Les entreprises américaines n’aiment plus la France

13 % seulement des investisseurs américains jugent que la France est encore attractive. En cause :  le manque de lisibilité, pour les sièges sociaux, des réformes menées. 

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Les entreprises américaines n’aiment plus la France

Les entreprises américaines sont encore les premiers investisseurs étrangers en France. Elles ont ainsi été à l'origine de 23 % des nouveaux projets d'investissement l'an dernier, avec près de 150 implantations ou extensions de sites réalisés créant près de 55 000 emplois. Mais ce mouvement pourrait ne pas durer, si l'on en croit le dernier baromètre réalisé par le cabinet Bain pour l'American chamber of commerce (AmCham). Car la perception de l'attractivité de la France chez les cadres ou dirigeants de filiales américaines implantées dans l’Hexagone s'est littéralement effondrée. En 2013, seuls 13 % d'entre eux estiment que leur siège aux Etats-Unis a une perception "bonne" ou "excellente" du site France. En 2011, les perceptions étaient jugées bonnes par 56 % d'entre eux et 22 % partageaient toujours ce sentiment l’an dernier. Dans le même ordre d’idées, 68 % des investisseurs ne conseilleraient pas une implantation en France à une entreprise américaine. Paradoxalement, malgré cette chute vertigineuse, les raisons invoquées par les entreprises interrogées varient peu. Le coût de la main d’œuvre, le manque de flexibilité sur le temps de travail ou le coût du licenciement figurent parmi les principaux reproches des investisseurs. A l’inverse, la qualification de la main d’œuvre, la qualité des infrastructures ou de son secteur bancaire continuent d’être plébiscités.

Mieux communiquer sur les réformes

Pour Marc-André Kamel, du cabinet de conseil Bain & company, "il y a deux raisons à cette chute de l’attractivité : le manque de lisibilité de l’agenda économique et la complexité de la législation du travail et fiscale." Il estime en outre que "l’analyse des médias étrangers, notamment anglo-saxons renforcent la perception de la complexité française". Pour remonter la pente, l’AmCham plaide pour la simplification des procédures administratives et de la législation du travail. Mais la France doit aussi mieux communiquer sur ses atouts et sur les réformes en cours, peu connues à New York ou à San Francisco. "Les politiques français ne prennent pas assez le temps de répondre aux médias américains. Il y a une ignorance quasi totale du Cice ou de la loi sur la sécurisation du travail ", souligne Clara Gaymard, la vice-présidente de GE et présidente de l'AmCham. Interrogés sur ces nouveaux dispositifs, les investisseurs américains ne sont que 43 % à juger positif le Crédit d’impôt compétitivité pour l’attractivité. Ils n’accordent des vertus qu'au Crédit impôt recherche, jugé important par 62 % d’entre eux. "Le CIR existe maintenant depuis plusieurs années. Il est désormais bien connu", analyse Marc-André Kamel. Au-delà, c'est l'imprévisibilité des mesures fiscales qui énervent les investisseurs. "Même si au final la taxe EBE n'est pas mise en place, ce type de mesures crée une incertitude maximale pour les maisons mères", reprend Clara Gaymard. Des critiques que le gouvernement devrait entendre. Longtemps deuxième pays européen le plus attractif pour les investissements étrangers, la France s’est faite doubler l’an dernier par l’Allemagne, selon EY.

Solène Davesne

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