Les entreprises désintéressées par la sécurité informatique de leurs filiales à l'étranger ?

Après la gigantesque panne électrique survenue en Inde en début de semaine, des questions se posent sur la sécurité informatique des entreprises dans les pays émergents.

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Les entreprises désintéressées par la sécurité informatique de leurs filiales à l'étranger ?

A New Delhi, la capitale indienne, le blackout géant du dimanche 29 au mardi 31 juillet a paralysé de nombreuses entreprises et industries dans leurs activités. Mais les firmes françaises présentes sur place ont pour beaucoup anticipé les risques. Affectée par la coupure d’électricité, la SSII Sopra Group avait prévu pour sa filiale des générateurs autonomes et a ainsi pu éviter l'interruption de ses activités.

Pourtant, dans l'un des pays émergents les plus porteurs tels que l'Inde, les filiales et sous-traitants de grands groupes internationaux ont pour beaucoup rencontré des problèmes de résilience de leur système informatique ou architecture réseau suite à la panne généralisée.

"Nous sommes très étonnés d'observer que les grandes entreprises ont une très forte exigence de résilience dans leurs écosystèmes primaires (aux Etats-Unis, en Europe...), comme le redémarrage d'un système informatique en une nano-seconde après une panne, mais qu'elles ne développent pas ce degré de contrainte dans leurs filiales à l'étranger", constate Emmanuelle Servaye, responsable marketing chez Sungard Availability Services France, filiale du groupe Sungard spécialisée dans la disponibilité de l’information et la continuité d’activité.

Pertes économiques et pertes d'image

Suite au blackout dans le nord et l'est de l'Inde, le directeur général de la Conférence de l'industrie indienne (CII) insistait sur les pertes économiques colossales induites par des heures, voire des jours d'interruption d'activité. Fortement automatisée, et donc informatisée, la production aurait subi des pertes de l'ordre de 20 % en une journée.

La faute à des plans d'urgence et de continuité d'activité encore minoritairement mis en place dans les pays émergents. "Comme avec le blackout de 2003 aux Etats-Unis, le risque d'une interruption d'activité est avant tout économique. L'Inde est devenue un passage obligé pour les entreprises internationales. Et les filiales et les sous-traitants dans ce pays sont souvent des maillons essentiels de la chaîne de production. Leur paralysie remet en cause tout le système", analyse Michel Claude, directeur de l’offre et du support aux ventes chez SunGard Availability Services France.

La solution pour la responsable marketing de ce spécialiste du secours informatique, acteur majeur du marché avec IBM Global Services ? "Les entreprises indiennes doivent prendre ce problème à bras le corps. Nos clients en Inde sont surtout des banques, mais tous les secteurs sont concernés. Pourquoi ne pas permettre l'émergence d'acteurs locaux fournisseurs de solutions en sécurité informatique ?".

Des pertes économiques non négligeables en cas de blackout, mais aussi d'image. La preuve avec la panne de réseau de Blackberry en octobre 2011, qui aurait coûté 100 millions de dollars à la maison-mère RIM et suscité une érosion de l'image de la marque ressentie encore aujourd'hui dans les mauvais résultats financiers de RIM.

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