Quotidien des Usines

Les engagements demandés par l'Etat ne sont "pas très compliqués", selon le président de Renault

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Publié le , mis à jour le 03/06/2020 À 07H56

Le gouvernement a signé le 2 juin le prêt garanti par l'Etat de 5 milliards d'euros sollicité par Renault. Le ministre de l'Economie a fixé plusieurs conditions à cette aide, dont la sauvegarde du site de Maubeuge (Nord). Des engagements "pas très compliqués", selon le président du groupe automobile Jean-Dominique Senard.

Les engagements demandés par l'Etat ne sont pas très compliqués, selon le président de Renault
Le président de Renault, Jean-Dominique Senard, doit présenter un nouveau plan stratégique avant la fin de l'année 2020. /Photo d'archives/REUTERS/Kim Kyung-Hoon
© Kim Kyung Hoon

Le président de Renault, Jean-Dominique Senard, se dit confiant dans l'obtention du prêt garanti par l'Etat de 5 milliards d'euros sollicité par le groupe automobile. Mardi 2 juin, le gouvernement a fixé ses conditions à l'octroi d'une telle aide : notamment sauvegarder l'usine de Maubeuge dans le Nord. Selon le dirigeant du constructeur, les engagements demandés par l'Etat ne représentent pas des "contraintes très difficiles".

Des engagements "pas très compliqués"

"Nous avons eu quelques engagements [...] qui n'étaient pas très compliqués pour nous parce que de toute façon nous les aurions pris. C'était du type 'il faut que les fournisseurs soient réglés'", a expliqué Jean-Dominique Senard au micro de franceinfo. Le président a également évoqué le respect "sans décalage dans le temps" des contraintes européennes sur le CO2. "Donc ce n'étaient pas pour nous des contraintes très difficiles mais elles sont importantes", a-t-il estimé.

Le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, a fait savoir qu'il signerait dans la journée du 2 juin la garantie du prêt bancaire de 5 milliards d'euros que demande Renault pour surmonter la crise liée à la pandémie.

Renault espère bien rembourser le prêt

Jean-Dominique Senard s'est félicité de ce soutien apporté par l'Etat. "La question de la garantie du prêt est une bonne nouvelle, elle était attendue, l'Etat nous soutient et j'en suis très reconnaissant", a-t-il dit. "C'est une manière de permettre à Renault d'avoir un filet de sécurité pour passer une période difficile sur le plan de sa trésorerie parce que la pandémie a évidemment provoqué un choc économique fondamental. [...] Mais il n'est pas lié structurellement à Renault."

Le président du constructeur français a insisté sur le fait que Renault compte bien rembourser ce prêt bancaire. "Ce n'est que si nous devions ne pas pouvoir rembourser que l'Etat à ce moment-là se substituerait à nous", a-t-il rappelé.

"Il y a un sujet de trésorerie et un sujet structurel"

Jean-Dominique Senard a précisé que ce PGE était sans lien avec le plan dévoilé le 27 mai avec les partenaires du constructeur français au sein de l'Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi. "Il y a un sujet de trésorerie et un sujet structurel", a-t-il dit. "Ce plan dont nous parlons, nous l'avions annoncé dès le mois de février, a-t-il rappelé. Avant la pandémie, ce plan était nécessaire. Après il l'est d'autant plus."

Pour redresser sa situation financière après sa première perte nette annuelle depuis dix ans, le groupe a annoncé le 29 mai 15 000 suppressions de postes, dont 4 600 en France. "Il n'y aura pas de souffrance sociale [...] Il n'y aura aucun licenciement sec", a redit Jean-Dominique Senard.

Indiquant que qu'il n'avait "même pas pensé" à l'idée de céder ou de fermer l'avenir du site de Maubeuge, dont il a souligné l'excellence des équipes, il a dit en revanche que la Fonderie de Bretagne à Caudan, dans le Morbihan, "n'a pas vocation à rester dans le groupe". "Nous allons dans l'analyse stratégique que nous avons annoncé regarder toutes les options possibles, la cession en étant une", a-t-il ajouté.

Renault, a-t-il dit, présentera un nouveau plan stratégique d'ici la fin de l'année 2020. Augmenter les volumes n’est plus la stratégie, a-t-il ajouté : "Nous faisons le choix de la stratégie de la qualité."

Avec Reuters (Nicolas Delame et Henri-Pierre André)

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