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Les élus du Sud-Ouest ne se contenteront pas de la Ligne à Grande Vitesse Bordeaux-Toulouse

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Publié le , mis à jour le 09/10/2013 À 14H19

Lors d'un colloque à Paris, des élus ont défendu la construction de lignes à grand vitesse dans le Sud-Ouest de la France. S'ils applaudissent la mise en place de la ligne Bordeaux-Toulouse, ils regrettent que les liaisons vers l'Espagne soient repoussées après 2030 et encouragent des modes de financements innovants.

Les élus du Sud-Ouest ne se contenteront pas de la Ligne à Grande Vitesse Bordeaux-Toulouse © colas.com

"Le Sud-Ouest de la France est l'oublié de la grande vitesse ferroviaire." Pour Alain Rousset, président (PS) de la région Aquitaine, le constat est sans appel : un vaste territoire de l'Hexagone est l'orphelin des LGV (lignes à grand vitesse). Mercredi 9 octobre, d'autres élus du Sud-Ouest sont également venus marteler leur soutien aux grands projets ferroviaires, lors d’un colloque organisé par Eurosud Transport dans les locaux parisiens de la Fédération Nationale des Travaux Publics.

Ce colloque intervient trois mois jour pour jour après l’arbitrage rendu par le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, suite au rapport de la commission "Mobilité 21", piloté par le député Philippe Duron. 28 à 30 milliards d'euros seront consacrés aux infrastructures de transport d’ici à 2030. Les 71 projets inscrits au Schéma national des infrastructures de transport (Snit), sous le précédent gouvernement, atteignaient la somme extravagante de 245 milliards d'euros. Mais rien n’était financé. Le gouvernement a retenu 20 projets et le Sud-Ouest se trouve en première ligne.

La ligne Bordeaux-Toulouse, un projet attendu depuis 1989

La ligne Bordeaux-Toulouse (Gironde/Haute-Garonne), grande prioritaire du projet, est prévue pour 2030, avec le début des travaux en 2017-2018. Evaluée à 7,1 milliards d'euros, elle permettra de relier le berceau d'Airbus à Paris en trois heures, contre cinq heures et demie aujourd'hui. Pour Martin Malvy, Président (PS) de la région Midi-Pyrénées, cette décision est évidemment une très bonne nouvelle : "C'est une œuvre de longue haleine, un projet qui avait été proposé par Michel Rocard en 1989, puis relancé en 2001. Il aura fallu attendre juin 2013 pour qu'il voit le jour."

Jean-Louis Chauzy, le président du Conseil économique social environnemental de Midi-Pyrénées et d'Eurosud Transport, estime que ce projet apportera un véritable dynamisme pour le grand Sud-Ouest : "Il y a 23 millions d'habitants, 8,5 millions d'emplois, une croissance démographique et économique très élevée et pourtant un chômage qui reste important."

La liaison avec l'Espagne repoussée au-delà de 2030

Si la ligne Bordeaux-Toulouse représente un réel intérêt à ses yeux, l'Etat est plutôt favorable à la modernisation des lignes existantes, et notamment celles en direction de l'Espagne, plutôt qu'à la création de nouvelles LGV, qu'il ne prévoit pas avant 2030. Alain Rousset, pour qui la ligne Bordeaux-Hendaye (Pyrénées-Atlantiques) est l'un des fers de lance, s'insurge contre cette décision : "La liaison avec l'Espagne est la dernière ligne internationale non couverte par la grande vitesse. En 2018, nos voisins seront au rendez-vous, pas nous. Cette ligne que l'Etat veut moderniser date du XIXème siècle. Il faut en construire une nouvelle." Le projet prévoit de passer par Mont-de-Marsan (Landes) et Dax.

Côté Méditerranéen, on proteste d'autant plus : "Le tronçon de 130 kilomètres qui relie Montpellier (Hérault) à Perpignan (Pyrénées-Orientales) est le seul qui ne soit pas à grand vitesse entre Amsterdam (Pays-Bas) et Séville" soulève Jean-Claude Gayssot, ancien ministre (PS) des Transports de Lionel Jospin. "En plus, l'Europe finance ces projets internationnaux à hauteur de 30 à 35%."

Le PPP, un mode de financement alternatif

La question des financements a également été au centre des discussions. S'il y a une trentaine d'années, l'Etat, via la RFF, finançait la totalité des LGV, les collectivités doivent aujourd'hui mettre la main à la pâte, à hauteur de 50%. Pour la ligne Bordeaux-Toulouse, 56 collectivités ont financé le projet, bien que certaines n'aient pas voulu mettre la main au portefeuille.

Alain Rousset estime que de nouveaux modes de financement doivent être trouvés : "Les partenariats publics-privés (PPP) permettent de loger une dette différemment." Si cette solution coûte plus chère, le président de la région Aquitaine estime que "l'utilisateur du train est prêt à payer plus pour plusieurs heures de trajets de gagnées".

Dans son rapport de la commission "mobilité 21", l'Etat souhaite sortir de la logique tout-TGV et privilégier les autres modes de transports ferroviaires (Corail, TER). "Je ne suis pas un tenant du tout-TGV, soutient Martin Malvy. En Midi-Pyrénées, nous avons investi près de 800 millions d'euros dans les TER et nous nous battons pour que la liaison Toulouse-Paris via Limoges (Haute-Vienne) soit modernisée."

Timothée L'Angevin

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2 commentaires

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11/10/2013 - 09h42 -

Les élus de Languedoc-Roussillon ont plus de légitimité à être écoutés que ceux d'Aquitaine, pour plusieurs raisons :

1-Côté catalan, la LGV espagnole est terminée et en service. Côté basque, elle ne le sera pas avant plusieurs années.

2-En France, la LGV vers la frontière est déjà en service. Il ne reste donc à terminer qu'un chaînon manquant (Nîmes-Perpignan) dont une partie est déjà en travaux (Nîmes-Montpellier)

3-En Aquitaine, la ligne classique au sud de Bordeaux est la plus rectiligne de France (une ligne droite Bordeaux-Facture, une courbe, une ligne droite Facture-Morcenx) et en 1955 déjà, on y a roulé à 331 km/h. Elle est donc facilement adaptable à la grande vitesse.
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11/10/2013 - 09h27 -

Les positions de Martin Malvy font apparaître au moins deux contradictions majeures :

1-Il fait l'éloge de l'industrie aéronautique et cite Airbus, mais veut abandonner l'aérien au profit du ferroviaire.

2-Il appelle de ses voeux une prolongation de la LGV depuis Bordeaux tout en affirmant se battre pour que la liaison par Limoges (la plus courte en km) soit modernisée.
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