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L'Usine Energie

Les électriciens européens ont stoppé leurs baisses d’émissions de CO2 en 2017

Aurélie Barbaux , , , ,

Publié le

Après avoir chuté de 20 % depuis 2001, le facteur carbone des 23 principaux producteurs d’électricité européens est resté stable en 2017 à 290 kg CO2/MWh, selon PwC. Un indice révélateur de grandes disparités mais aussi d’un grand conservatisme.

Les électriciens européens ont stoppé leurs baisses d’émissions de CO2 en 2017
Malgré des émissions en recul de 11% à 131 MtCO2, RWE affiche toujours l'un des facteurs carbone les plus élevés (682 kg CO2/MWh).
© Wutsje / CC BY-SA 3.0

Les Bons et mauvais élèves en 2017 : 

Les 5 principaux émetteurs sont :
RWE (DE, UK, BE, NL) : 131 MtCO2, -11%
EPH (CZ, DE) : 76 MtCO2, +2%
ENEL (IT, ES, BE, FR, , ES) : 55 MtCO2, -4%
EDF (FR, UK, IT, PL, BE) : 47 MtCO2, +7%
Engie (FR, BE, NL, LU) : 38 MtCO2, -15%

Les 5 meilleurs facteurs carbone sont :
Statkraft
(NO) : 13 kg CO2/MWh, +9,6%
Fortum (FIN): 28 kg CO2/MWh, +1,4%
Verbund (AT): 41 kg CO2/MWh, +32%
E.ON : (DE, FIN, SE) : 52 kg CO2/MWh, +5,4%
PVO (FIN): 70 kg CO2/MWh, -26%

Les 5 facteurs carbone les plus élevés sont :
DEI
(GR) : 974 kg CO2/MWh, +3,5%
EPH (CZ, DE): 879 kg CO2/MWh, -5,1%
RWE (DE, UK, BE, LU): 682 kg CO2/MWh, -3,8%
EDP (PO, ES): 525 kg CO2/MWh, +70%
Uniper (DE, BE, FR, SE, UK): 476 kg CO2/MWh, -7,6%

 

Qu’on ne s’y trompe pas. Sans EDF, le facteur carbone moyen des principaux électriciens européens ne serait pas de 290 kg CO2/MWh mais de 387 kg CO2/MWh. À lui seul, EDF représente 33% de la production électrique du panel des 23 principaux électriciens européens suivi par le cabinet PwC, pour calculer l’évolution du taux d’émissions de CO2 rapporté à la production électrique. Avec 75% de nucléaire et 7% d’hydraulique, le mix européen d’EDF est en effet hors norme.

Trajectoire de baisse insuffisante

Ceci dit, le facteur carbone des électriciens européens est resté quasi stable entre 2016 et 2017, passant de 291 kg CO2/MWh à 290 kg CO2/MWh. C’est son plus bas niveau depuis 2001. Depuis 16 ans, le facteur moyen du panel a diminué de 21%, soit -1,4% par an. "Cette amélioration est à rapprocher de la décarbonation de l’économie européenne de 2,3% par an sur la période 2000-2017, mesurée dans notre étude Low Carbon Economy Index publiée en octobre 2018. Cette amélioration est en retrait de ce qui est attendu d’ici 2030 pour que l’Europe respecte ses engagements dans le cadre de COP21", précise Sylvain Lambert, associé au sein du département Développement durable chez PwC, dans un communiqué. Bref, non seulement les énergéticiens européens ne sont pas bons élèves mais il va leur falloir mettre les bouchées doubles pour remplir les objectifs européens.

Certes, certains ont bien fermé des unités charbon ou fioul, au profit du gaz. D’autres ont réussi à vendre, comme Vattenfall, ou E-on. Mais globalement, hormis quelques exceptions, les électriciens ont peu investi dans les énergies renouvelables, qui restent pour beaucoup essentiellement hydroélectriques. Sur six ans, la production d’énergies renouvelables a néanmoins augmenté de 15 %. Depuis 2014 elle varie entre 27 % et 30 % de la production et entre 21,5 % et 23,5 % dans le mix. Les grandes augmentations de la production d’ENR en Europe sont réalisées par d’autres acteurs, plus petits, hors du panel qui ne représente que 50 % de la production électrique consommée en Europe.

EDF mauvais élève en 2017

PWC analyse la stabilité du facteur carbone en 2017 par les baisses simultanées et proportionnelles de la production totale des entreprises (-3,6 %) et du total de leurs émissions produites d’autre part (-3,8 %) et par le fait que seules quatre entreprises ont connu une variation de leur facteur carbone supérieure à 20 %.

La stabilité du facteur carbone en 2017 cachant bien sûr de grandes disparités. En 2017, quand EDP, Vebrund et A2A ont vu leur facteur carbone augmenter fortement celui d’Osted et PVO baissait significativement. Sinon, malgré la baisse des émissions de CO2 en 2017 (-11 %), RWE demeure depuis 2002 le premier émetteur de CO2. Au sein de ces principaux émetteurs, EDF et EPH sont les seuls groupes dont les émissions ont augmenté en 2017, le premier à cause de la baisse de la production hydraulique et nucléaire. Le second par augmentation de sa production charbon.

Baisse des EnR et du charbon en 2017, hausse du gaz

L’année 2017 a en effet été marquée par une diminution de la part des énergies renouvelable passant de 23,2 % en 2016 à 21,4 %, en raison des conditions climatiques très défavorables à l’hydraulique, obligeant à recourir à des énergies fossiles. La baisse de la part des EnR aurait néanmoins été compensée par "une réduction de l’utilisation de charbon comme matière première, ce qui contribue à baisser les émissions de CO2 dans un contexte de baisse de production et, par conséquent, à stabiliser le facteur carbone européen", selon Olivier Muller, directeur au sein du département Développement durable chez PwC. La production de charbon qui a baissé de 8 %, s’est accompagnée d'une hausse de l’utilisation de gaz naturel (+6 %). En 2017, le gaz représente 16 % du mix énergétique (+ 2 points par rapport à 2016).

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