"Les énergies renouvelables ne remplaceront pas le nucléaire"

A l’occasion de la visite du centre CEA de Saclay, Bernard Bigot a répondu aux questions des journalistes sur l’avenir et l’état du nucléaire français. Selon l’administrateur général du CEA, il ne sera pas possible de remplacer le nucléaire par les énergies renouvelables d'ici 2050, à moins d'une révolution dans les technologies de stockage de l'énergie, c'est pourquoi il faut procéder au remplacement progressif des centrales.

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Bernard Bigot, administrateur général du CEA

« Il apparaissait anormal que la France n’ait pas son salon du nucléaire »

Du 14 au 16 octobre 2014 se tiendra au Bourget le World Nuclear Exhibition, le premier salon international du nucléaire qui couvrira l'ensemble des activités de la filière : cycle du combustible, ingénierie, génie civil, fabrication de composants lourds, radioprotection, maintenance, gestion des déchets, démantèlement et formation.

Questionné sur l'événement, Bernard Bigot, administrateur général du CEA, a rappelé l’ambition pour la France de « démontrer que nous avons des produits de grande qualité ». « Avec plus d'un millier d'entreprises autour du nucléaire, il apparaisait anormal que la France n'ait pas son salon. » Ce salon devrait réunir plus de 430 exposants pour près de 7 000 visiteurs, en provenance du monde entier. Si jusqu’à la fin des années 2000, le nucléaire était cantonné à des marchés nationaux, le marché du nucléaire est en effet aujourd’hui mondial. D’où la nécessité aujourd’hui pour la France d’exporter son savoir-faire, une évolution également nécessaire pour lui permettre de pérenniser son marché national et de maîtriser les coûts plus élevés des centrales nucléaires de troisième génération construites actuellement par rapport aux centrales nucléaires construites dans les années 1970. Ceux-ci sont dûs en particulier aux exigences de sécurité de plus en plus fortes. « Pendant 15 à 20 ans, nous avons fabriqué 3 ou 4 réacteurs par an puis ce fut le désert. Nous avons besoin de réapprendre. Aujourd’hui il faut 4 à 7 ans pour construire un réacteur. Avant il en fallait 3 ou 4 », a justifié l’administrateur général du CEA.

« A moins d’une révolution au niveau du stockage, les énergies renouvelables ne peuvent pas suffire ».

Sur le sujet de la part du nucléaire dans la production d’électricité, Bernard Bigot a rappelé « qu’il ne faut pas confondre la réduction de la part du nucléaire et la capacité du nucléaire ». Selon lui, si les 36 millions de véhicules français étaient électriques en 2025, la part d’électricité primaire dans le mix énergétique français pourrait monter à 75 %, dont 50 % d’énergie nucléaire, comme l’a appelé de ses vœux François Hollande. Toutefois, « il ne sera pas possible de remplacer le nucléaire par les énergies renouvelables d’ici 2050 » pour l’administrateur général. « Nous aurons besoin en 2050 d’au moins 35 réacteurs nucléaires. Les énergies renouvelables, à moins d’une révolution au niveau du stockage, ne peuvent pas suffire, même si elles peuvent apporter des solutions à des problèmes ».

« Nous avons la certitude qu’un réacteur peut aller au-delà de 40 ans ».

Selon Bernard Bigot, c’est donc au remplacement progressif des centrales qu’il faut procéder. « Ma vision, c’est que d’ici 2050, l’ensemble des réacteurs actuels doivent être arrêtés. Il faut planifier combien de réacteurs il nous faut pour 2050. Quand on a construit un réacteur de remplacement, il faut en fermer un autre ». Quant à l’âge de départ à la retraite des centrales, il doit être étudié au cas par cas. « Le remplacement du parc doit être progressif, certains avant 50 ans, certains après. Aujourd’hui, nous avons la certitude qu’un réacteur peut aller au-delà de 40 ans. Aux Etats-Unis, j’ai vu un réacteur de 58 ans fonctionner encore très bien. Tout comme nous ne sommes pas mis au rebut au même âge, il nous faut procéder au cas par cas. Pour cela, nous auscultons en continu l’état des réacteurs ». Enfin, Bernard Bigot a également rappelé lors de la conférence de presse que la sûreté nucléaire était une priorité absolue pour la France. « Il y a un objectif pour l’EPR : quoiqu’il arrive, nous ne voulons pas de relâchement de radioactivité dans l’atmosphère. S’il accuse des coûts importants, c’est aussi car il y a beaucoup d’équipements redondants pour répondre à l’enjeu majeur du refroidissement du cœur en cas d’incident. »

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