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"Les entreprises d'ingénierie doivent être plus visibles", selon Pierre Verzat, nouveau président du Syntec Ingénierie

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Entretien Pierre Verzat, PDG de l'ingénieriste Systra, a été nommé président du Syntec-Ingénierie, vendredi 30 novembre. Il s'est donné pour principale mission de rendre le secteur de l'ingénierie plus visible afin d'être mieux reconnu par les donneurs d'ordres et attirer plus de talents. 

Les entreprises d'ingénierie doivent être plus visibles, selon Pierre Verzat, nouveau président du Syntec Ingénierie
Pierre Verzat, PDG de Systra, est le nouveau président du Syntec ingénierie.
© D.R.

L'Usine Nouvelle - Dans votre programme, vous insistez sur le fait que les ingénieristes doivent être davantage visibles notamment auprès de leurs donneurs d’ordres.  Diriez-vous que le secteur souffre d’un manque de reconnaissance ?

Pierre Verzat - C’est un sujet qui est revenu plusieurs fois sur la table au conseil d’administration du Syntec-Ingénierie. Le secteur de l’ingénierie qui pèse pourtant 52 milliards d’euros de chiffre d’affaires est par nature peu visible, comme toutes les prestations intellectuelles. Le coût des services d’ingénierie ne représente que 5 à 10 % du coût total d’un projet généralement. Mais pourtant le rôle des ingénieristes est clé. Si l’architecte de votre maison est mauvais, ce sera une catastrophe, toute la construction de votre maison en pâtira. C’est la même chose pour les ingénieristes qui sont responsables de la conception. C’est pour cela que nous pensons qu’il faudrait être davantage visible dans le débat public. C’est aussi une nécessité pour recruter.

Comment ce manque de reconnaissance se traduit-il ?

Il y a une pression sur les prix de plus en plus importante. En particulier dans certains secteurs comme l’ingénierie d’infrastructures. Le problème c’est qu’elle se traduit par une réduction du nombre d’heures de travail et d’intelligence consacrées au projet car nous ne pouvons pas baisser le salaire des ingénieurs. Les retards de paiement sont par ailleurs importants, avec des délais de 120 à 150 jours. Or ces retards pèsent davantage sur les ingénieristes, car nous avons moins de capacités d’amortissement que d’autres fournisseurs, l’essentiel de notre budget étant consacré à notre masse salariale. 

Vous souhaitez développer de nouveaux services pour vos adhérents. A quels services pensez-vous par exemple ?

Nous prévoyons d’étoffer nos offres d’accompagnement. Nous avons notamment prévu de recruter davantage de personnes pour suivre les changements de politiques économiques. Le contexte juridique des entreprises évolue énormément, avec la loi Pacte et la réforme de la formation professionnelle notamment. Par ailleurs, notre profession se digitalise, avec l’arrivée de la maquette 3D et du BIM. Nous aimerions créer des services dédiés à cette transformation numérique à l’attention de nos adhérents, en particulier des petites structures. Le BIM n’est pas seulement une évolution technologique, il transforme la relation client et entre les différents corps de métier impliqués dans le projet. Cela permet d’élargir la palette de services des ingénieristes. Il  est par exemple possible de simuler l’évolution de certains éléments de l’infrastructure et d’anticiper d’éventuelles pannes.

A quelle vitesse se déploie le BIM en France, notamment au sein des petites structures ?

Il se déploie, mais il manque un référentiel, un standard. Au Royaume-Uni, il est obligatoire d’utiliser le BIM pour répondre à des appels d’offres publics. Ce n’est pas le cas en France. Les entreprises ont besoin d’être accompagnées et rassurées.

La transformation numérique de votre secteur passe aussi par le développement de plate-formes pour ingénieurs free-lance. Que pensez-vous de cette évolution du secteur vers davantage de travail indépendant ? Cela vous inquiète-t-il ?

Il y a toujours eu des ingénieurs free-lance, donc cela ne m’inquiète pas vraiment. Et je pense qu’il faut être ouvert au changement. Le développement du travail indépendant correspond à des changements de style de vie. Dans le secteur de l’ingénierie, l’ubérisation présente certaines limites. Les donneurs d’ordres vont faire appel à des ingénieurs free-lance pour de l’assistance technique, mais je pense qu’ils continueront de confier les projets à forte valeur ajoutée aux entreprises d’ingénierie.

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