North Africa , une conférence sur le thème des investissements internationaux au plan régional. De nombreux officiels marocains mais aussi tunisiens ou égytptiens et responsables d'entreprises d'Afrique du Nord, d'Europe ou de plus loin sont attendus à cette occasion. L’Usine Nouvelle a demandé à son organisateur Jean-Bernard Guerrée, président de World Investment Conferences d’en expliquer les enjeux.

Les entreprises internationales doivent s’engager en Afrique du Nord © Flickr

 

L’Usine Nouvelle : Vous organisez du 20 au 23 mars à Marrakech la première édition de la "World Investment Conference North Africa" consacrée aux investissements internationaux. Quel en est le but ?

Jean-Bernard Guerrée : Il s’agit simplement à l’occasion d’une série de conférences, ateliers et rencontres d’illustrer le potentiel que représente la région nord-africaine en matière d’investissements directs étrangers. Cela consiste à engager un dialogue entre les secteurs privés et publics et les entreprises des différents pays de la zone et celles venues d’Europe, d’Amérique ou même d’Asie. Nous couvrirons un large volant de secteurs d’activité allant du numérique à l’agro-business en passant par l’énergie ou les industries manufacturières comme l’aéronautique, sans parler des sujets de gouvernance économique ou de cadre des affaires. Par ailleurs, je dois dire que l’accueil que nous avons reçu lors de la préparation de ce forum est particulièrement réjouissant. Pour être très franc, c’est même très difficile en Europe de générer autant d’enthousiasme et d’intérêt autour d'une manifestation comme celle-ci !

Votre thème n’est-il pas trop audacieux alors qu’à la suite des Printemps arabes, la situation politique et donc économique de pays comme l’Egypte ou la Tunisie est loin d’être stabilisée.

Selon moi, c’est précisément le bon moment pour réfléchir aux investissements à moyen terme dans cette zone. Dans toute crise ou mutation, il y a des opportunités. Cette région ne peut plus aller en arrière, chacun en convient. Il existe un réel espoir qu’une stabilité propice aux affaires se mette peu à peu en place et soit source de croissance. C’est un enjeu au niveau de l’ensemble de la Méditerranée, vieux continent compris. En France comme en Europe, on cherche désespérément à susciter de la croissance, or une meilleure intégration économique des rives sud et nord de la Méditerranée, c’est la possibilité de générer 1 à 2 points de croissance additionnelle pour tout le monde. C’est énorme ! Bref, les entreprises internationales doivent s’engager en Afrique du Nord.

Les investisseurs suivent ?

Dans quelques années, les investisseurs ne se poseront plus la question de savoir s'ils doivent investir ou réinvestir en Afrique du Nord. Organiser un forum des investissements comme la WIC North Africa c'est peut être juste être un peu en avance de phase. De plus, les entreprises comme celles qui seront représentées à Marrakech que ce soit Alstom, GE, Siemens ou Bombardier ne décident pas de leurs investissements pour le jour même, ni même le lendemain. Elles s'inscrivent dans une stratégie et une optique à long terme. Ces entreprises ont aussi besoin de voir les gens qui préparent les réformes, de nouer des attaches, de comprendre la dynamique au plan régional. D’où l’intérêt de la WIC.

Qui sera présent à la WIC de Marrakech?

Des profils de tous horizons. Sur nos 60 speakers, il y aura 45 représentants d'institutions ou d'entreprises non marocaines venant de Tunisie, d'Egypte, du Qatar, de Chine, du Japon...  cela prouve l’intérêt suscité. Nous attendons au total environ 350 participants, un tiers de marocains, un tiers de nord-africains et le dernier venant d’Europe ou du reste du monde. Nous avons été encouragés par le soutien de nombreux institutionnels comme la Banque Mondiale, la BEI, des structures ou réseaux comme Ipemed, Anima, Femise…  sans parler bien sûr des autorités marocaines. L’Union pour la Méditerranée et son secrétaire général Fathallah Sijilmassi nous ont beaucoup soutenus.

Et le choix du Maroc ?

Le fait que l’on organise cette première conférence au Maroc s’explique assez bien. À mon sens, sa structure économique tournée vers l’extérieur est un modèle qui fonctionne plutôt bien, même si ce pays a bien sûr encore d’importants défis à relever. Chacun doit trouver son chemin bien sûr, mais cela fait partie des expériences comme celles que l’on peut regarder avec intérêt.

Pourtant, et puisque votre conférence se veut régionale, il subsiste des problèmes apparemment insurmontables d’intégration liés aux différents notamment entre le Maroc et l’Algérie ?

Cela dépasse bien sûr de très loin le cadre de notre manifestation. Mais le secteur privé peut à son niveau avancer et nous attendons plusieurs représentants d’entreprises algériennes.

Et la suite de la manifestation?

C'est un peu tôt !  Nous ne sommes pas encore fixés ni sur la périodicité ni sur le lieu. Mais cette conférence comme celles que nous organisons en France s’inscrit clairement dans une logique de durée.

Propos recueillis par Pierre-Olivier Rouaud

 


 


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