"Les entreprises françaises retrouvent de l’intérêt pour la certification ISO 9001", selon Vincent Gillet

Frédéric Parisot , ,

Publié le

Entretien Selon le comité international ISO, le nombre d’entreprises françaises certifiées ISO 9001 a progressé en 2012. Vincent Gillet, secrétaire général adjoint du groupe Afnor, analyse ces résultats dans une interview accordée à L’Usine Nouvelle.

Les entreprises françaises retrouvent de l’intérêt pour la certification ISO 9001, selon Vincent Gillet © D.R.

L'Usine Nouvelle - Les chiffres 2011 montraient une nette désaffection des entreprises françaises pour l’ISO 9001. Qu’en est-il de 2012 ?

Vincent Gillet - La France figure toujours au septième rang mondial en nombre d’entreprises certifiées, et nous accusons toujours un retard important par rapport à l’Allemagne, à l’Espagne, au Royaume-Uni et au Japon. Mais il y a une bonne nouvelle : le nombre d’entreprises engagées dans un processus de certification qualité est reparti à la hausse, et ceci de manière significative. En effet, le nombre d’entreprises était resté quasiment stable depuis cinq ans, autour de 29 000. Mais en 2012 il dépasse les 31 000, ce qui signifie que 2 000 entreprises se sont décidées à sauter le pas entre 2011 et 2012. Il est clair que les entreprises françaises ont retrouvé de l’intérêt pour l’ISO 9001.

Comment s’explique selon vous ce regain d’intérêt ?

Cette prise de conscience est essentiellement due au contexte économique. Dans une période tendue comme celle que nous avons traversé, les entreprises ont cherché à se démarquer et ont mis l’accent sur la satisfaction client. Elles ont compris qu’avoir une organisation ISO 9001 constitue un socle très utile, en particulier dans des secteurs où existent des risques liés à la sécurité ou à l’environnement. De plus, les études auxquelles nous avons participé dans le cadre de la chaire "Performance des organisations" de Paris Dauphine ont démontré que les entreprises certifiées ISO 9001 avaient une meilleure performance à l’export, et qu’il existait une vraie corrélation entre la mise en place d’un système de gestion de la qualité et la capacité à innover.

Avez-vous constaté un changement dans la perception que les entreprises françaises ont de la norme ?

Cela a pu être également un facteur. Il est vrai que la première version de l’ISO 9001, sortie en 1987, avait donné à la norme un caractère très procédurier ("il faut écrire tout ce qu’on fait et faire tout ce qu’on écrit"). Cette image est restée longtemps ancrée dans l’esprit des entrepreneurs, surtout en France d’ailleurs, mais aujourd’hui la norme n’a plus rien à voir avec ses débuts. L’ISO 9001 a su s’adapter au fur et à mesure que les pratiques ont évolué. A tel point qu’aujourd’hui, la norme ne contient plus que 6 exigences seulement. Elle est beaucoup moins contraignante qu’il y a 25 ans. On peut même dire que l’on est revenu à la définition première d’une norme, qui est de faire un état de l’art des bonnes pratiques en vue de les diffuser.

Aujourd’hui, dans quels axes dirigez-vous vos efforts ?

Au sein de l’Afnor, nous essayons de convaincre le secteur académique pour que les formations initiales et continues prennent davantage en compte l’évolution de la fonction qualité en entreprise. Il existe déjà des formations spécialisées, mais pas assez de cours sur la qualité et l’excellence opérationnelle dans les cursus classiques (formations d’ingénieurs et de techniciens).

L’autre gros sujet, c’est la révision de l’ISO 9001, qui a lieu tous les trois à cinq ans. La dernière version datait de 2008, et la prochaine est prévue aux alentours de 2015. Parmi les orientations de cette révision, il s’agit de mettre davantage l’accent sur la maîtrise des risques, les critères d’innovation et l’excellence opérationnelle. La version préliminaire devrait être disponible au cours du premier semestre 2014. Nous annoncerons bientôt le lancement d’une phase d’enquête publique, pendant laquelle les entreprises françaises qui le souhaitent pourront donner leur avis sur cette nouvelle version de la norme.

Propos recueillis par Frédéric Parisot

Réagir à cet article

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte