Les émergents moteurs d'une reprise inégale en 2011, juge le FMI

par Lesley Wroughton et Emily Kaiser

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WASHINGTON (Reuters) - L'emprise des pays émergents sur l'économie mondiale va se confirmer l'année prochaine tandis que la croissance économique mondiale marquera le pas, a prévenu mercredi le Fonds monétaire international (FMI).

Sans grande surprise, la Chine va s'affirmer davantage encore comme le moteur de la croissance de nombreux pays, en particulier ceux dont l'économie repose essentiellement sur l'exportation de matières premières.

Le FMI précise que la reprise mondiale reste fragile car la transition entre soutien public et reprise de la demande privée ne s'est pas encore faite dans la plupart des pays industrialisés.

Les pays industrialisés doivent à la fois réparer un système financier dévasté par la crise tout en résorbant leurs déficits budgétaires, ce qui aura des conséquences sur leur croissance", poursuit-il.

Le FMI a abaissé sa prévision de croissance mondiale pour 2011 à 4,2%, alors qu'il prédisait 4,3% en juillet. Pour l'année en cours, il table sur une progression de 4,8%, mieux que les 4,6% prévus cet été.

Le ralentissement anticipé en 2011 n'épargnera pas les économies émergentes dont la croissance ralentira à 6,4% contre 7,1% cette année. Leur rythme sera toutefois nettement supérieur à celui des pays industrialisés qui ne progresseront en moyenne que de 2,2% contre 2,7% en 2010.

L'ajustement de leurs budgets, grevés par la dette, devra démarrer dès l'année prochaine, mais le FMI prévient que si la croissance montre des signes de ralentissement supérieur aux attentes, il faudra reporter les mesures de réduction des dépenses.

Le Fonds explique que les politiques monétaires des pays industrialisés doivent continuer de soutenir l'économie et que les nations où les taux sont déjà proches de zéro devront mettre en place des mesures de soutien exceptionnelles si la demande venait à s'affaiblir sans crier gare.

INDE ET CHINE EN LOCOMOTIVE

Entre la Chine, dont la croissance devrait atteindre 9,6% en 2011 et l'Inde qui bénéficierait d'une progression de 8,4%, tout montre que les économies asiatiques montent en puissance jusqu'à prendre les rênes de la croissance.

Mais le FMI a prévenu les deux mastodontes du continent qu'il leur faudrait faire preuve de davantage de souplesse sur la question des changes et réduire leur dépendance à l'égard des exportations.

Le rapport du Fonds est publié à quelques jours de l'ouverture à Washington de l'Assemblée générale du FMI et de la Banque mondiale lors de laquelle le dossier des changes sera au coeur des débats.

Pénalisé par la vigueur de sa monnaie, qui freine ses exportations, le Japon est intervenu pour la première fois en six ans sur le marché des changes.

S'exprimant sur le sujet, le FMI juge que la valeur du yen est "globalement conforme aux fondamentaux de moyen-terme" mais que le dollar est trop fort.

Une croissance sans relief et un taux de chômage élevé handicapent la plupart des pays industrialisés qui dépendent de plus en plus de leurs exportations. Des taux de changes plus avantageux leur permettraient d'améliorer leur balance commerciale.

Le FMI a prévenu que la croissance américaine sera bien moins élevée cette année et en 2011 que ce qui était initialement prévu en raison notamment d'une consommation des ménage qui reste morose et risque de peser durablement sur le niveau du chômage.

Il estime que la Réserve fédérale devra conserver une approche souple de sa politique monétaire et a mis en garde contre les risques d'une spirale déflationniste alimentée par une évolution atone des prix à la consommation, un marché de l'emploi vulnérable et une tendance à l'épargne de plus en plus forte chez les ménages.

En Europe, la reprise devrait demeurer modérée et irrégulière. Dans le Vieux continent, également, les politiques monétaires devront continuer de soutenir l'économie.

Le FMI a en outre souligné que les dernières statistiques montrent que l'économie de la zone euro est à deux vitesses, avec un duo franco-allemand s'en sortant bien mieux que les pays périphériques tels que la Grèce et l'Irlande en proie, qui plus est, à des difficultés de financement.

Nicolas Delame pour le service français, édité par Gwénaëlle Barzic

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